Indonésie: naufrage au large de Java d'un bateau de 250 migrants
En Indonésie, un bateau surchargé à bord duquel se trouvaient plus de 250 migrants, la plupart venus d’Iran et d’Afghanistan, en route vers l'Australie pour y chercher l'asile, a sombré hier soir samedi au large de la côte Est de l'île de Java. Différents chiffres circulent sur le nombre de victimes et de disparus. Selon le Centre de gestion des catastrophes de Java-Est, 76 passagers auraient été secourus, tandis qu'un porte-parole des secouristes fait état de 33 personnes sauvées.
Avec notre correspondant à Jakarta, Vincent Souriau
C’est un maigre chalutier en bois qui a pris la mer en pleine nuit au large de l’île de Java, avec un peu plus de 250 migrants à son bord, soit le double de sa capacité normale et des conditions météo extrêmes.
Vents violents, vagues de quatre mètres de haut, les passagers sont pris de panique, l’embarcation chavire, il est 3 heures du matin… Les plus chanceux réussissent à s’accrocher à des débris, ils seront recueillis par des pêcheurs, avant d’être transportés à l’hôpital.
Le sort de leurs compagnons de voyage reste lui très incertain. La police et l’armée indonésienne ont déployé quatre bateaux sur place à la recherche des survivants. Mais les opérations de secours sont délicates, à 40 kilomètres de la côte, dans des eaux très agitées.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les migrants sont d’abord arrivés en bus depuis la capitale, Jakarta, encadrés par des passeurs clandestins. Destination Christmas Island, en Australie, pour y demander l’asile. Un phénomène qui n’est pas nouveau, c’est la deuxième fois en à peine plus d’un mois qu’un navire de réfugiés à destination de l’Australie fait naufrage en Indonésie.
L’Australie, l’Eldorado des déshérités |
L'Australie a beau mettre en place les politiques les plus dissuasives ou répressives possibles, rien n'y fait : elle reste un Eldorado pour les millions de déshérités qui vivent dans la région. La carte de l'immigration vers l'Australie coïncide avec la carte des pays les plus sinistrés de la région. Sur près de 6 000 clandestins qui sont arrivés en Australie en 2010, plus de la moitié venaient d'Afghanistan, suivis de loin par des Iraniens, des Irakiens puis des Sri-lankais. Venaient ensuite mais en proportion bien moindre, des Palestiniens, des Birmans et des Pakistanais. Les réseaux clandestins les font passer par plusieurs ports indonésiens, dernières étapes avant l'île australienne de Christmas, très proche des côtes de l'Indonésie. Malgré le prix très élevé qu'exigent les réseaux clandestins, malgré les risques d'escroquerie, les risques de la traversée dans des bateaux toujours surchargés, les candidats à l'exil préfèrent saisir la chance d'un espoir infime plutôt que la certitude d'une situation désespérée. Aucune loi adoptée en Australie, en Indonésie ou en Malaisie, aucune nouvelle ouverture de centre de rétention n'aura d'impact durable sur les courants d'immigration en Australie. En revanche la perspective d'une amélioration dans leur pays d'origine suffit à inverser les tendances. De nombreux bateaux risquent encore de s'échouer d'ici là. RFI |

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