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    Asie-Pacifique

    A qui profitent les zones économiques spéciales sino-nord-coréennes ?

    media Le nouveau pont sur le Yalu devrait être achevé d’ici à deux ans. Objectif : accélérer les échanges entre la Chine et la Corée du Nord, en passant par la future « zone économique » située sur une île au milieu du fleuve. RFI/Emmanuel Damien

    La Chine et la Corée du Nord ont finalement décidé de faire une pierre deux coups. Après le lancement des travaux de la future « zone économique spéciale », ce mercredi 8 juin, sur l’île de Hwanggumpyong à la frontière entre les deux pays, les responsables chinois et nord-coréens sont attendus, jeudi, dans le port de Najin Sonbong en Corée du Nord. Nouveau ruban à couper et nouvelle « zone économique » en perspective. Pékin entend ainsi pousser le régime de Pyongyang aux réformes sur le modèle de la politique d’ouverture menée en Chine depuis trente ans. Un moyen aussi pour les Chinois d’étendre leur influence dans le nord-est asiatique.

    Des grues et des camions rouges et jaunes ont fait leur apparition au milieu du fleuve Yalu. Là où on ne voyait que des canards et des rizières, des petits fanions aux couleurs pâles, utilisés traditionnellement lors des inaugurations, sont également de sortie. Des signes qui contredisent le mutisme des autorités. La mairie de Dandong, ville chinoise à la frontière, a refusé ce mercredi de confirmer l'événement. Mais le grand panneau rouge dressé sur la route qui longe le fleuve n'est visiblement pas tenu à la même réserve. « Inauguration de la zone économique de Huang Jin Ping  », lit-on en gros caractères, suivi par une flèche blanche montrant l’île de Huang Jin Ping pour les Chinois, Hwanggumpyong pour les Coréens.

    Bail de 50 ans

    L’inauguration du chantier était prévue le 28 mai dernier, à l’occasion de la visite de Kim Jong-il en Chine. Il aura été finalement reporté sans plus d’explication. Les responsables Chinois et Nord-coréens sont arrivés mardi 7 juin à Dandong, ils passent la nuit de mercredi à jeudi à Yanji. Parmi la délégation venue en train de Pyongyang se trouveraient notamment Jang Song-Taek, le beau-frère de Kim Jong-il ainsi que Kim Yong Nam, le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême de Corée du Nord, précisent plusieurs sites d’informations sud-coréens et chinois. Ce lancement officiel des travaux vient mettre un terme à ce qui n’était jusqu’à présent qu’un long serpent de mer. Le mémorandum pour l’établissement du projet a été signé voici un an par les deux pays, mais en réalité Pyongyang y songe depuis 2009. La Corée du Nord a même voté une loi spéciale portant sur la création de la zone. Le texte accorde le droit d’exploitation du terrain à la Chine pour une durée de 50 ans, en échange d’une garantie sur les bénéfices des futures activités qui y seront développées. L’île nord-coréenne de Hwanggumpyongest située côté chinois du Yalu. Ce « terrain plat en or », selon la traduction littérale, faisait jusqu’alors partie du district modèle de Sinuiju en matière d’agriculture. Une qualité qui visiblement ne s’arrête pas à la frontière. Côté chinois, les rizières seraient tout aussi exemplaires à en croire les slogans. La région est connue pour abriter l’un des meilleurs riz de toute l’Asie, d’où peut-être ce nom précieux attribué à la zone.
     

    Panneau chinois : « district modèle en matière d’agriculture ». RFI/Emmanuel Damien

    La Corée du Sud, grande perdante

     « Le terrain est très riche et c’est une terre coréenne, explique un homme d’affaires venu de Séoul qui souhaite rester anonyme. C’est triste pour les Coréens : Hwanggumpyong est une île qui appartient à la Corée et ce sont les Chinois qui vont exploiter le site ». Depuis le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan le 26 mars 2010, tous les projets entre la Corée du Sud et la Corée du Nord sont au point mort. De quoi faire disparaître le sourire des employés de la « Korean society in Dandong ». Perchée au premier étage d’une rue de restaurants dans le quartier coréen de Dandong, l’association accueillait jusqu’à présent les investisseurs sud-coréens intéressés par le pays d’en face. Depuis un an, les visiteurs se font beaucoup plus rares et les trois « S » affichés en grosses lettres sur le mur, qui fait face à l’entrée, semblent aujourd’hui résonner dans le vide. « Smile », « Stand », « Speed » : les membres de l’association sont censés sourire, se lever pour accueillir et aider au plus vite les « business men » débarquant dans la région. « On espère évidement que les entreprises sud-coréennes pourront un jour participer au développement de la zone de libre échange, poursuit l'homme d’affaire. Mais pour cela, il faudrait que le gouvernement sud-coréen change de politique […] Avant, les entreprises sud-coréennes travaillaient avec près de 15 000 ouvriers en Corée du Nord. Les douanes sud-coréennes interdisent désormais les importations de produits nord-coréens et beaucoup de Sud-Coréens ont quitté Dandong ».

