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    Asie-Pacifique

    Wen Jiabao et Naoto Kan désamorcent la crise

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    La rencontre a bien eu lieu lundi 4 octobre 2010 entre le Premier ministre chinois et son homologue japonais, en marge du sommet de l'ASEM. Quarante-six pays d’Asie et d'Europe se retrouvent dans le cadre de ce forum à Bruxelles pour évoquer en priorité des questions économiques, monétaires et climatiques. Mais le contentieux entre les deux poids lourds de l'Asie, Chine et Japon, mobilise l’attention, à la suite de l'incident maritime du 7 septembre 2010. L’escalade de la tension avait conduit les deux gouvernements à suspendre tout contact de haut niveau. Finalement, 25 minutes de discussions ont tout juste permis de briser la glace.

    Un mois se sera bientôt écoulé depuis le déclenchement des hostilités, lorsqu'un chalutier chinois est entré en collision avec deux garde-côtes japonais au large des îles Senkaku, selon le nom que leur donne les Japonais- Diaoyou- selon les Chinois.

    La brouille a débouché sur une rupture des contacts de haut niveau et une dangereuse escalade verbale. Finalement, l'entrevue qui s’est tenue lundi 4 octobre au soir à Bruxelles entre les deux Premiers ministres permet de renouer le fil du dialogue. Pour autant, ni l'un ni l'autre ne se montre prêt à renoncer à ces îlots.

    C'est une zone [îles Diaoyu pour les Chinois,îles Senkaku pour les Japonais, ndlr] riche en hydrocarbures.
    Claude Meyer Spécialiste de la Chine et du Japon à SciencesPo. 16/10/2013 - par Sophie Malibeaux Écouter

    Ils recèlent en effet un double intérêt, économique et stratégique, comme le précise l'économiste Claude Meyer, spécialiste de la Chine et du Japon, à SciencesPo. : « Les îles Diaoyu sont un territoire chinois depuis l'antiquité », a affirmé le Premier ministre chinois, Wen Jiabao à l’agence Chine nouvelle, à l’issue de son entretien. Le Japonais Naoto Kan, se réfère pour sa part, au droit maritime, qui fait figurer les Senkaku dans les eaux territoriales nippones. Le fond du problème reste donc entier.

    Dans ces conditions, les moindres paroles échangées comptent. Ce que les médias chinois et japonais ont retenu de la rencontre, c’est qu’il pourrait y avoir, à terme, des négociations bilatérales, organisées sur une base régulière. Entre temps, les contacts civils doivent reprendre au plus haut niveau.

    C’était important, dans la perspective d’une réunion de l’APEC prévue à l’horizon du mois de novembre à Yokohama au Japon, réunion à laquelle devrait participer le président chinois Hu Jintao. Le sommet de l’ASEM aura donc permis d’atténuer les inquiétudes régionales suscitées par la rivalité sino-japonaise.

    Les serpents de mer de l’Asie

    Les Japonais ont aussi profité de ce sommet de Bruxelles pour s'expliquer face aux autres pays d'Asie, sur la gestion d’une crise ayant suscité de vives critiques à l’intérieur même du Japon. Surtout, la plupart des pays du sud-est asiatiques sont eux-mêmes aux prises avec la Chine, s’agissant de différents territoriaux de même nature, concernant les îles Spratleys ou les Paracelles, situées en mer de Chine orientale.

    Comme le souligne Sophie Boisseau Durocher, spécialiste du sud-est asiatique pour Asia Centre, « La Chine souhaite bien marquer que c’est elle aujourd’hui qui édicte les règles du jeu, et qu’elle ne laissera pas les pays de l’Asie orientale se diriger vers Tokyo, ou vers Washington ou vers une alliance conclue entre Tokyo et Washington.

    C’est pour cela d’ailleurs, que cette partie est suivie de très près par l’administration Obama, qui réinvestit le soutien à l’Asie et apporte un soutien ostentatoire à l’Asean (l’association des nations du sud-est asiatique). L’administration américaine n’a aucune envie de voir ces pays se plier à la loi édictée par Pékin ».

    Les Etats-Unis, attentifs et discrets

    Les Etats-Unis qui ont, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, des troupes déployées en permanence en Corée et au Japon, sont extrêmement vigilants face aux équilibres stratégiques dans cette région d’Asie orientale. Certains analystes estiment que Washington a pu pousser le gouvernement japonais à l’apaisement.

    Pour sa part Claude Meyer souligne l’état de faiblesse dans lequel se trouvait le gouvernement japonais au moment de l’incident. Le Premier ministre Naoto Kan venait de se voir réélu, après avoir été inquiété par son rival à l’intérieur du parti au pouvoir, Ichiroh Ozawa. Le Parti démocrate du Japon venait également de connaître des moments difficiles dans ses relations avec les Etats-Unis sur la question de la relocalisation de la base de défense de Futenma à Okinawa.

    Au bout du compte, quelle que soit la part de responsabilité du gouvernement japonais dans la montée de ces tensions, l’enchaînement des événements ne peut que conforter les partisans du compromis avec Washington, pour la relocalisation des bases à Okinawa, face à une menace chinoise jugée plus réelle que jamais.

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