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    Asie-Pacifique

    Sonia Gandhi, d'Orbassano à New Delhi

    media Sonia Gandhi en avril 2010. India Today Group/Getty Images

    Sonia Gandhi est la femme la plus puissante de l’Inde. Une nouvelle biographie retrace le parcours étonnant de cette Italienne aux origines modestes qui règne sur le destin de 1, 2 milliard d’Indiens. Son auteur Rani Singh a interviewé une centaine de personnes. Elle s'est aussi imprégnée de l'atmosphère des lieux où son héroïne a évolué pour restituer avec fidélité la richesse et la singularité de son destin. 

    Etonnant parcours que celui de Sonia Gandhi ! Rien ne prédisposait cette Italienne d’origine modeste, née de père petit patron dans le bâtiment à Orbassano (environs de Turin), à devenir la femme la plus influente de la vie politique indienne. Présidente du Congrès et véritable décideur derrière le trône du Premier ministre, Manmohan Singh, elle gouverne la plus grande démocratie du monde avec maturité et un sens politique quasi-instinctif. Elue l’une des 20 femmes les plus puissantes du monde par le magazine Forbes en 2011, et cela pour la troisième année consécutive, Sonia Gandhi intrigue et fascine.

    Pourquoi a-t-elle accepté d’entrer en politique après avoir affirmé pendant des années qu’elle n’avait pas le moindre goût pour la chose publique ? Quel est le secret de la domination de cette femme d’origine étrangère sur un pays réputé machiste et étroitement nationaliste ? Quelles sont ses convictions idéologiques ? La biographie « Sonia Gandhi : an extraordinary life, an Indian destiny », parue en Angleterre l’an dernier sous la plume d’une journaliste issue de la diaspora indienne, tente de répondre à ces questions que nombre d’observateurs de la vie publique indienne se posent.

    Impeccablement documenté bien que l’auteur Rani Singh n’ait pu interroger ni Sonia Gandhi ni les membres du premier cercle de la dirigeante indienne, cet opus de près de 300 pages retrace le parcours de son héroïne d’une manière très vivante, le situant dans l’histoire dramatique de l’Inde contemporaine. C’est un livre précieux car il n’existe pas d’autres publications sur Sonia Gandhi, à l’exception d’un récit romancé mais grevé de nombreuses erreurs factuelles par le romancier espagnol Javier Moro (Le Sari rose, éd. Robert Laffont, 2010). L’intérêt de la biographie de Singh réside dans son approche qui écarte d’emblée la veine « conte de fées » pour s’intéresser à la métamorphose psychologique de son sujet sous la pression de la vie et de ses épreuves.

    La saga des Nehru-Gandhi

    Sonia Gandhi doit sa visibilité à son mariage au descendant d’une des familles les plus illustres de l’Inde. La saga des Nehru-Gandhi qui ont donné à l’Inde trois Premiers ministres, est étroitement liée à l’histoire contemporaine de ce pays, au mouvement pour l’indépendance et à la construction d’une Inde moderne, laïque et démocratique. Jawaharlal Nehru, la fille de ce dernier Indira Gandhi et son petit-fils Rajiv Gandhi incarnent trois étapes du devenir indien, forgé dans la chaleur et le brouhaha des combats pour l’indépendance, mais aussi dans les meetings souvent houleux du parti du Congrès fondé par les ancêtres des Nehru-Gandhi il y a un peu plus de 125 ans. Cette formation a également dirigé l’Inde pendant la majeure partie de la période postindépendance.

    Mariée en 1968 à Rajiv Gandhi qu’elle a connu à Cambridge pendant leurs études, la jeune Italienne a assisté de près aux turbulences qui ont ponctué l’histoire de l’Inde moderne. Sa belle-mère la très autocratique Indira Gandhi qui l’a initiée à la chose politique est morte quasiment sous ses yeux, abattue par ses gardes du corps. Or la tragédie qui a finalement conduit Sonia Gandhi à la politique à son corps défendant, ce fut la disparition de son mari, lui aussi assassiné, au début des années 1990.

