Maldives - 
Article publié le : mardi 07 février 2012 - Dernière modification le : mardi 07 février 2012

Le président des Maldives contraint de démissionner

Malé. 29 janvier 2012. Manifestation réclamant la libération du président de la cour d'assises, Abdulla Mohamed, suspecté de collusion avec l'ancien président Gayoom, et arrêté sur l'ordre de Mohamed Nasheed.
Malé. 29 janvier 2012. Manifestation réclamant la libération du président de la cour d'assises, Abdulla Mohamed, suspecté de collusion avec l'ancien président Gayoom, et arrêté sur l'ordre de Mohamed Nasheed.
© Reuters/Dinuka Liyanawatte

Par RFI

Le président des Maldives, Mohamed Nasheed, a démissionné de son poste le 7 février 2012. Il a été aussitôt remplacé par son vice-président, Mohamed Waheed. Depuis plusieurs semaines, Mohamed Nasheed faisait face à des troubles politiques. Ce matin, des policiers rebelles avaient pris le contrôle de la télévision d'État.

Depuis trois semaines, les manifestations d’opposants faisaient vaciller son pouvoir. Ce mardi 7 février, ils ont été rejoints par des policiers rebelles qui ont pris le contrôle de la télévision d’Etat pour appeler au départ de Mohamed Nasheed.

Le président, dans un message télévisé, a expliqué ce matin qu’il préférait démissionner plutôt que de « diriger le pays d’une main de fer » : allusion à peine voilée à son prédécesseur, l’ancien président et actuel chef de l’opposition Maumoon Abdul Gayoom, qui a dirigé le pays pendant 30 ans, de 1978 à 2008, et qui justement demandait sa tête.

En octobre 2008, Mohamed Nasheed, alors opposant, âgé de 38 ans avait délogé Maumoon Abdul Gayoom, après avoir été mis plusieurs fois en prison et avoir créé en exil le parti [Parti démocratique des Maldives, NDLR] qui allait lui permettre de remporter la victoire, en héros, et devenir le premier président élu démocratiquement dans l’archipel.

Cependant, l’opposition l’accusait de corruption et de dérive autoritaire; les manifestations avaient commencé après l’arrestation du président de la cour d’assises, accusé par le pouvoir d’avoir favorisé des figures de l’opposition.

Le président a donc démissionné, mais l'armée insiste : il ne s'agit pas d'un coup d'Etat, même si elle admet lui avoir conseillé de partir. Néanmoins, une partie de l'opposition demande à l'armée d'aller plus loin et d'arrêter le président démissionnaire, pour corruption et mauvais usage du pouvoir. Si cette demande aboutissait, la démission du président  commencerait à ressembler à un coup d'Etat.

Dans les archives de RFI, les Maldives

L'archipel des Maldives comprend quelque 1 800 îles, et constitue principalement une destination prisée par le tourisme de luxe.

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