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Article publié le : jeudi 08 mars 2012 à 09:12 - Dernière modification le : jeudi 08 mars 2012 à 15:54

Chine: les condamnés à mort exécutés, principale source des organes transplantés

Dans un centre hospitalier de Pékin.
Dans un centre hospitalier de Pékin.
AFP PHOTO / Ed Jones

Par RFI

En raison d'un manque criant de dons volontaires, les condamnés à mort exécutés sont encore la principale source des organes utilisés dans les transplantations en Chine. C'est ce qu'a avoué le vice-ministre chinois de la Santé, Huang Jiefu, le 7 mars, cité dans les colonnes du Quotidien des Lois. Pékin avait pourtant interdit le commerce des organes humains dès 2007 et lancé peu après une vaste campagne pour recueillir des dons. Ces derniers restent néanmoins insuffisants : 1,5 millions de patients attendent un don d'organe, selon Chine nouvelle.

De notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Ces propos officiels viennent confirmer ce que les associations des droits de l’homme mais aussi une partie du corps médical dénoncent depuis très longtemps : un marché noir des organes vient palier le manque de dons en Chine, et ces organes sont la plupart du temps ceux des condamnés à mort. Le constat de Huang Jiefu est terrible : « Aujourd’hui, dit le vice-ministre chinois de la Santé, avec l’énorme écart entre la demande et les dons, le marché noir est presque impossible à éliminer ».

Environ 10 000 transplantations sont ainsi réalisées chaque année dans le pays pour 1,5 million de patients en attente de dons selon l’agence Chine nouvelle. Cet aveu d’impuissance, en marge de la réunion du Parlement ici à Pékin, est aussi un signe de la pression de l’opinion publique sur cette question. L’association des médecins chinois a demandé en 2007 à ce que les transplantations d’organes venant des condamnés exécutés soient réservées à leurs proches. En 2007 encore, les autorités ont interdit le commerce des organes humains.

L’interdiction a été doublée d’une grande campagne d’appel aux dons lancée il y a trois ans, mais pour l’instant sans succès. « En Chine, le concept de mort cérébrale reste controversé et mal expliqué dans l’opinion et même chez certains médecins. Nous ne pouvons inviter aux dons qu’après l’arrêt cardiaque du patient et c’est ce que nous faisons depuis deux ans dans 16 régions », précise Huang Jiefu. Ce programme pilote d’information sur les dons d’organes devrait être étendu à tous les hôpitaux chinois dans les 3 à 5 ans promet aujourd'hui le ministère chinois de la Santé.

tags: Chine - Santé et Médecine
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