Maldives - 
Article publié le : mercredi 08 février 2012 - Dernière modification le : mercredi 08 février 2012

Les Maldives s'enfoncent dans la crise après la démission du président Mohamed Nasheed

Des heurts se sont produits à Malé, au lendemain de la démission du président des Maldives, Mohamed Nasheed.
Des heurts se sont produits à Malé, au lendemain de la démission du président des Maldives, Mohamed Nasheed.
Reuters/Stringer

Par RFI

Mohamed Nasheed, qui, jusqu'à ce mardi 7 février 2012, était président de l'archipel des Maldives, affirme qu'il a été forcé de démissionner sous la contrainte des armes. Dans la capitale, Malé, des heurts entre la police et plusieurs milliers de partisans de l'ancien président se sont produits ce mercredi. L'Union européenne se dit « profondément préoccupée » et demande que les nouvelles autorités respectent la Constitution et l'Etat de droit.

« Ils m'ont dit que si je ne démissionnais pas, ils devraient faire usage de leurs armes. J'ai pris cela pour une menace » : « ils », ce sont ces policiers et ces officiers que Mohamed Nasheed a rencontrés mardi 7 février au siège de l’armée. L’archipel aurait donc été victime d’un coup d’Etat. D'ailleurs, l’ancien président dit craindre que Mohamed Waheed, qui a pris sa place - jusqu'ici il était vice-président -, ne fasse partie de la conjuration.

De fait, Mohamed Waheed avait sévèrement critiqué sa décision de faire arrêter le président de la Cour d’assises à la mi-janvier, une décision qui avait provoqué trois semaines de manifestations, la mutinerie de policiers et au final, cette démission. L’armée, elle, nie tout coup d’Etat : Mohamed Waheed promet aux Etats-Unis de respecter la démocratie, et pour répondre à ceux qui l’accusent, il prévoit de former un gouvernement d’unité nationale où serait invité le parti de l’ancien président.

Pas sûr que le MDP ( Maldives Democratic Party ) accepte. D’autant qu’un de ses membres, le ministre des Affaires étrangères, affirmait, mardi 7 février, qu’il s’agissait en fait d’un coup d’Etat des islamistes. « Grotesque », rétorque le nouveau président, « nous sommes un modèle d’islam modéré ». Mohamed Waheed refuse par contre de commenter l'éventuelle arrivée au gouvernement du parti religieux Adhaalath Party, décrit comme une branche de l'organisation égyptienne des Frères musulmans.

Des heurts entre la police et plusieurs milliers de partisans de Mohamed Nasheed se sont produits sur une place du centre de Malé. Les forces de sécurité ont procédé à des tirs de gaz lacrymogène pour disperser la foule qui leur jetait des pierres. 

 

Pauline Fath

directrice de l'Alliance française des Maldives

Là, cela redevient violent. Dés que les manifestations de soutien à Mohammed Nasheed ont commencé, les écoles ont fermé beaucoup plus tôt. Et là je pense que les bâtiments officiels, dont l'Alliance française, vont bientôt fermer...

 

08/02/2012 par Christophe Paget

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