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    Amériques

    Législatives au Venezuela: victoire historique de l'opposition

    media L'opposition du MUD et l'une de ses têtes de file, Lilian Tintori (2e G) épouse de Leopoldo Capriles qui est en prison, célèbrent leur victoire dimanche soir 6 décembre 2015. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

    L'opposition vénézuélienne a réussi son pari. Dimanche 6 décembre, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) a perdu sa majorité législative, une première depuis plus de quinze ans. Le président Nicolas Maduro a reconnu la défaite de sa formation. La Table de l'unité démocratique (MUD) rafle 99 sièges sur 167 au Parlement monocaméral, soit la majorité des trois cinquièmes, selon des résultats encore provisoires. Les chavistes n'ont plus que 46 sièges.

    Le Venezuela va connaître sa première alternance politique depuis l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez entre 1998 et 1999. Les résultats des législatives du dimanche 6 décembre ont été annoncés par la présidente du Conseil national électoral, Tibisay Lucena, qui a précisé que certains sièges restaient encore incertains. Les autorités électorales parlent d'une « participation très élevée ». Cette dernière a frôlé les 75 %.

    Nicolas Maduro n'a pas tardé à réagir, s'exprimant très vite à la télévision après l'annonce des résultats. « Nous sommes venus avec notre morale, avec notre éthique, pour reconnaître ces résultats adverses, pour les accepter et pour dire à notre Venezuela que la Constitution et la démocratie ont triomphé », a déclaré le président, conscient qu'une cohabitation inédite va s'ouvrir.

    Alors que le Venezuela fait face au marasme économique, l'opposition avait anticipé sa victoire. « Les résultats sont ceux que nous attendions ! Le Venezuela a gagné ! », avait écrit sur Twitter, avant même l'annonce des résultats, l'ancien candidat à la présidentielle Henrique Capriles, membre de la MUD. Dimanche soir, l'ambiance était à la fête au quartier général de la coalition d'opposition, relate notre envoyée spéciale à Caracas, Véronique Gaymard, présente sur place.

    L'ancien candidat à la présidentielle Henrique Capriles, membre de la coalition de l'opposition, peut être satisfait: la MUD a remporté son pari à l'occasion des législatives du 6 décembre au Venezuela. REUTERS/Marco Bello

    Soirée de liesse au QG de l'opposition

    Dès l'annonce des résulats, des militants de l'opposition se sont mis à chanter l'hymne national, explique notre consœur. Les klaxons étaient tous sirène hurlante dans la rue, où les flots de partisans affluaient et se mêlaient aux militants sortant du QG, tandis que les enceintes crachaient de la musique à l'intérieur. Certains pleuraient même de joie en agitant des drapeaux du Venezuela. Des gens criaient : « Oui, on y est arrivés ! » « Nous ne voulons plus de violences ! », a-t-on également entendu.

    « C'est une victoire écrasante, a déclaré le secrétaire général de la MUD, Jesus « Chuo » Torrealba, devant un parterre de journalistes et de militants. Mais il faut rester humble, car le plus important, c'est que le Venezuela reste uni. ». « Plus de discrimation contre les opposants », « nous attendons le retour des exilés », a martelé « Chuo ». Et d'insister sur la nécessité de redresser l'économie du pays, de relancer l'appareil de prodiuction, de lancer « le changement » sans attendre.

    Dans la salle de presse de la coalition Table de l'unité démocratique, les ténors de la coalition se sont pressés toute la soirée en levant les bras en signe de victoire. Lilian Tintori, épouse du chef du parti d'opposition Volonté populaire, Leopoldo Lopez, était visiblement très émue. « Nous allons libérer tous les prisonniers politiques ! », s'est-elle écriée, alors que son mari purge une peine de quatorze ans de prison.

    Elections législatives au Venezuela: l'amertume des vaincus, les partisans du PSUV de Nicolas Maduro. REUTERS/Marco Bello

    Douche froide du côté de la majorité sortante

    Le scrutin s'est déroulé dans le calme. Un calme qui a également dominé la soirée électorale au quartier général de campagne du PSUV, où les résultats sont tombés dans un silence retentissant, puisque les derniers militants présents sur place avaient quitté les lieux avant même l'annonce officielle et la réaction de M. Maduro, laissant les journalistes seuls dans la salle.

    Les chavistes nous avaient plutôt habitués aux soirées de fête, observe le correspondant de RFI à Caracas, Julien Gonzalez, depuis le GQ du PSUV où il a passé cette soirée. Mais très tôt cette fois-ci, explique notre confrère, les signes ne trompaient pas : aucun groupe de musique sur place, et des militants peu nombreux, qui tentaient de faire bonne figure, se félicitant simplement qu'aucun incident ne se soit produit pendant le scrutin.

    La présidence reste entre les mains de Nicolas Maduro, successeur du père de la Révolution bolivarienne Hugo Chavez, et qui avait promis, pendant la campagne, de descendre dans la rue en cas de défaite. Du côté de la nouvelle majorité, il faudra se mettre d'accord, au sein d'une coalition très hétéroclite, sur des décisions à prendre face à la crise. Pays pétrolifère, le Venezuela est fortement affecté par la chute des cours du brut, et par l'inflation et les pénuries qui en découlent.

    Une soirée de défaite. Reportage au QG de campagne du PSUV 07/12/2015 - par Julien Gonzalez Écouter

    Conférence de presse du président vénézuélien Nicolas Maduro après l'annonce des résultats. Caracas, dans la nuit du dimanche au lundi 7 décembre 2015. AFP PHOTO / PRESIDENCIA


    ■ Election d'une candidate transgenre à Caracas, une première

    Parmi les nouveaux parlementaires de la MUD, on retrouve Tamara Adrian, première transgenre élue députée. Elle était candidate pour le district fédéral de Caracas. Notre envoyée spéciale dans la capitale du Venezuela a recueilli ses propos :

    « Certainement, le Venezuela a changé. Après 17 ans de domination du parti PSUV, du chavisme, le Venezuela est convaincu maintenant qu'il faut changer tout ce qui a provoqué cette profonde crise économique, politique, culturelle, sociale, produits par toutes ces politiques publiques ou l'absence de politiques publiques.

    Maintenant, il faut que l'Assemblée nationale reprenne sa majesté d'une part, et ses fonctions d'autre part. Il faut retrouver l'équilibre des pouvoirs, et surtout promouvoir la réconciliation entre les Vénézuéliens. Il faut considérer que nous sommes tous des Vénézuéliens, et qu'il nous faut, tous ensemble, reconstruire ce pays. »

    Au sujet des droits des transgenres, Tamara Adrian déclare pudiquement que la coalition qui l'a emporté dimanche a de l'avance en la matière : « Maintenant que je suis élue, je crois que c'est le moment de promouvoir cet agenda de l'égalité, qui est d'ailleurs une partie des projets de l'Unité (la MUD, NDLR)»

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