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    Amériques

    Bolivie: affrontements à La Paz au premier jour de la présidence par intérim

    media Un affrontement entre des partisans de l'ancien président bolivien, Evo Morales, et les forces de sécurité, à La Paz, en Bolivie, le 13 novembre 2019. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

    Dans une Bolivie encore secouée par des manifestations, la présidente par intérim Jeanine Añez tentait mercredi 13 novembre de combler le vide politique laissé par le départ d'Evo Morales. Le président bolivien démissionnaire Evo Morales s'est dit prêt à rentrer dans son pays pour apaiser la situation. Un jeune homme a été tué par balle lors d'affrontements entre partisans d'Evo Morales et la police dans l'est de la Bolivie, non loin de Santa Cruz.

    Des affrontements ont éclaté dans le centre de La Paz entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'État et les forces de l'ordre, au premier jour de fonction de Jeanine Añez. Un groupe de plusieurs centaines de personnes jetait des projectiles sur les forces de l'ordre, qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogène à quelques pâtés de maisons du siège du gouvernement, où la dirigeante était en train de nommer un nouveau commandement militaire lors d'une cérémonie officielle.

    Au moins un véhicule militaire avait été déployé dans le centre de la ville, où un groupe de quelque 3 000 manifestants est arrivé en milieu d'après-midi en provenance de la ville voisine d'El Alto, favorable à l'ancien président.

    Préparation d’un nouveau gouvernement

    Jeanine Añez, qui s'est autoproclamée mardi présidente du pays par intérim, préparait ce mercredi la composition de son gouvernement, qui devrait être réduit au strict minimum, selon un de ses porte-parole. Cela concerne « les fonctions, les postes les plus importants qui sont : la Défense, l'Intérieur et des Finances », qui « ne peuvent pas cesser de fonctionner », a déclaré à la presse Arturo Murillo, un sénateur de droite. L'exécutif devrait être dévoilé d'ici mercredi soir.

    Outre la formation du gouvernement, l'autre priorité de la chef de l'État par intérim est de nommer une nouvelle autorité électorale en vue de convoquer de nouvelles élections. En prenant ses fonctions, Mme Añez avait fixé comme limite la date du 22 janvier. Avant la crise, c'est à cette date que le prochain chef de l'État devait être intronisé.

    Evo Morales donne une conférence de presse depuis Mexico

    Lors d'une conférence de presse à Mexico, où il a trouvé asile, Evo Morales s'est quant à lui dit prêt à retourner en Bolivie « pour apaiser la situation ». « Nous reviendrons tôt ou tard », a-t-il aussi ajouté.

    Le président bolivien démissionnaire, qui est arrivé la veille au Mexique, a aussi appelé à un « dialogue national, sincère » afin de résoudre la crise qui agite son pays.

    Il a par ailleurs réfuté la légitimité de la présidente par intérim, la sénatrice Jeanine Añez. « Elle n’a pas respecté la Constitution. La sénatrice est seconde vice-présidente du Sénat. Alors ils peuvent bien inventer n’importe quelle figure juridique, mais ils n’ont pas respecté la Constitution ! », clame-t-il.

    L'ancien président bolivien durant sa conférence de presse à Mexico, le 13 novembre 2019. REUTERS/Edgard Garrido

    Marcher vers La Paz

    Un peu plus tôt, à Cochabamba, le fief de l'ancien président, le calme était relatif. Les commerces de cette ville du centre du pays ont rouvert dans la matinée, les banques également. Il n’y a pas de présence des militaires dans les rues, rapporte l’envoyée spéciale de RFI sur place, Marie Normand. D’ailleurs, une grande partie des routes qui étaient bloquées depuis trois semaines sont dégagées au moins partiellement.

    Les riverains interrogés attendaient avec impatience ce retour au calme, après plusieurs jours bloqués chez eux. Les rues et les places sont bondées. Le calme est précaire cependant, puisque des barrages ont été installés au nord de la ville, gardés par des groupes de jeunes armés de bâtons, habillés comme des paramilitaires. Ils sont en train de s’organiser, disent-ils, en vue de demain, puisque les partisans d’Evo Morales espèrent maintenant organiser un rassemblement à Cochabamba.

    Il devrait notamment y avoir des soutiens venus du fief électoral de l’ancien président, qui contestent la proclamation de la présidente par intérim. Ces soutiens viennent des tropiques de Cochabamba, une région productrice de coca, berceau de la lutte syndicale qui a mené Evo Morales au pouvoir à l’époque.

    C’est là qu’il s’était réfugié après sa démission, juste avant de s’exiler au Mexique. Le vice-président de la principale structure syndicale paysanne de la région appelle à un soulèvement de toutes les organisations sociales qui soutiennent encore Evo Morales. Leur objectif, c’est de marcher jeudi 14 novembre jusqu’à Cochabamba, puis de se diriger vers La Paz, pour exiger le retour de l’ancien président en Bolivie.

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