    Après avoir dans un premier temps refusé de prendre le relais de son mari à la tête du parti historique du Congrès, elle s’est jetée en 1998 dans la mêlée politique pour soutenir les valeurs fondatrices de l’Inde que sont la démocratie, la laïcité et l’égalité mises à mal par l’irrésistible montée de la droite nationaliste et hindouiste. Le Congrès qui est revenu au pouvoir en 2004 sous l’égide de Sonia Gandhi remet les pendules à l’heure, tout en poursuivant la libéralisation de l’économie indienne.

    Mais ce retour aux commandes du Congrès a un prix. Sonia Gandhi a dû renoncer au poste de Premier ministre, de peur de voir l’opposition ultranationaliste lancer des campagnes centrées uniquement sur la question de l’accession d’une femme d’origine étrangère à la magistrature suprême. Pourtant, Sonia Gandhi est indienne, sur le papier, car elle est citoyenne indienne depuis 1984, dans son cœur aussi comme elle ne l’a cessé d’affirmer : « Il y a déjà trente ans que j’ai épousé l’Inde, lorsque je suis entrée dans le foyer d’Indira Gandhi. C’est à travers son cœur que j’ai appris à comprendre et à aimer l’Inde. »

    Une "démocratie dynastique"

    La violence verbale déclenchée par la droite nationaliste représente une page sombre de l’histoire de l’Inde contemporaine, mais Sonia Gandhi a su surmonter la crise en faisant nommer au poste de Premier ministre le Sikh Manmohan Singh, l’un de ses lieutenants les plus fidèles. Une démarche très habile qui fait de la dirigeante du Congrès d'origine italienne la véritable âme du gouvernement, alors qu'elle n'en fait pas formellement partie. Son renoncement à la primature a par ailleurs rapproché Gandhi de la population qui l’a toujours considérée comme Indienne et l’une des leurs.

    Et celle-ci le leur rend bien. C’est à son initiative que le gouvernement de centre-gauche que dirige son parti depuis maintenant huit ans a mis en place un régime d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi dans les zones rurales. Ce mécanisme touche beaucoup de monde dans un pays comme l’Inde majoritairement rural. Le nom de Sonia Gandhi est également associé à des législations relatives à l’approfondissement de la démocratie (liberté d’accès aux documents administratifs) et la promotion des femmes en politique (parité homme/femme à la chambre haute du parlement indien). Or la dirigeante italo-indienne n’a pas que des admirateurs, elle a aussi des critiques qui pointent du doigt sa méconnaissance de la vie politique indienne et plus particulièrement sa vision « dynastique » du pouvoir. N’a-t-elle pas justifié son entrée en politique par la nécessité de perpétuer la mémoire des Nehru-Gandhi ? Elle est par ailleurs en train de préparer le terrain pour l’entrée au gouvernement de son fils Rahul Gandhi, perçu comme le prochain Premier ministre de l’Inde.

    L’idée de la dynastie, largement répandue dans la vie politique indienne, est en train de ronger de l’intérieur le système parlementaire, le vidant de son sens véritable. Selon la presse indienne, cette culture de démocratie dynastique est à l’origine des maux qui grèvent la gouvernance en Inde. La perspective de l’arrivée prochaine au pouvoir d’un héritier au trône n’est peut-être pas étrangère au manque d’autorité politique dont témoigne le Premier ministre Singh face aux graves affaires de corruption impliquant nombre de ses ministres. 

    Curieusement, le livre de Rani Singh passe sous silence ces aspects sombres de la vie politique indienne sur laquelle préside Sonia Gandhi. Plus hagiographique que critique, sa biographie se perd parfois dans des considérations de petite histoire et hésite à aller plus loin que ce que l’histoire officielle donne à voir sur le destin singulier de son héroïne devenue femme politique contre son gré.


    Sonia Gandhi: an extraordinary life, an Indian destiny, par Rani Singh. Préface de Mikhaïl Gorbatchev. Edition Palgrave Macmillan, 2011, $ 26.

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