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    Asie-Pacifique

    Téléchargement illégal, les écrivains en guerre contre le plus gros moteur de recherche chinois

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    Dans le conflit entre les écrivains chinois et Baidu, le principal moteur de recherche semble avoir perdu la première manche. Baidu a d’ailleurs promis de revoir le fonctionnement de sa librairie en ligne. Mais c'est « insuffisant », disent les auteurs qui menacent de porter une pétition directement auprès du Premier ministre. L’affaire embarrasse les autorités chinoises.

    Ils sont partis quarante, ils seraient désormais plus de trois cents. Poètes, blogueurs, romanciers… bien décidés à ne pas en rester là dans la guerre qui les oppose au plus gros site de recherche en ligne. Baidu cumule 75 % des clics contre 19 % pour l’américain Google. Mais, outre son puissant moteur de recherche, il attire surtout pour ses plateformes de téléchargement. Pour les fichiers textes, le service de librairie en ligne Baidu Wenku a été mis en place en 2009. En apparence, le principe se veut proche des valeurs communistes du partage : un internaute poste une œuvre sur le net, Baidu la stocke et permet à n'importe quel autre de la télécharger gratuitement.

    En moins de deux ans, la plateforme est devenue un véritable « Babel numérique ». On y trouve tout ce qui est publié en mandarin ou presque, des vieux romans policiers scannés page par page, jusqu’au dernier épisode de Twilight traduit de l’américain. Au total plus de 10 millions d’ouvrages figureraient ainsi dans les catalogues de la compagnie. Problème : le moteur de recherche ne travaille pas uniquement pour l’amour de la grande littérature. Certains livres entièrement scannés sont vendus, pour un prix certes beaucoup plus modique qu’en librairie, mais sans que les auteurs ne touchent aucun yuan. Sachant qu’un maximum de visiteurs, c'est aussi un maximum d'espaces publicitaires vendus, Baidu s’est enrichi à tel point que Robin Li, son fondateur et directeur, est devenu l’an passé l'homme le plus riche de Chine.

    Grève de l’écriture
     
    D’où la colère des écrivains. Dans la lettre ouverte qui a commencé à circuler le 15 mars dernier sur les micro blogs, les auteurs évoquent une « plateforme diabolique ». Les écrivains, parmi les plus populaires du pays, ont pris la plume, menés par le célèbre blogueur Han Han mais aussi par le poète Shen Haobo. Des genres différents, des plumes et des idées parfois très éloignées, mais ici rassemblées face à l’ennemi commun. « Ils ont volé nos œuvres, ils ont volé nos droits (…) Baidu est devenu un véritable marché du bien volé » précise la lettre ouverte. Tous les moyens judiciaires ont pour l’instant échoué. « Ils ont des contacts et ils ont de l’argent », explique Han Han. Le futur chroniqueur du New York Times justifie ainsi l’interpellation de l’opinion publique sur l’un de ses derniers post intitulé « Honte à Baidu ». Certains menaçant de faire une grève de l’écriture pour ne plus voir leurs livres revendus en ligne avant même qu’ils ne sortent en librairie.  
     
    Baidu multirécidiviste
     
    Habilement les auteurs ne s’en sont jamais pris aux internautes, mais toujours au fournisseur. Beaucoup se sont ainsi rangés du coté des écrivains, repostant leur lettre ouverte sur les forums. Face aux investisseurs mais aussi face aux autorités très sensibles au mouvement d’opinion, Baidu ne pouvait rester sans réagir. Robin Li, a annoncé que le site serait retravaillé pour satisfaire les intérêts de chacun, alors que les plaignants souhaitent une fermeture de la librairie en ligne. Insuffisant, estiment les écrivains qui cherchent désormais à obtenir des compensations. Pour le romancier Murong Xuecan dont les ouvrages ont été téléchargés plus de 200 000 fois, les regrets de Baidu n'enlèvent rien au préjudice subi.
     
    Les écrivains entendent aller plus loin avec une pétition adressée au Premier ministre si la libraire en ligne n’est pas rapidement fermée. Signe de la préoccupation du régime, la presse officielle a même fini par rejoindre le mouvement. Mais s'en prendre à Baidu, c'est s’attaquer à un multirécidiviste en matière de téléchargement d’ouvrages mais aussi de musiques et de films. Le bureau américain du représentant du commerce a placé le mois dernier, le moteur de recherche chinois, dans le haut de sa liste des marchés de la contrefaçon et des biens piratés.
    Chronologie et chiffres clés
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