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Article publié le : mardi 24 janvier 2012 - Dernière modification le : mardi 24 janvier 2012

Chine: les habitants de la préfecture de Ganzi sous surveillance

Des soldats chinois patrouillent dans la rue de Kangding County, la capitale de la préfecture autonome tibétaine de Ganzi, le 23 mars 2008.
Des soldats chinois patrouillent dans la rue de Kangding County, la capitale de la préfecture autonome tibétaine de Ganzi, le 23 mars 2008.
AFP/TEH ENG KOON

Par RFI

La police a ouvert le feu sur les manifestants en Chine, le lundi 23 janvier 2011, sur les hauts plateaux tibétains du Sichuan dans l’ouest du pays. La fusillade a fait au moins un mort et des dizaines de blessés selon l’ONG Free Tibet. Cet affrontement est le plus grave entre force de l’ordre et les Tibétains depuis les émeutes antichinoises de 2008 au Tibet. Il constitue aussi une preuve que la région est toujours sous tension, contrairement à ce que laisse entendre Pékin, qui accuse ce mardi 24 janvier 2012 des « groupes séparatistes étrangers ».

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Les informations en provenance des hauts plateaux tibétains du Sichuan sont extrêmement rares. Plus de 24 heures après la fusillade, les médias chinois n’ont toujours pas consacré une ligne à ces nouveaux affrontements survenus lundi dans la préfecture de Ganzi. Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’évènement, l’accès à internet a immédiatement été coupé pour éviter la propagation de la nouvelle dans une région déjà extrêmement surveillée comme l’a confié à RFI un habitant de la préfecture.

« Le temple et les maisons des moines sont très surveillés. Les policiers sont partout y compris à l’intérieur du temple. En bas, ils veulent construire une plus grande base pour renforcer les effectifs. Nos téléphones sont écoutés et quand on se réunit pour les prières, il y a encore des gens pour surveiller ».

Ce témoignage a été recueilli à Serdâr à l’automne dernier. C’est dans ce comté perché à 4 000 mètres d’altitude, que des douzaines de moines ont été arrêtés le 16 janvier dernier après avoir défilé avec des portraits du Dalaï Lama et brandissant des pancartes réclamant plus de libertés pour le Tibet, en menaçant le gouvernement local de nouvelles immolations. Une question extrêmement sensible pour les autorités chinoises.

Pékin craint que ces protestations n’inspirent d’autres manifestations notamment dans l’ouest chinois. En moins d’un an, au moins 16 moines et religieuses bouddhistes ont tenté de mettre fin à leur jours en s’immolant par le feu notamment dans cette préfecture de Ganzi.

La manifestation de lundi aurait ainsi été organisée en réaction à ces arrestations. Il était près de midi quand la police a ouvert le feu, affirme Free Tibet. Parmi les manifestants, Norpa Yonten a été touché à l’abdomen. Ce laïc de 49 ans ne s’est pas relevé de ses blessures. D’autres ONG parlent de trois morts et d’une trentaine de blessés.

tags: Chine - Droits de l’homme
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