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    Asie-Pacifique

    La fin des «vaches jaunes» dans les gares de TGV chinoises

    media La gare du Sud, à Pékin. Stéphane Lagarde/RFI

    C’est une petite révolution dans ce pays qui a le plus important réseau de trains à grande vitesse du monde. Depuis le 1er juin 2011, les billets de TGV sont nominatifs. Une mesure qui signe la fin des « vaches jaunes », les revendeurs de billets à la sauvette. L’un d’entre eux, basé à la gare du Sud, à Pékin, a bien voulu témoigner.

    De notre correspondant à Pékin

    Sous la casquette, des yeux qui balaient l’horizon, le dos tourné aux guichets. Avec leur façon toute particulière de bourdonner autour des voyageurs en quête de billets, les « Huang Niu », littéralement les « vaches jaunes », sont faciles à repérer pour les habitués des trains chinois. La gare du Sud, à Pékin, compte une dizaine de ces revendeurs de billets. Parmi eux, Monsieur Wang – nom d’emprunt – ; les yeux verts, chemise ample et un sac banane à la ceinture, il était paysan en Mandchourie dans le nord-est de la Chine avant d’arriver dans la capitale. A 43 ans, il a épuisé tous les petits boulots avant qu’une « connaissance » ne l’entraîne à la gare.  

    Ex-paysans, ex-travailleurs migrants
     
    « Nous sommes un peu plus d’une dizaine dans la gare, confie-t-il. Beaucoup, comme moi, sont d’anciens ouvriers agricoles. J’ai 43 ans et à la gare, je pouvais espérer gagner jusqu’à 5 000 yuans [plus de 500 euros] par mois, ce qui m’a permis d’aider ma famille. Lorsque j’étais paysan je gagnais moins de 10 000 yuans par an ». Les revendeurs de la gare du Sud sont les premiers touchés par les nouvelles mesures destinées à contrôler les ventes de billets. Car c’est de là que partent la plupart des TGV pour Shanghai, Canton ou Tianjin sur la côte Est.
     
    Des hommes et des femmes qui ont tous le même parcours : paysans, puis ouvriers migrants et qui tous finissent un jour à la gare pour pallier les failles de la billetterie. Jusqu’à présent, il était possible d’acheter plusieurs billets à l’avance échangeables au tout dernier moment.
     
    Avec le nom du passager inscrit sur le ticket, ce système d’échange sera impossible sans repasser par le guichet. Tous les trains dont le trajet commence par les lettres C, D et G, autrement dit tous les trains roulants à plus de 200 kilomètres heures, sont concernés par ce changement qui entre en vigueur ce 1er juin 2011. Et le système devrait être étendu à l’ensemble du réseau dès la rentrée de septembre annonce les autorités, afin d’éviter notamment la « guerre des billets » observée au moment des vacances du nouvel an lunaire.
     
    Les « vaches jaunes » de la gare principale située au centre de la capitale, avec ses trains de nuit en partance pour le nord, ont donc encore un peu de répit. « Pour nous, ça ne change rien, affirme M. Wang, les territoires sont très disputés. Les « vaches jaunes » de la gare centrale ne nous laisseront jamais approcher ».
     
    « Magicien du rail »
     
    Un attachement à un gagne-pain, plus qu’à un « métier ». Le surnom de « vaches jaunes » donné à ces revendeurs est aussi un signe du mépris qu’ils inspirent à certains usagers du rail. Dans les campagnes chinoises, les « vaches jaunes » sont les vaches à viande qui ne travaillent pas aux champs. Dans l’imaginaire populaire, le fait de revendre un ticket en empochant une commission est donc un métier de paresseux. Pourtant, ces revendeurs ont été parfois remerciés, allant jusqu’à apparaître comme des « magiciens du rail » pour des voyageurs désespérés de ne pas trouver de place dans le train. Les sièges et les « couchettes dures » sont en effet les premiers à être pris d’assaut. Mais il arrive aussi régulièrement que les « couchettes molles », pourtant les plus chères, soient introuvables trois jours avant le départ.
     
    C’est là que les « vaches jaunes » interviennent. Le bourdonnement s’arrête. Les revendeurs n’hésitent pas à plonger dans la foule, se rouler au sol et recevoir une pluie de jurons pour être les premiers aux guichets lorsque sont remis en vente les places non utilisées. « Nous avons effectivement quelques trucs, explique M. Wang. Mais il arrive aussi que les policiers nous mettent des amendes où nous retiennent en garde à vue ». « Quoiqu’il arrive, moi je ne veux pas rester dans la capitale, enchaîne avec un sourire une jeune femme qui, elle aussi, arbore le fameux sac banane à la ceinture. Dès demain, j’irai laver les bols de riz dans un restaurant de Pékin ».

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