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    Revirement électoral inattendu en Bolivie, Carlos Mesa dénonce une «fraude»

    media Des partisans du candidat Carlos Mesa, donné qualifié pour un second tour inédit, laissent éclater leur colère à l'annonce d'un revirement radical des résultats, au soir du 21 octobre 2019. REUTERS/Ueslei Marcelino

    Alors que la Bolivie se préparait à un second tour prévu le 15 décembre entre Evo Morales, président depuis 2006, et Carlos Mesa, un centriste et ancien président, un changement des résultats de la part du Tribunal suprême électoral  (TSE) modifie la donne et annonce que Morales est en passe de s'imposer dès le premier tour.

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    Dimanche 20 octobre au soir, la présidente du Tribunal suprême électoral, Maria Eugenia Choque, donnait les résultats partiels suivants : 45,28% pour Morales et 38,16% pour Mesa, impliquant un second tour, après 84% des buleltins dépouillés.

    Puis l'annonce des résultats partiels avait été soudainement suspendue dimanche soir sur le site internet du TSE, sans explication. Avant de reprendre lundi soir et de conclure à un score de 46,87% pour Morales contre 36,73% pour Mesa, après le dépouillement de 95% des bulletins. Un écart de 10,1 points qui, selon la règle en vigueur dans ce pays, réélirait Morales dès le premier tour.

    Depuis, les autorités électorales ont expliqué qu'elles abandonnaient ce décompte rapide informatisé et procédaient au dépouillement manuel des procès-verbaux pour obtenir le résultat définitif, soulevant des craintes de fraude du côté de l'opposition et de la communauté internationale.

    La présidente du Tribunal suprême électoral de Bolivie, Maria Eugenia Choque, le jour de l'élection présidentielle, à La Paz, le 20 octobre 2019. REUTERS/David Mercado

    Les observateurs de l'Organisation des États américains (OEA), présents en Bolivie pour l'élection présidentielle de dimanche, ont fait part lundi de leur « inquiétude » et de leur « surprise » face au revirement inexpliqué du résultat. « La mission de l'OEA fait part de sa profonde inquiétude et surprise face au changement radical et difficile à justifier concernant la tendance des résultats préliminaires, après la clôture du scrutin. »

    De son côté, l'un des principaux concernés, Carlos Mesa, challenger du président sortant, a réagi : « Nous n'allons pas reconnaître ces résultats qui font partie d'une fraude réalisée de manière honteuse et qui est en train de placer la société bolivienne dans une situation de tension inutile ».

    Hier sur RFI, Hugo José Suarez, professeur à l'université du Mexique, entrevoyait comme tout le monde un second tour : « Il est difficile de s’imaginer que les résultats changent encore. À l’heure où nous parlons, il est 7h en Bolivie, et il n’y a pas encore de résultats définitifs annoncés par l’institution électorale. Le comptage s’est arrêté à 22h hier soir, heure locale. Pour l’instant, il n’y a pas de communication officielle. Mais c’est le scénario du second tour qui domine les discussions politiques de ce matin ».

    Peu après ce revirement, des incidents violents ont été rapportés dans divers points du pays, selon différents médias locaux : incendies de bâtiments, affrontements avec les forces de l'ordre, saccages. À Sucre, la capitale constitutionnelle, une foule a mis le feu au tribunal électoral départemental tout comme à Potosi. Des affrontements avec la police se sont produits à La Paz et le local de campagne du parti au pouvoir était saccagé à Oruro, ont rapporté La Razon digital, Los Tiempos et l'AFP.

    (Avec AFP)

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