    Kaesong version chinoise

    Pour survivre, certains font valser les étiquettes et n’hésitent pas transformer ce qui vient de Corée du Nord en produit Made in China. Mais la plupart des partenariats avec les usines nord-coréennes, notamment dans le textile, ont été repris par les Chinois. « Environ 500 camions franchissent chaque jour le ' Pont de l’amitié ', affirme Liu Yinglin. Les véhicules passent la frontière dans les deux sens mais de façon alternée, car il n’y a qu’une seule voie. Avec le nouveau pont, les échanges ne peuvent que s’accélérer », s’enthousiasme ce patron d’une compagnie chinoise de transport. Le nouveau pont est d’ailleurs pour l’instant le seul élément visible de ce que sera demain la future « zone économique ». Le squelette de l’édifice qui devrait enjamber d’ici à deux ans les deux rives du fleuve, en passant par l’île de Hwanggumpyong, a commencé à prendre forme côté chinois. C’est par là que transitera l’essentiel des marchandises. Pour ce qui est des futures activités, le dernier voyage de Kim Jong-il permet de s’en faire une idée. Le leader nord-coréen à fait ses courses en visitant la Chine. Une usine de voitures près de Changchun, la « Silicon Valley chinoise » de Zhongguancun au Nord de Pékin, ou encore un supermarché à Yangzhou : à terme, Hwanggumpyong devrait ressembler à Kaesong avec une priorité donnée aux biens de consommations courantes. Comme la zone industrielle établie en 2004 par les deux Corées, à 10 kilomètres seulement de la ligne de démarcation qui sépare la Péninsule, l’île du Yalu devrait aussi accueillir les touristes.

    Quand la Corée du Nord se rêve en nouveau Hong-Kong

    « Il y aura bientôt des cars qui viendront ici », confirme Mme Wang en montrant du doigt les panneaux annonçant un projet de parking et même une future marina pour les yachts des hommes d’affaires. Avec le début des travaux, les choses devrait s’accélérer, estime cette employée de mairie chargée de planter les arbres sur la promenade le long du fleuve : « D’ici à la fin de l’année, les premières entreprises devraient s’installer ». « Les premiers coups de pioches ont été donnés, pour une version nord-coréenne de Hong-Kong », titre dans le même élan le Maeil Kyongje. Le quotidien économique sud-coréen rappelle que « les revirements politiques fréquents en Corée du Nord […] peuvent dissuader certains investisseurs », tout en soulignant l’intérêt portés au projet par plusieurs compagnies hong-kongaises justement. La Sunbase International Limited en fait partie. Xin Yi Zhou, le PDG de la compagnie, pourrait même être désigné comme président de la future zone économique.

    Le bus qui sert de bureau à Madame Wang. RFI/Emmanuel Damien

    Accès à la mer du Japon

    Pour Pyongyang, l’idée est d’abord d’attirer des capitaux. Pour Pékin, les zones économiques doivent non seulement permettre de créer des nouveaux débouchés, mais également servir de points de transit. Les 93 kilomètres de la nouvelle route qui reliera, d’ici à la fin de cette année, la ville chinoise de Huchun au port nord-coréen de Najin Sonbong, en fait partie. La Chine a obtenu, là encore, une concession de 50 ans. Le port offre un accès direct à la mer du Japon (la mer de l’est pour les Coréens), c’est aussi la route la plus rapide pour le sud de la Chine. Sans attendre l’inauguration de ce jeudi, 20 000 tonnes de charbon ont transité par Najin Sonbong depuis le début de l’année, avant d’être livrées à Shanghai. Sachant que 70% des investissements chinois en Corée du Nord sont liés aux matières premières, le fer et le cuivre pourrait suivre la même route à l’avenir. « Dans 25 ans, les Chinois auront vidé nos réserves », s’inquiétait récemment le Choson Ilbo, quotidien sud-coréen réputé proche des conservateurs. Dans son minibus qui lui sert de bureau, Madame Wang se prend à rêver : « Un jour, Hwanggumpyong reviendra à la Chine ».

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