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    Face aux violences, le président du Chili rétropédale sur le prix des transports

    media Pour la première fois depuis le retour de la démocratie ne 1990, des militaires ont patrouillé samedi dans les rues de Santiago. REUTERS/Edgard Garrido

    Sebastian Piñera a finalement annoncé samedi soir la suspension de l'augmentation du prix du ticket de métro à Santiago, qui a déclenché des manifestations violentes dans la capitale où le couvre-feu a été instauré.

    Malgré le couvre-feu décrété de 22h samedi à 7h ce dimanche (heures locales), des manifestants sont sortis dans les rues selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. C’est la première fois depuis 1987 et la dictature militaire de Pinochet qu'une telle mesure est prise dans la capitale chilienne. « Après avoir analysé la situation et les excès qui se sont produits aujourd'hui et après avoir pris en compte l'obligation légale que nous avons de protéger les gens et leur biens, j'ai pris la décision de décréter la suspension des libertés et de la circulation par un couvre-feu total, a déclaré le général Javier Iturriaga del Campo. Demain, la situation sera réévaluée, mais nous espérons que les citoyens pourront réellement retourner normalement à leurs activités. »

    Samedi, après que le président Sebastian Piñera a mis en place l’état d’urgence pour 15 jours et confié la sécurité de la ville à l’armée, les habitants de Santiago ont pu voir des militaires patrouiller. Une première depuis le retour de la démocratie en 1990.

    Trois morts

    Samedi, les violences se sont poursuivies pour la deuxième journée consécutive. Commencée par un concert de casseroles, la manifestation a dégénéré en affrontements entre contestataires et forces de l’ordre. Comme la veille, l’Agence France-Presse rapporte des bus incendiés. On a aussi pu voir des gens brandissant des photos de personnes disparues sous la dictature militaire. 

    Trois personnes ont été tuées dans la nuit de samedi à dimanche dans l'incendie d'un supermarché. Un bilan officiel fait par ailleurs état de 308 arrestations et 156 policiers blessés. L'ensemble du réseau de métro est fermé depuis les violences de vendredi et la destruction de certaines stations.

    Grave crise sociale

    Peu avant l’annonce par le général Javier Iturriaga del Campo de l’instauration d’un couvre-feu total, le président Piñera avait fait marche arrière dans la soirée concernant l’augmentation du prix du ticket de métro, principale revendication des protestataires. « Nous allons suspendre la hausse du prix des tickets de métro, ce qui nécessitera l’approbation très urgente d’une loi jusqu’à ce que nous parvenions à un accord nous permettant de mieux protéger nos concitoyens. D’importantes hausses des prix du dollar et du pétrole qui sont arrivées de façon inattendue au cours des derniers mois ont causé la hausse des taux, a-t-il déclaré.

    Il a par ailleurs indiqué avoir convoqué une réunion avec les président du Sénat, de la Cour suprême et de la Chambre des députés.

    C'est l'augmentation du tarif du ticket de métro de 800 à 830 pesos (4 centimes d'euros) qui a mis le feu au poudre. Une hausse qui peut paraître symbolique, mais qui faisait suite à une autre en janvier. Reste que dans un pays où les inégalités sont fortes, la colère semble plus profonde.

    A Valparaiso, où le couvre-feu a également été décrété, un supermarché a notamment été incendié. REUTERS/Rodrigo Garrido

    Manifestations à Valparaiso

    L’état d’urgence a été étendu samedi à deux autres régions où ont lieu des manifestations et des incidents, celle de Valparaiso et la province de Concepcion. Un couvre-feu nocturne est aussi en vigueur dans le port de Valparaiso où des manifestants ont notamment mis le feu au bâtiment du journal El Mercurio et à un supermarché.

    (Avec AFP et Reuters)

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