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    Asie-Pacifique

    L’Inde accuse Monsanto de «biopiraterie»

    media Le moratoire décrété en 2010 par le ministre indien de l'Environnement sur la commercialisation des aubergines génétiquement modifiées a été reconduit en 2011. AFP/Sajjad Hussain

    L’Autorité nationale de biodiversité indienne (NBA) a annoncé, le 11 août 2011, sa volonté d’engager des poursuites contre le géant Monsanto, producteur de semences génétiquement modifiées et son partenaire indien Mahyco. Elle les accuse de « biopiraterie » pour avoir mis au point une aubergine indienne génétiquement modifiée à partir de variétés locales, sans en avoir l’autorisation.

    La « biopiraterie » ou le «biopiratage » est l'appropriation par des firmes privées de connaissances biomédicales autochtones par le biais de brevets. C’est le reproche que fait, Léo Saldanha, directeur de l’ONG Environment Support Group, à la firme Monsanto et son partenaire indien Mahyco. Selon Le Monde, il a saisi l’Autorité indienne de la biodiversité de ce cas de « biopiraterie » et assure que « Monsanto était parfaitement au courant de la législation et l’a volontairement ignorée ».

    En effet, la loi indienne sur la biodiversité de 2002 précise que : « Personne ne devrait transférer des résultats de toute recherche relative à toute ressource biologique, sans l’approbation préalable de l’Autorité de biodiversité nationale ».

    « Un cas d’école de biopiraterie », pour le journal India Today, « car pour la première fois, une entreprise commerciale sera poursuivie judiciairement, selon la loi sur la biodiversité». L’entreprise Monsanto n’avait pas encore réagi, ce jeudi 18 août 2011.

    Monsanto déjà accusée par Greenpeace de test de maïs transgénique en Inde
     
    En juillet dernier, l’organisation non gouvernementale Greenpeace avait déjà accusé Monsanto de violer les règles de sécurité biologiques indiennes. Shivani Shah, représentante de Greenpeace en Inde, avait évoque des tests de maïs transgénique de Monsanto dans un village près de Bijapur, au sud de Bombay. Selon l’ONG environnementale, « les autorités agricole et sanitaire de l’État n’en avaient même pas connaissance ». 

    Greenpeace explique que « le président du mouvement paysan KRRS,  Kodihalli Chandrashekar, a fait directement appel au Premier ministre de l’État du Karnataka, au sud de l’Inde, pour prendre des mesures à l’encontre de Monsanto ». Le KRRS, allié à Greenpeace, a réclamé « la fermeture immédiate de tous les champs d'expérimentation d'OGM de Monsanto dans le pays ». 

    Dans cette affaire, l’ONG craint une pollution génétique et une contamination des cultures de la région. Car « plus d’un mois après la récolte, en juin dernier, on a retrouvé des épis de maïs OGM sur le sol », a-t-elle constaté. D’où son inquiétude de la dispersion alentour de ces semences . Elle ajoute que « la règle qui impose de détruire tous résidus OGM après utilisation a été ignorée (par la firme). 


    Vidéo : La biopiraterie (émission de santé de la cinquième chaine)

     

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