GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 19 Juillet
Mercredi 20 Juillet
Jeudi 21 Juillet
Vendredi 22 Juillet
Aujourd'hui
Dimanche 24 Juillet
Lundi 25 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Asie-Pacifique

    L’offensive politique des «Brics»

    media

    C’est un sommet très consensuel qui s’est déroulé dans l’extrême sud de la Chine, à Sanya, entre le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Les 5 puissances émergentes - regroupées sous l’acronyme « Brics » - représentent plus de 40% de la population et 18% du PIB de la planète. Elles étaient surtout soucieuses d’afficher leur unité sur les grandes questions internationales.

    Quels seront les grands acteurs de la mondialisation du XXIe siècle ? C'est en essayant de répondre à cette question qu’en 2001, la banque d'affaires Goldman Sachs se focalise sur 4 pays : Brésil, Russie, Inde, Chine. Les Bric sont nés. Dix ans plus tard, l'Afrique du Sud vient de rejoindre le club. L'acronyme désigne les grandes puissances commerciales de demain mais aussi peut-être une nouvelle réalité géopolitique. L’économiste Thierry Apoteker rappelle que ces 5 pays ont quelques points communs : « Avec des PIB qui oscillent entre 1 400 milliards pour l’Inde et 5 700 milliards pour la Chine, les Brics représentent la moitié du PIB total de l’Union européenne - 27 Etats. En termes démographiques, ils regroupent la moitié de la population mondiale. Ce groupe a donc les moyens de peser mais les pays qui le composent sont tellement hétérogènes que demain, lorsqu’il faudra prendre des orientations concrètes, il n’est pas certain qu’ils puissent dépasser leurs intérêts nationaux ».

    Les membres du club

    Le B de Brésil : cette démocratie multiraciale est aussi un géant agricole.

    Le R de Russie : la Fédération de Russie est tout à la fois une puissance militaire et économique, un pays émergent et en transition. Elle dispose de grosses ressources énergétiques sur fond de dirigisme d'Etat.

    Le I de l'Inde : bien positionnée dans le secteur des nouvelles technologies, cette démocratie de castes s’affiche aussi en tant que puissance nucléaire.

    Le C de Chine : c'est la locomotive du groupe Brics. L'empire du Milieu s'est imposé comme puissance commerciale en devenant l'atelier de la planète pour les biens d'équipement. Sa voix compte au Conseil de sécurité de l'ONU.

    Le S de South Africa : le petit poucet du groupe.

    Première participation pour l’Afrique du Sud

    Bien sûr, c’est la première économie du continent mais ce n’est sans doute pas pour cela que les Sud-Africains participent, en Chine, à leur premier sommet des Brics. D’abord le marché financier en Afrique du Sud est particulièrement développé et attractif. Le discours anti-impéraliste sud-africain est évidemment tout à fait compatible avec la tonalité au sein des Brics. Enfin la Chine est le premier partenaire commercial de Pretoria. L’Afrique du Sud va tout de même devoir prouver qu’elle a sa place au sein du groupe, même si, c’est une petite économie comparée aux autres.

    Une dimension de plus en plus politique

    Si les Brics sont pour l’instant un club d’économies émergentes, ils aspirent à prendre une vraie stature politique sur la scène internationale. Ces 5 pays souhaitent devenir un contrepoids par rapport aux règles du jeu international édictées depuis 50 ans par les Etats-Unis et l’Europe.

    Ils revendiquent avant tout une meilleure représentation au sein des institutions internationales. Un credo repris par Dilma Roussef, la présidente brésilienne : « Nous avons des positions communes sur la réforme du système financier international. Nous allons insister sur le fait que le FMI, la Banque mondiale ne peuvent pas être dirigés, exclusivement, en rotation, par les Etats-Unis et l'Europe, les autres pays étant systématiquement exclus de la gouvernance ».

    Les Brics critiquent également la suprématie du dollar dans les échanges internationaux. Afin de réduire leur dépendance par rapport au billet vert, les Brics ont signé à Sanya un accord de coopération financière prévoyant l’ouverture de lignes de crédit libellées dans leurs monnaies nationales.

    Les Brics opposés à la guerre en Libye

    Les dirigeants du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et d’Afrique du Sud ont condamné les bombardements de l’Otan en Libye. La Russie, qui dispose d’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU, s’était abstenue lors du vote de la résolution 1973 sur l’intervention, tout comme la Chine. « Sur cette question, les Brics sont totalement unis », assure le président russe Dimitri Medvedev. Leur présence simultanée cette année au sein du Conseil de sécurité de l’ONU offre à ces pays l’occasion de travailler ensemble au dossier libyen.

    Thierry Apoteker n’est pas certain que les Brics aient un avenir en tant que groupe cohérent, en revanche dit-il, « c’est la première fois depuis la conférence de Bandung - qui avait donné naissance au mouvement des non alignés - que des pays émergents se posent de façon explicite en contrepoids politique ». Pour Nandan Unnikrishnan, « les deux groupes ne sont pas comparables ». Le chercheur à l’Observer Research Foundation de New Delhi évoque un club « décousu », porté par deux leaders asiatiques : la Chine et l'Inde.

    Des positions divergentes

    Les deux pays, la Chine et l'Inde, sont au cœur de la construction des Brics mais ils symbolisent le jeu d’alliances tactiques qui règne au sein du groupe. « L’Inde et la Chine entretiennent des relations souvent tumultueuses, rappelle Nandan Unnikrishnan, ils ont tout intérêt à développer leurs liens commerciaux mais il existe un obstacle de taille à tout rapprochement plus pérenne. Ils ont un différend frontalier. Il faut qu’ils arrivent à régler ce problème de frontière ». Sur les hauts plateaux de l'Himalaya, le Tibet sépare les deux géants asiatiques.

    Certes, politiquement, le club des pays émergents manque de cohérence mais les Brics ont réussi, en opposition totale avec l’Occident, à trouver une position commune sur quelques dossiers : le nucléaire iranien, la place des droits de l'homme dans la politique étrangère et aujourd'hui l'opposition aux bombardements en Libye. A chaque fois le même principe est mis en avant : ne pas remettre en cause la souveraineté des Etats.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.