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    Asie-Pacifique

    Les ambitions chinoises de Facebook

    media

    Les plus de 420 millions d’internautes chinois font rêver le premier des réseaux sociaux : Facebook. Le dilemme pour l’entreprise californienne est à la mesure de la grandeur de la Chine : céder à l’omniprésente censure du gouvernement chinois ou espérer être une fenêtre ouverte vers plus de dialogue ? Les tractations risquent d’être âpres.

    Comme Twitter, YouTube ou DailymotionFacebook est aujourd’hui censuré en Chine. « Error 404 not found » s’affiche sur l’écran quand vous tapez, sans logiciel pour contourner la censure, le mot « Facebook ». Car pour le pouvoir chinois, le réseau californien rime avec les manifestations étudiantes à Téhéran d’il y a deux ans, le « Printemps arabe » et ses murs tagués « Thank you Facebook » (merci Facebook) en Tunisie ou encore les appels au rassemblement place Tahrir au Caire. Dans un régime comme celui de la Chine, où l’obsession sécuritaire n’a peut être jamais été aussi forte, pas question de laisser s'ouvrir une fenêtre de liberté d’où pourrait partir la contestation.

    Google a refusé de céder à la censure

    Pour Facebook, deux options demeurent pour s’implanter en Chine. A la Yahoo ! et faire comme recommandent les autorités en acceptant d’expurger du site tout ce qui est considéré par le gouvernement comme nuisible à la sécurité du pays ou bien, à la Google en refusant de céder à la censure. Le moteur de recherche américain a ainsi été contraint de se replier à Hong-Kong en laissant 80% du marché à son équivalent chinois : Baidu. Facebook pencherait vraisemblablement vers un compromis à la Yahoo !. Ainsi, le site a-t-il refusé de participer aux conférences du Sénat américain sur « la liberté d’Internet dans le monde ». Il n’a pas non plus rejoint le « Global Network Initiative » où les acteurs de l’internet et les associations de défense des droits de l’homme discutent des règles de conduites à adopter avec les nations qui pratiquent la censure. Enfin, le réseau social a engagé des lobbyistes pour faire pression sur Washington et faire passer le message auprès de l’opinion américaine. « Comment connecter le monde entier si on laisse de côté un milliard de personnes ? », affirmait Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook en octobre 2010.

    Un accord avec le moteur de recherche chinois Baidu

    Malgré des concurrents en Chine, comme le clone chinois RenRen qui compte déjà 117 millions d’utilisateurs, 160 millions de microbloggueurs ou bien des plateformes chinoises qui connaissent bien leurs clients, Facebook a une chance de s’implanter en Chine. Le manque crée du désir et de nombreux Chinois faisant leurs études à l’étranger veulent rester en contact avec leurs amis. Pour d’autres l’interdiction leur paraît décalée par rapport au nouveau mode de vie de la Chine. De plus Facebook a su conquérir plusieurs pays récemment dont la Russie, la Corée et le Japon. Là aussi, de très nombreux internautes, une langue et une culture unique, et des concurrents bien installés. Résultats : 82% d’augmentation du nombre d’utilisateur en Corée, rien que pour le premier trimestre 2011, trois millions de Japonais conquis en quelques mois et Moscou rayonne désormais sur la carte des utilisateurs du réseau. Facebook aurait un allié de poids selon une information qui n’est pas encore officielle : le premier moteur de recherche chinois Baidu. Un accord aurait d’ailleurs été signé par les deux compagnies le 11 mars 2011.

    Que risque Facebook à vouloir s’implanter en Chine ?

    L’internet chinois est un peu coupé du monde, ce qui fait que les internautes du pays ont des attentes spécifiques. Facebook se veut donc optimiste, bien que les analystes soient partagés, tout comme les associations de défense des droits de l’homme. La potentielle participation à la censure est critiquée, mais d’autres font remarquer qu’en devenant un « partenaire stratégique » il pourrait faire évoluer la Chine sur la question de la liberté d’expression.

    Facebook cours à sa perte

    Pour Meg Roggensack, de Human right First, Facebook peut aider à changer l'internet et les libertés en Chine. D’autres estiment au contraire que le réseau social pourrait y laisser des plumes. A l’image de Yahoo ! qui avait perdu des utilisateurs au profit de Google suite à ses compromis avec la Chine. Pour Andrew McLaughlin, un ancien ponte de Google, Facebook cours à sa perte. Le sénateur Tom Coburn, à la tête du groupe de travail du Sénat sur les droit de l’homme, prévient : « bloquer les contenus dans certains pays portera préjudice à l’image de Facebook et poserait des questions sur son engagement en faveur des droits de l’homme et de la liberté d’expression ». Facebook s’est donc lancé dans le lobbying, en ouvrant un bureau à Washington et en invitant Obama à son siège récemment...

    Des rapports complexes entre Américains et Chinois

    D’après un rapport de l’administration américaine, paru en novembre 2010, Baidu, géant de l’internet chinois, et peut être futur partenaire de Facebook, est un des instruments les plus élaborés de la censure chinoise. Pourtant, les fonds qui ont permis la création de Baidu sont américains, et ces investisseurs détiennent toujours 31,4% de la compagnie, quasiment autant que les 31,9% de Robin Li. Si Robin Li a toujours affirmé qu’en tant que Chinois il n’était pas en mesure de contester les règles de censures du web du gouvernement, la partie américaine n’a jamais joué de sa qualité de partenaire stratégique pour entamer le dialogue sur cette question.

    A lire pour mieux comprendre :

    Sur Bloomberg.com

    Sur le site du Washingtonpost

    Sur Humanrightfirst.org

    Sur le site du Wall Street Journal

     

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