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    A la Une : le président bolivien Evo Morales poussé à la démission

    media Le président Evo Morales a annoncé sa démission lors d'une allocution diffusée à la télévision, le 10 novembre 2019. Bolivian Government TV via REUTERS

    La photo de celui qui a dirigé la Bolivie pendant plus de 13 ans est à la Une de presque tous les journaux aujourd’hui. « Morales renonce face à l’offensive putschiste de l’opposition » titre le journal Cambio, proche du régime socialiste.

    « Le président est parti sans autocritique et sans accepter l’audit du scrutin contesté, organisé par l’Organisation des États américains », constate de son côté El Deber. Le quotidien de La Paz reproche à Evo Morales de s’être retiré, tout comme son vice-président et la présidente du Sénat. Une stratégie de la terre brûlée, puisqu’à l’« heure actuelle, il n’y a personne pour convoquer une session de l’Assemblée nationale. Or selon la Constitution, le pouvoir législatif doit accepter ou rejeter la démission du président. La vacance du pouvoir ainsi provoquée est dangereuse », estime El Deber.

    Pour l’éditorialiste d'El Dia « il n’y a rien à célébrer. La démission d’un président n’a rien de réjouissant, parce qu’elle est le signe le plus clair que le pays a encore beaucoup à faire pour consolider la démocratie ». Le quotidien veut tout de même croire qu’« une autre Bolivie est possible ».

    L’onde de choc de la démission d’Evo Morales se fait sentir au-delà des frontières boliviennes

    « Le départ du chef d’État socialiste », souligne par exemple La Nacion, « est le premier revers pour le président élu argentin, Alberto Fernandez. Son objectif de ressusciter l’unité des gouvernements progressistes latino-américains vient d’en prendre un sérieux coup ».

    Au Venezuela, « le PSUV, le parti socialiste, annonce une semaine de mobilisation pour protester contre le coup d’État contre Evo Morales et appelle à un grand rassemblement le 16 novembre prochain », écrit El Universal à Caracas. Cette date n’a pas été choisie au hasard. L’opposition vénézuélienne, qui espère remobiliser ses propres troupes grâce à la victoire des opposants du désormais ex-chef d’État bolivien, appelle également à une grande marche pour samedi prochain rapporte Efecto Cocuyo.

    Au Nicaragua aussi l’opposition voudrait voir les évènements en Bolivie comme un signal positif. Comme le soulève le quotidien Confidencial, les adversaires de Daniel Ortega soulignent surtout le comportement de la police et de l’armée bolivienne « qui se sont rangées du côté des manifestants contre la fraude électorale alors qu’au Nicaragua ces mêmes forces de l’ordre répriment dans le sang la contestation ».

    Haïti : accord entre les différents groupes d’opposition pour une transition politique

    Ce week-end, la contestation contre Jovenel Moïse a franchi une nouvelle étape : les différents groupes d’opposition sont parvenus à un accord commun après 48 h de discussions dans un hôtel de la capitale. Pour rappel, cet accord est une esquisse du régime de transition que tous ces acteurs veulent mettre en place en exigeant la démission du président. Ce régime aurait un chef de l’État choisi parmi les juges de la Cour de cassation et un Premier ministre choisi parmi les blocs politiques signataires.

    Le site d’informations en ligne Rezonodwes salue aujourd’hui « le caractère historique de l’acte posé par les dirigeants de l’opposition » haïtienne. Il y a pourtant une ligne de fracture, constate Le Nouvelliste. Et elle concerne l’option qui figure dans cet accord de choisir un nouveau chef de l’État parmi les juges de la Cour de cassation. Pour Fanmi Lavalas, le parti de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, « la Cour de cassation fait partie du système. Or la population demande de changer le système ».

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