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Pakistan/Inondations - 
Article publié le : mercredi 18 août 2010 - Dernière modification le : jeudi 19 août 2010

Inondations au Pakistan: catastrophe humanitaire, désastre économique

Vue aérienne du district de Jafarabad inondé, dans la province pakistanaise du Balouchistan, le 17 août 2010.
Vue aérienne du district de Jafarabad inondé, dans la province pakistanaise du Balouchistan, le 17 août 2010.
REUTERS/Rizwan Saeed

Par Agnieszka Kumor

Le gouvernement pakistanais a indiqué avoir reçu la moitié des 460 millions de dollars de l'aide internationale promise par les Nations unies au Pakistan pour faire face aux besoins des victimes des inondations. Les conséquences économiques sont considérables. Les pertes menacent la croissance du pays et renvoient l’économie du Pakistan des années en arrière.
 

Les experts sont d'accord : le Pakistan est en train de vivre la pire catastrophe économique qu’ait connue le pays depuis son indépendance en 1947. Les inondations qui ont dévasté un cinquième du territoire ont provoqué des pertes d'un milliard de dollars d'après la Banque mondiale, voire 3 milliards de dollars selon le ministère pakistanais de l'Agriculture. C'est justement l'agriculture qui a été affectée en premier lieu. Environ un cinquième de terres agricoles aurait été touché à des degrés différents. 20% des récoltes de coton sont d'ores et déjà perdues. Les cultures de canne à sucre et de riz sont aussi gravement touchées. Ces trois matières premières (coton, canne à sucre et riz) sont considérées comme les plus stratégiques pour le pays.

Coup dur pour la croissance

Ferran Tarradellas

Porte-parole de la commissaire européenne à l'Aide humanitaire

Nous travaillons avec des organisations qui sont déjà sur le terrain et avec cette promesse de 70 millions d'euros, elles vont pouvoir continuer à travailler.

 

19/08/2010 par Joana Hostein

Le désastre a ralenti dans une grande mesure l'activité des entreprises pakistanaises. L'industrie du textile subit continuellement des coupures d'électricité ; la principale raffinerie du pays, dont le site se trouve à Mulan, reste paralysée. Avant les inondations les autorités prévoyaient une croissance annuelle de 4,5%, la catastrophe devrait rabaisser ce chiffre d'un point, et la reconstruction des infrastructures du pays pourrait coûter 2,5 milliards de dollars.

Trois semaines après le début des inondations, l’aide internationale s’achemine lentement vers le Pakistan. La moitié des quelque 460 millions de dollars demandés par les Nations unies pour faire face aux besoins des plus démunis parmi les 20 millions des sinistrés est déjà sur place, selon les indications d’Islamabad.

« Déficit de l’image »

Le monde prend conscience avec retard de l’ampleur de la tragédie des Pakistanais. La porte-parole du bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), Elisabeth Byrs, a déploré le « déficit d’image du Pakistan ». Ce qui effraie les donateurs c’est aussi la corruption qui ronge ce pays. Les inondations pourraient avoir de lourdes conséquences sur le logement et les infrastructures, les routes, les réseaux électriques et téléphoniques ayant été en partie détruits. Les experts craignent que le gouvernement pakistanais, déjà affaibli politiquement et impopulaire, ne doive faire face à une explosion du déficit public.

La mobilisation internationale s’accélère mais demeure insuffisante

Un pakistanais sur dix dépend de l’aide internationale et l’aide internationale tarde toujours à se matérialiser sur le terrain. Selon l’ONU, l’appel aux dons pour les sinistrés est désormais financé à 50 %, mais les besoins sont immenses et il faut poursuivre l’effort.

L’ensemble de l’aide pour le Pakistan se chiffrait mercredi 18 août à près de 314 millions de dollars selon le gouvernement pakistanais. Le signe d’une mobilisation renforcée des pays donateurs suite au cri d’alarme des Nations unies il y a une semaine. Le signe aussi de financements qui finissent par arriver sur le terrain puisque ce chiffre englobe également l’aide bilatérale et l’assistance apportée par les ONG.

Du côté de la communauté internationale, deux bonnes nouvelles sont arrivées dans la journée. D’abord de l’Europe, Bruxelles entend en effet porter son aide de 40 à 70 millions d’euros a annoncé la commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire qui se rendra à Islamabad le 23 août 2010. Et puis autre bonne nouvelle venue cette fois des pays musulmans. A l’occasion d’une réunion extraordinaire à Jeddah en Arabie Saoudite, l’Organisation de la conférence islamique affirmait avoir déjà rassemblé plus de 11 millions de dollars pour secourir les populations inondées.

Enfin soutien de la Russie qui pour l’instant en reste à l’affichage, Moscou affirme se tenir à la disposition d’Islamabad pour apporter toute « l’aide nécessaire ».

tags: Catastrophes naturelles - Pakistan
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