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    Asie-Pacifique

    La population civile afghane victime des soldats de l’Otan et des talibans

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    En Afghanistan, plus de 200 civils ont été tués ces quatre dernières semaines, selon les Nations unies. Ils ont été victimes aussi bien de bombardements de l'Otan que d'attentats commis par les insurgés. Preuve de la dégradation généralisée de la sécurité, certains ont été tués à Kaboul, la capitale, d'autres dans les provinces de Kunar et de Nangahar, dans l'est du pays, et d'autres, enfin, à Kandahar, dans le sud.

    Avec notre correspondant à Kaboul, Luc Mathieu

    L'Otan a reconnu jeudi 3 mars avoir tué neuf civils dans la vallée de Pech, dans la province de Kunar, dans le nord-est du pays. Selon les autorités afghanes, il s'agit d'enfants qui ramassaient du bois. Le général Petraeus, le chef des forces internationales en Afghanistan, s'est officiellement excusé tout comme, et c'est plus rare, le président américain Barack Obama lui-même.

    En revanche, l'Otan n'a toujours pas reconnu avoir tué des civils lors d'une opération mi-février dans la même province de Kunar. Une enquête a été lancée. Hamid Karzaï, le président afghan, avait déclaré que 50 civils, dont des femmes, des enfants et des vieillards avaient été tués par des bombardements et des tirs de l'Otan. Mais globalement, la majorité des victimes civiles est provoquée par l'insurrection.

    Selon les Nations unies, 77% des civils tués ces dernières trois semaines l'ont été par les insurgés. Un chiffre comparable à ce que l'organisation multilatérale avait calculé sur les dix premiers mois de 2010. Une ONG afghane indépendante et spécialisée dans les droits de l'homme, estime, elle, que 63% des civils tués l'an dernier ont été victimes d'actions insurgées.

    La population civile, délibérément visée par les talibans

    Ces dernières semaines, les attentats ont visé des lieux fréquentés par le public, que ce soit une banque dans l'est du pays, un centre administratif dans le nord, ou un combat de chiens dans le sud. Selon un haut diplomate des Nations unies, les talibans tenteraient de donner l'impression d'une nouvelle dégradation de la sécurité en s'attaquant aux civils car ils auraient plus de mal à frapper les militaires étrangers et afghans.

    L'Otan a envoyé plusieurs milliers d'hommes en renfort dans le sud et le sud-est du pays depuis cet été. Des centaines de commandants talibans ont été arrêtés et tués. Ils sont rapidement remplacés mais selon les analystes, le mouvement a été perturbé.

    Une politique qui ne fait pas l’unanimité parmi les talibans

    Il semblerait que cette accumulation de victimes civiles crée des dissensions au sein de ce que l'on appelle la choura de Quetta, l'instance dirigeante des talibans. Une partie de ses responsables serait favorable à la poursuite des attentats contre des lieux publics mais certains dirigeants s'y opposeraient : ils ne veulent pas que le mouvement taliban apparaisse comme un oppresseur de la population afghane, craignant bien sûr que leur image se dégrade.

    L'attentat, il y a deux semaines, contre une banque de Jalalabad, la grande ville de l'est du pays, a particulièrement marqué les esprits en Afghanistan. Une partie de l'attaque a été filmée par une caméra de la banque. Sur les images, diffusées par la première chaîne de télévision afghane, on voit un homme, vêtu d'un uniforme de police, tirer très calmement sur des clients de la banque qui tentent de s'échapper. L'assaillant les vise un par un. Il ne tire pas sur les femmes en burka mais semble choisir au hasard ses victimes parmi les hommes. Il recharge ensuite sa kalachnikov et continue à tirer, y compris sur des civils allongés par terre.

    Ces images ont, semble-t-il, gêné la direction talibane. Un de leur porte-parole a annoncé que le mouvement avait lancé une enquête. Une réaction très rare de la part des talibans qui se contentent en général de déclarer qu'ils visaient des policiers ou des Afghans travaillant pour le gouvernement.

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