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A Tokyo, François Fillon reconnaît que la France mène une politique de «rigueur»
Le Premier ministre François Fillon a, pour la première fois, reconnu que la France menait une politique de « rigueur ». François Fillon a utilisé ce terme à Tokyo lors d’une visite axée sur l'économie et destinée à défendre le rôle de l'euro. Le terme « rigueur » était jusqu'à présent rejeté en France, y compris par le chef du gouvernement il y a encore quelques semaines.
Le grand mot est lâché. A Tokyo, ce 16 juillet 2010, où il est venu convaincre les investisseurs japonais de continuer à faire confiance à l'euro, François Fillon a pris comme argument le sérieux de la politique budgétaire de la France.
Le chef du gouvernement a expliqué que le seul budget non soumis à la rigueur, est celui de la recherche et de l'enseignement supérieur. A contrario les autres le sont donc.
Ce terme tabou jusqu'à aujourd'hui a pourtant été repoussé par Nicolas Sarkozy, le 11 juillet dernier, lors de son entretien télévisé. Le président de la République lui a préféré celui de « gestion rigoureuse ». Nuance. Le Premier ministre lui-même avait nié fin juin mener une politique de rigueur, à l'image de celle d'autres pays européens.
L'austérité ou la rigueur sont en effet très impopulaires et accusées par des analystes de mettre en danger la relance économique. D'où la tentative de synthèse opérée par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le 4 juillet. Cette dernière, devant un parterre d'économistes avait parlé de « ri-lance », subtil ménage de rigueur et de soutien à la croissance.
Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles François Fillon défend l’euro « Le Japon profite beaucoup plus de l’Union européenne et de l’euro que d’une Europe qui serait restée sous la forme de vingt-sept marchés séparés avec des monnaies, des normes et des protections douanières nationales », affirme François Fillon à Tokyo devant des hommes d’affaires japonais qui, eux, ont fortement réduit leurs achats d’actifs ou de valeurs libellés en euros depuis le début de la crise grecque. « La monnaie unique permet à vos entreprises d’investir dans un pays donné de la zone euro, de vendre, d’acheter, sans risque de change », ajoute François Fillon. « Mais cette prévisibilité, vous ne l’avez dans aucune autre région du monde, y compris en Asie. Le fait que certains commencent à imaginer pour l’Asie un schéma comparable à la construction européenne témoigne que notre expérience est reconnue comme économiquement fondée », déclare François Fillon. Pour le Premier ministre français, la crise grecque n’est pas une crise de l’euro : « C’est une crise de la dette souveraine que l’Europe est en train de résoudre ». |

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