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    Équateur: des milliers d'Amérindiens à Quito pour une grande manifestation

    media Le couvre-feu a été instauré mardi à Quito autour des lieux de pouvoir après que le Parlement a été brièvement envahi par des manifestants. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

    Indigènes, syndicats et organisations populaires doivent lancer ce mercredi 9 octobre 2019 une grève générale indéfinie pour protester contre les mesures d’austérité qui ont plongé le pays dans la violence depuis une semaine

    Avec notre correspondant à Quito, Éric Samson

    Des milliers d’Amérindiens sont arrivés mardi à Quito. Leur agenda politique est très précis comme le rappelle Yaku Pérez, préfet indigène de la province de l’Azuay. « Ces mesures économiques rendent plus difficile la vie quotidienne des indigènes. C’est la raison pour laquelle nous devons manifester et résister pacifiquement pour exiger l'abrogation des mesures économiques et l'annulation du récent accord avec le FMI », explique-t-il.

    ► À lire aussi :Équateur : trois questions à Marie-Esther Lacuisse, spécialiste des pays andins

    Dans la soirée de mardi, la police a fait un usage massif de gaz lacrymogène pour déloger les Indiens du parc de l’Arbolito, leur lieu traditionnel de concentration avant toute manifestation. Il s’agissait probablement de protéger l’Assemblée nationale brièvement occupée mardi par des manifestants et de faire respecter le couvre-feu décrété dans la zone.

    Le palais présidentiel en ligne de mire

    Après une semaine de tensions, la mort d’au moins deux personnes et des dégâts matériels chiffrés à plus de 1,3 milliard d’euros, le président Lenin Moreno a transféré lundi le gouvernement dans la ville côtière de Guayaquil.

    Militante aguerrie de la lutte contre les entreprises minières, l’indigène Dolores Peralta n’était pas impressionnée. « Eux avec leur gaz lacrymogène, ils veulent nous vaincre, mais nous, les femmes indigènes, nous avons appris à nous défendre, souligne-t-elle. On a de l’eau de charbon ou de l’eau de piment. Cela pique dur quand on l’envoie dans les yeux. »

    Ce mercredi, les Indiens vont essayer de se rendre vers le palais présidentiel déserté par le chef de l’État, mais toujours protégé par des tanks et des centaines de policiers.

    Rafael Correa veut de nouvelles élections

    C’est depuis Bruxelles en Belgique, où il réside depuis la fin de son second mandat présidentiel, que Rafael Correa suit l’évolution de la crise en Équateur. Attaqué par le président Lenin Moreno qui l’accuse d’être derrière ce mouvement de contestation, l’ancien chef d'État équatorien se défend d’avoir un quelconque lien avec les manifestants. Au contraire, face à la presse ce mercredi, Rafael Correa a réitéré son appel à des élections anticipées et sa disponibilité si d’aventure elles se tenaient.

    « S’il le faut je serai candidat, mais le gouvernement m’a déclaré inéligible, souligne-t-il. Il a tout fait pour m’exclure, et d’une façon illégale et anticonstitutionnelle. Je n’ai aucun problème pour me présenter pour la vice-présidence ou tout autre mandat, mais ce sont eux qui vont créer les problèmes, qui vont tout faire pour empêcher ma candidature parce qu’ils savent que nous remporterons les élections. Donc je ne sais pas ce qu’ils vont inventer cette fois. Ils vont dire que ce ne sera pas possible parce qu’il y a un mandat d’arrêt contre moi. Et alors ? Qu’ils m’arrêtent, mais qu’ils me laissent déposer ma candidature d’abord. »

    Le président Lenin Moreno a rejeté l'éventualité de convoquer des élections anticipées. Mais les députés équatoriens peuvent s’appuyer sur l’article 130 de la Constitution selon Rafael Correa. Un article qui permet de convoquer des élections après un vote au deux tiers des députés. Une éventualité qui n’a pas encore été évoquée par la classe politique équatorienne.

     À lire aussi : Manifestations en Équateur : les raisons de la colère

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