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Remise symbolique du prix Nobel de la paix à Oslo
Liu Xiaobo, le dissident chinois, Prix Nobel de la paix 2010, n’a pu se rendre à Oslo, la capitale norvégienne pour recevoir sa distinction. C’est la première fois depuis 1936, qu’une telle situation se produit. Ni son épouse, ni ses proches n’ont pu effectuer le déplacement ; ils en ont été empêchés par les autorités chinoises qui qualifient la cérémonie de « théâtre politique ». Liu Xiaobo qui menait un combat en faveur de la liberté d’expression dans ce pays, purge actuellement une peine de onze ans de prison.
Avec notre correspondant à Oslo, Grégory Tervel
La cérémonie avait une valeur symbolique. Tous les invités sont en place, y compris le roi et la reine de Norvège. Il y a, comme d’habitude, sept chaises sur l’estrade ; six pour le secrétaire et les membres du Comité Nobel, et une tout à gauche pour le lauréat. Elle est restée vide.
Mais un portrait grand format de Liu Xiaobo a été suspendu juste derrière cette chaise, sur un pilier en marbre. Une image très symbolique qui montre que le dissident chinois sera bien le personnage dominant de cette cérémonie, malgré son absence physique.
Des morceaux de musique populaire chinoise sont joués par le violoniste américain d’origine chinoise Lin Chang, avec un chœur d’enfants de l’opéra d’Oslo, à la demande de Liu Xiaobo lui-même. A la place du traditionnel discours du lauréat ce sont des écrits de Liu Xiaobo qui sont lus par l’actrice norvégienne Liv Ullmann.
Plusieurs dizaines de dissidents chinois en exil sont également présents dans l’assistance. Ils sont beaucoup plus nombreux à avoir fait le déplacement à Oslo, mais le hall de l’hôtel de ville n’était pas assez grand pour tous les accueillir.
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Les chaînes étrangères ont été coupées mais les informations ont circulé sur internet |
Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde Toute la journée les internautes chinois ont joué au chat et surtout à la souris avec la censure. Ecrans noirs sur tous les sites qui proposent des vidéos d’Oslo. Comme lors de l’attribution du prix il y a deux mois, les faisceaux des chaines internationales sont interrompus à chaque fois que le nom du dissident est cité à l’antenne. Les internautes se replient alors vers les micros blogs. Frénésie sur tweeter ! « Dans les restaurants de Pékin, les réunions à plus de six sont interdites » se plaint l’un deux. « Peut-être que ceux qui sont à Oslo vont tous mettre un masque de Liu Xiaobo », imagine un autre. « Il faudra certainement du temps pour que les choses changent, mais au moins on parle du Nobel », se félicite un troisième, quand d’autres se font poète. « Quelqu’un m’accompagne en permanence depuis deux jours, confie l’avocat des droits de l’homme, Pu Zhiqiang, joint sur son portable. Impossible de se réunir mais après tout dit-il le bonheur est dans les cœurs ! ». Un pays, deux Chine donc ce vendredi. La plupart des journaux et des sites sur internet ont reproduit in extenso les propos du porte-parole du ministère des affaires étrangères qui la veille dénonçait « l’impérialisme des Occidentaux » décidés à « entraver le développement du pays ». Le ministère a d’ailleurs annulé son point presse en fin d’après-midi. Signe peut-être que Pékin est passé à autre chose. Après la fermeté, l’indifférence ! |

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