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    Asie-Pacifique

    «Ma naissance a coûté un gros cochon à mes parents, c’était l’amende à payer»

    media Gu Chuan et son premier enfant. Sa femme est enceinte de leur second. RFI/Stéphane Lagarde

    A l’occasion du 5ème plénum du XVIIème Congrès du Parti communiste Chinois qui se déroule du 15 au 18 octobre 2010, le site de RFI ouvre ses pages aux acteurs de la société civile. Quelles sont les attentes des intellectuels quant à cette réunion qui doit tracer les grandes lignes de l’après Hu Jintao en 2012 ? Quels sont les espoirs et les inquiétudes concernant les droits de l’homme et les libertés individuelles en Chine ?
    Pour ce troisième entretien de notre série, nous donnons la parole à Gu Chuan, opposant à la politique de l’enfant unique.
     

    Gu Chuan avait 8 ans en 1989 et il était bien loin de la place Tiananmen. C’est son engagement contre la «politique de l’enfant unique» qui a poussé ce jeune trentenaire à militer pour les droits de l’homme en Chine. Il a d’ailleurs presque le même âge que cette politique extrême de contrôle des naissances qui a 30 ans cette année. Originaire de la province du Sichuan, ce jeune père de famille est venu à Pékin pour suivre une formation dispensée par le centre des droits de l’homme de Genève.

    RFI : Vous êtes diplômé de l’université dans le Sichuan, vous auriez pu être professeur ou ingénieur et vous avez choisi une voie pas facile… Pour quoi cet engagement pour les droits de l’homme ?

    Gu Chuan : En fait, c’est lié à ma vie personnelle. Je suis né à la campagne et chez nous la politique de l’enfant unique ne souffre aucune exception. Elle est appliquée de manière très forte par les autorités locales. Quand j’étais petit, j’ai vu les amendes qu’ont dû payer mes parents. Les paysans étaient très pauvres dans ma région et j’ai vu comment les fonctionnaires prenaient sans aucune retenue les terrains, les vaches aux familles qui ne respectaient pas cette politique. Mes parents ont eu cinq enfants et moi je suis le cinquième. Ma naissance leur a coûté un gros cochon qu’ils avaient élevé, c’était l’amende à payer pour ne pas avoir respecté la politique de l’enfant unique.

    Gu Chuan opposant à la politique de l’enfant unique RFI/Stéphane Lagarde

    RFI : Votre femme attend un deuxième enfant et cette politique est toujours en vigueur…

    GC : Oui mais nous sommes contre, alors on n’y prête pas attention. Les policiers ont fouillé mon appartement et je suis régulièrement invité à «prendre le thé» au commissariat (rires). Certains fonctionnaires ont dit que cette politique allait encore être appliquée pendant au moins 20 ans, c’est une aberration ! Je ne pense pas qu’une grande population soit un problème, surtout si l’on compare la densité d’habitants entre le Japon et la Chine. Et puis je suis protestant donc je veux continuer à avoir des enfants. Mais mon combat a évolué. Au début, je me battais uniquement contre cette politique et puis, petit à petit, je me suis rendu compte que c’était un problème plus large. C’est un problème de système. Le régime de pouvoir complètement concentré comme nous avons en Chine ne marche pas. Il faut en changer.

    RFI : Vingt-trois hauts dignitaires du Parti ont signé une lettre réclamant d’avantage de liberté en Chine, comment les choses peuvent évoluer selon vous ?

    GC : Je pense que la Chine est à un tournant important. Depuis 2008, le mouvement civil ne cesse de gagner de l’importance. En 2012, ce sera le 100ème anniversaire de la fondation de la République de Chine par Sun Zhongshan (Sun Yat-sen en Cantonais) et le pays va se mettre à réfléchir. Je suis assez optimiste car ce n’est pas seulement la société qui sera plus ouverte, mais la nature du régime qui va devoir évoluer. C’est pour cela que je soutiens la Charte 08 (ndlr : appel à la démocratie signé par de très nombreux intellectuels). C’est pour cela qu’on avait besoin de ce prix (ndlr : le prix Nobel de la paix remis vendredi au dissident Liu Xiaobo). Il fallait que la communauté internationale nous montre son soutien et affirme qu’elle souhaite voir la Chine changer. Ce changement dans les esprits, on le voit à chaque mobilisation lorsqu’un Chinois moyen est injustement victime des agissements du gouvernement. On a vu aussi le poids des ONG lors du tremblement de terre dans le Sichuan en 2008. Malgré la censure, l’Etat a perdu la bataille médiatique à cette occasion.

    RFI : Le Parti communiste se réunit en Plénum vendredi, les forces qui prônent l’ouverture à l’intérieur de l’appareil peuvent t-elles prendre le dessus selon vous ?

    GC : Personnellement, je n’attends pas grand-chose du PCC (ndlr: Parti communiste chinois) y compris du Premier ministre. Wen Jiabao parle beaucoup mais rien de concret n’en sort. Le changement viendra uniquement de la société civile. Avec l’arrivée de l’Internet tout à changé. Avant, le pouvoir central contrôlait plus facilement les médias et l’opinion. Aujourd’hui, le gouvernement est obligé de dépenser toujours plus pour maintenir la censure. Selon l’agence Xinhua, les dépenses employées pour maintenir l’ordre établi ont dépassé le budget de l’armée. C’est une fuite sans fin. Un régime qui veut tout harmoniser est condamné à dépérir. Il y a tellement de problèmes sociaux qu’à la moindre étincelle, ce sera comme un château de cartes qui s’écroulera à la base. On pense toujours qu’un Etat fort est éternel et quand il s’effondre on se demande même comment il a pu exister aussi longtemps. Le jour où le régime tombera, on dira que c’était un tigre de papier.

    Propos recueillis par Stéphane Lagarde, traduction Liu Huayin

    Demain jeudi, l’un des signataires de la Charte 08, l’avocat Pu Zhiqiang
     

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