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A la Une, le cataclysme au Japon
« Le cataclysme » : c’est à la une du Figaro. Avec d'autres mots très forts comme « Apocalypse », il est l'un de ceux qui reviennent dans la presse pour décrire ce qui s'est passé au Japon.
Ces titres sont illustrés par des images dont la plupart ont déjà tourné en boucle sur toutes les télévisions du monde. Souvent prises depuis le ciel, d'avion ou d'hélicoptère, ces photos tiennent à la fois du tsunami de 2004 et du tremblement de terre de 2010 en Haïti. Elles montrent :
- une vague dévastatrice qui emporte tout sur son passage : habitations, constructions et véhicules en tous genres, y compris des avions !
- des incendies qui ravagent des quartiers entiers et mêmes des raffineries de pétrole,
- et bien sûr, une population saisie d'effroi et qui se protège comme elle le peut.
« J'ai cru à la fin du monde », a témoigné un Japonais. Cette phrase barre la une de Libération, sur la photo d'une mer déchaînée en face d'une région côtière, comme si le gigantesque tourbillon qu'elle forme allait tout engloutir.
Libération cite un géophysicien français pour qui le tremblement de terre qui vient de secouer le Japon fait partie des « dix plus violents de l'Histoire » ; un autre spécialiste, interviewé par Le Parisien, affirme que de telles secousses ne se produisent que « deux ou trois fois par siècle ».
900 fois le séisme d’Haïti
A la question de savoir pourquoi celle-ci a été, a priori, beaucoup moins meurtrière que celle qui a frappé Haïti (il y a un peu plus d'un an), il répond : « C'est vrai, le séisme d'hier a été 900 fois plus puissant, mais son épicentre était situé assez loin des zones d'habitation, contrairement à ce qui s'est passé en Haïti ». Il ajoute que « c'est le tsunami qui a suivi qui a été probablement le plus dévastateur ».
Une autre, parmi les grandes questions posées, concerne l'aspect imprévisible des tremblements de terre. Question à laquelle ce géophysicien répond que « contrairement aux volcans que l'on peut surveiller, l'homme ne sait pas prévoir les phénomènes de rupture de plaques terrestres ». II faudrait pour cela placer des sondes sur des centaines de kilomètres !
A ce propos, le quotidien l'Alsace affirme que « pas plus que les Italiens en 2009, à L'Aquila, ou que les Américains en 2010 à Haïti, les Japonais n'ont senti venir le cataclysme. Y parvenir à l'avenir est un défi majeur ».
D'autres parmi les éditorialistes du jour saluent le niveau de préparation des Japonais, comme celui de La Montagne : « La culture nippone du risque prouve à nouveau son haut degré d'efficacité. Bien entendu, les dégâts (...) sont considérables mais, confronté à un tel cataclysme, tout autre pays serait ravagé ».
Libération confirme : « Ailleurs qu'au Japon (...) les choses auraient été bien pires. Qu'on se souvienne des 250 000 morts d'Haïti, il y a un an. Preuve que le développement économique est encore la meilleure arme pour limiter les conséquences d'un séisme ».
Divisions à Bruxelles
Autre grand thème présent dans la presse du jour : la Libye au lendemain du sommet européen de Bruxelles. « Un virage sur l'aile », écrit Le Parisien après ce sommet. « Alors que la France et la Grande-Bretagne avaient envisagé jeudi la possibilité de frappes aériennes contre des objectifs militaires ciblés en Libye, elles ont dû baisser d'un ton hier à Bruxelles ». « Nicolas Sarkozy et David Cameron s'étaient avancés, beaucoup trop pour leurs partenaires européens ». « C'est vrai, on recule d'une case concède un diplomate français cité par Le Parisien, mais Paris a montré sa détermination et rien n'est joué ». Dans Le Parisien, « Sarkozy baisse d'un ton contre Kadhafi ». Dans Le Figaro, il « amende son plan contre le Guide ».
Les journaux mettent en avant les hésitations et les divisions de 27, face à la crise libyenne. Libération rapporte que « la discussion n'a pas été facile, beaucoup n'ayant pas apprécié que Paris court-circuite dès jeudi le CNT- le Conseil national de Transition ».
Sur ces deux points : frappes ciblées et reconnaissance de l'opposition libyenne, Le Figaro retient que « c'est la précaution qui l'a emporté ». Il conclut en indiquant que « la discussion va désormais se poursuivre dans d'autres enceintes que celle de l'Europe décidément très craintive dès qu'il s'agit d'envisager des opérations militaires (...) ».
La « diplomatie du perron »
Autre éditorial, celui du Monde, son titre « du mauvais usage de la diplomatie du perron ». Il reproche à Paris sa façon de procéder ces dernières quarante-huit heures. « Alors que l'enjeu du sommet de Bruxelles lui imposait de respecter un calendrier : préparation jeudi, décision commune vendredi, l'Elysée a hélas choisi le registre de la précipitation et de l'improvisation ».
Le Monde rappelle qu'un homme a joué un rôle important dans ce contexte : l'intellectuel Bernard-Henri Lévy, de retour de Libye, il venait d'être reçu par le président Sarkozy.
Et le journal de s'interroger : « Revenait-il à Bernard-Henri Lévy, dont on respecte les engagements militants, de se transformer en porte-parole de l'Elysée et du Quai d'Orsay pour déclarer après les insurgés libyens, que la France allait envoyer un ambassadeur à Benghazi, la place forte de la rébellion contre Kadhafi ? ».

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