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    En Colombie, une grève nationale massivement suivie

    media La journée de grève nationale s'est déroulée dans une ambiance festive à Bogota, le 21 novembre 2019. REUTERS/Luisa Gonzalez

    Les syndicats et les partis d'opposition ont appelé jeudi 21 novembre à une journée de grève nationale en Colombie. Les manifestations, qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes, se sont déroulées partout dans le pays. Des affrontements manifestants forces de l'ordre ont été signalés dans certains villes et ce vendredi la police fait état de trois morts.

    Des centaines de milliers de Colombiens -un million selon les organisateurs- sont descendus dans la rue jeudi pour protester contre la politique économique du président Ivan Duque et pour défendre l’accord de paix signé avec la guérilla, par son prédécesseur, rapporte notre correspondante Marie-Ève Detœuf.

    Bogota a pris des airs de 1er janvier avec des commerces fermés et une circulation bien moins dense qu'à l'ordinaire. Dans le centre de la capitale, en revanche, les manifestants sont très nombreux. À en croire les anciens, on n'avait pas vu cela depuis 1977.

    Multiplicité des revendications

    Toutes les causes sont réunies : les syndicalistes, les défenseurs de la paix,

    Défense du pouvoir d'achat, défense des droits humains, des droits des minorités, de l'accord de paix avec les FARC: les revendications des manifestants ce jeudi 21 novembre étaient très diverses. REUTERS/Luisa Gonzalez

    les étudiants, mais aussi les féministes, les écologistes, les anti-corrida... Beaucoup de jeunes mais aussi des moins jeunes qui disent manifester pour la première fois. Cette diversité se traduit dans les banderoles et les slogans. Ils visent le président Ivan Duque, mais aussi son mentor, l'ancien président Alvaro Uribe qui reste l'homme fort de la droite. « Je suis là parce que, même si je vis dans un certain confort, je ne supporte pas l’injustice, les inégalités, les mensonges et la corruption. Et tout cela caractérise le parti dit du Centre Démocratique et le président Ivan Duque qui sont au pouvoir. », nous explique Jimena Castillo, avocate à Bogota.

    Certains manifestent contre la politique économique et sociale du gouvernement, et notamment contre un projet de réforme du droit du travail et des retraites. D'autres défendent l’accord de paix signé avec la guérilla et protestent contre les assassinats ciblés qui se multiplient dans les zones rurales. Le gouvernement d'Ivan Duque va-t-il changer de cap? C'est peu probable. Mais pour Juan Carlos Florez, conseiller municipal à Bogota, la manifestation est en elle même un succès, indépendamment de ses retombées. « Je crois à la nécessité de changer la Colombie. Nous sommes des millions à avoir attendu pendant des années le moment de réaliser ce changement de manière pacifique. Aujourd’hui, le jour est venu de descendre dans la rue sans peur, avec espoir et dans la joie ».

    Une fête dans la rue malgré les pressions du gouvernement 

    Une manifestation festive avec des groupes de musique et des tambours partout, qui s'est soldée par des concerts de casseroles et quelques affrontements. Une trentaine de personnes ont été arrêtées, selon le ministère de l'Intérieur. Après un long conflit armé, la Colombie semble découvrir le plaisir de manifester en paix et dans la joie. Le gouvernement colombien n'avait pourtant pas lésiné sur les moyens pour discréditer cette grève, en brandissant notamment la menace de débordements violents. L'armée a été déployée préventivement. La capitale était quadrillée par les forces de l'ordre et les frontières du pays fermées jusqu'à ce vendredi matin.

    Soldats colombiens à la frontière avec le Venezuela à Cucuta, le 19 novembre, après que le gouvernement de Bogota ait décidé de sa fermeture en raison de la grève du 21 novembre. Schneyder MENDOZA / AFP

     

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