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    Asie-Pacifique

    Les Nord-Coréens affluent toujours plus nombreux en Corée du Sud

    media Kim Mi-ri, dans les bureaux à Séoul de Citizen's Alliance, une ONG de défense des droits de l'homme en Corée du Nord. Frédéric Ojardias/RFI

    Le flux migratoire entre les deux Corées est à sens unique et s’intensifie d’année en année. Le nombre de Nord-Coréens qui trouvent refuge en Corée du Sud a doublé ces trois dernières années. Pourtant, leur intégration dans la très capitaliste société sud-coréenne reste très difficile.

    « Dans le passé, les Nord-Coréens fuyaient leurs pays pour des raisons économiques, pour échapper à la misère. Mais aujourd'hui, les raisons qui poussent au départ se sont diversifiées », explique Lee Young-hwan, chercheur de Citizen's Alliance, une ONG de défense des droits de l'homme en Corée du Nord basée à Séoul.

    Malgré la censure absolue que le régime de Pyongyang impose à son peuple, « les Nord-Coréens sont désormais beaucoup mieux informés de la véritable situation en Corée du Sud et en Chine. Notamment grâce aux DVD sud-coréens vendus illégalement au Nord, et aux rumeurs colportées par les marchands qui traversent régulièrement la frontière », rajoute Lee Young-hwan. Son association a mis sur pied de nombreux programmes destinés à venir à aide aux Nord-Coréens qui ont trouvé refuge en Corée du Sud.

    Car ceux-ci affluent toujours plus nombreux. Ils étaient 10 000 en 2007, ils sont désormais plus de 20 000. La plupart viennent des régions frontalières avec la Chine, et 70% sont des femmes. La majorité est jeune, et a moins de 40 ans. Si certains fuient la misère d'un pays ruiné et exsangue, d'autres partent pour échapper aux persécutions politiques. Phénomène récent, 30% des nouveaux-arrivants rejoignent en Corée du Sud un proche qui s'y trouve déjà, et qui a financé leur passage.

    Entre intégration et assimilation

    C'est par exemple le cas de Rosalyn, 20 ans. Née dans une petite ville nord-coréenne près de la frontière chinoise, elle a vécu une enfance plutôt aisée, selon les standards nord-coréens : « je n'ai jamais eu faim. A la maison on avait une télévision, sur laquelle je pouvais voir des feuilletons chinois et sud-coréens : j'adorais ça ! », se souvient-elle. Sa vie bascule lors de la disparition soudaine de ses deux parents, pour une raison qu'elle ignore. Un oncle, déjà réfugié en Corée du Sud, paie alors un passeur pour la faire venir. Elle avait 13 ans.

    Rosalyn est un modèle d'intégration réussie. Sept ans après sa fuite, elle a intégré une université, parle anglais, et a voyagé dans de nombreux pays. Elle a perdu son accent du Nord, et rien ne la distingue des autres Sud-Coréennes de son âge. Pourtant, elle dit continuer de se sentir isolée dans une société où elle préfère dissimuler son pays d'origine. Après son diplôme, Rosalyn veut partir aux Etats-Unis, y continuer ses études. Son oncle, lui, est déjà là-bas : « c'est à cause de la discrimination ici qu'il est parti ».

    Il n'est pas le seul : depuis 2004, plus d'un millier de réfugiés nord-coréens ont ainsi choisi de partir pour la Grande-Bretagne. Car la vie en Corée du Sud, très capitaliste et ultra-compétitive, se révèle un challenge insurmontable. Peu qualifiés, la moitié des réfugiés nord-coréens sont au chômage. En raison des traumatismes liés à leur fuite, beaucoup souffrent de dépression. Leur taux de suicide est presque trois fois plus élevé que le reste de la population.

    La méfiance

    « On me demande parfois, comme si c'était une blague, si je ne suis pas un espion », regrette Song Hyeon-wook, réfugié au Sud depuis dix ans. Song Hyeon-wook a aujourd'hui un bon emploi, mais son patron lui a demandé de ne pas répondre au téléphone : son accent du Nord pourrait effrayer les clients.

    Car de nombreux Sud-Coréens, il y a encore une quinzaine d'années, apprenaient à l'école à détester le frère ennemi communiste, se méfient toujours des réfugiés. En 60 ans de division, les mentalités de part et d'autre de la frontière ont divergé, la langue aussi. Nord et Sud-Coréens ont parfois des difficultés à se comprendre.

    « Autrefois, on nous enseignait que les Nord-Coréens étaient rouges, et avaient des cornes sur la tête », explique Kim Mi-ri, de l'ONG Citizen's Alliance. Kim Mi-ri donne bénévolement des cours de soutien scolaire à de jeunes réfugiés. « Ce sont juste des gamins comme les autres ! », raconte-t-elle. Kim Mi-ri se montre optimiste : « depuis dix ans, la société sud-coréenne a beaucoup changé. Il n'y a plus de haine à l'égard des Nord-Coréens. Juste de l'ignorance ».

    De son côté, le gouvernement de Séoul multiplie les programme d'aide. Désormais, 1% des nouvelles embauches au sein de l'administration sont réservées à des Nord-Coréens. De nombreux centres d'accueil sont apparus. Car, pour Séoul, l'enjeu est considérable : ces Nord-Coréens bien intégrés au Sud auront un rôle très important à jouer le jour, encore lointain, où la péninsule sera enfin réunifiée.

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