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    Asie-Pacifique

    En Chine, Bo Xilai, chef du Parti communiste de Chongqing, limogé

    media Bo Xilai, chef du Parti communiste de Chongqing,au cours de la troisième réunion plénière de l'APN, à Pékin le 9 mars 2012. REUTERS/David Gray/

    Le régime chinois qui barre la route à l'un de ses dirigeants potentiels. Bo Xilai, chef du Parti communiste de Chongqing, l’une des plus grandes villes du pays espérait accéder à la tête du bureau politique national à l’occasion du changement d’équipe l’année prochaine, le voilà donc limogé. Le très charismatique et chef de file du courant conservateur au sein du PC Chinois était aussi très controversé depuis la tentative de défection de son ex-bras droit au consulat américain de Chengdu le mois dernier .

    Réactions en Chine 15/03/2012 - par Stéphane Lagarde Écouter

    Les carrières politiques s’achèvent souvent par un communiqué officiel en Chine. La petite phrase de l’agence Chine nouvelle est sur ce point un modèle du genre. L’agence titre sur un « changement rectificatif à la tête du gouvernement de Chongqing » avant ces quelques mots lapidaires : « Ces derniers jours, le Comité central du Parti communiste chinois a décidé que le camarade Bo Xilai ne pourrait plus occuper son poste ».

    Séisme politique

    Ce tremblement de terre politique était en réalité attendu, on parle même plutôt ici d’une réplique. Le véritable séisme ayant eu lieu au début du mois dernier quand l’affaire Wang Lijun a fait trembler la ville rouge. Plusieurs dizaines de véhicules de police entourent le consulat américain de Chengdu par une nuit de février. En quelques heures la nouvelle fait le tour du web : Wang Lijun, le chef de la police de Chongqing et bras droit de Bo Xilai aurait alors tenté de faire défection aux Etats-Unis !

    Cette défection a donc mis fin aux ambitions du chef de file du courant conservateur. Avant cette affaire, Bo Xilai faisait figure de candidats sérieux pour entrer dans le cercle très restreint des membres du comité permanent du PCC l’année prochaine. On ne sait pas encore s’il y aura d’autres répliques au sein de l’appareil du parti. Ceux qui l’ont soutenu, notamment parmi les intellectuels proches du modèle de Chongqing, ont dû sentir passer le vent du boulet.

    Ce matin d’ailleurs la nouvelle est diversement appréciée. Sur internet, certains weibonautes (*) manifestent leur désarroi face à la mise au placard d’un homme encore très populaire notamment pour sa campagne antimafia et la relance de l’esprit révolutionnaire dans sa mégalopole autonome du sud-ouest du pays. « Le parti doit publier les explications qui justifient ce limogeage » demande par exemple un internaute répondant au pseudo de « Da Yu Shen Ying » (« l’aigle de Chongqing »).

    Ces explications ne viendront probablement pas, car elles se trouvent dans les documents remis par Wang Lijun au consulat américain. L’ex-bras droit devenu traître avait alors promis de « tout révéler sur les scandales entourant l’arriviste Bo Xilai ». Depuis, des rumeurs de corruption et même de torture pour éliminer ses ennemis politiques ont couru sur le web, sans jamais être confirmées officiellement. Le PCC aime laver son linge sale en famille. L’affaire du consulat a court-circuité ce ménage en interne, pas question de perdre la face d’avantage ; les dirigeants chinois ne pouvaient prendre le risque de laisser accéder à la tête de l’Etat un homme sur lequel les Etats-Unis disposent d’un dossier.

    Réformateurs contre conservateurs

    L’affaire a donc été réglée au plus haut niveau de l’Etat. C’est le Premier ministre chinois lui-même qui a annoncé hier la chute de Bo Xilai hier lors d’une conférence fleuve devant la presse en clôture de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire à Pékin. « Depuis des années, les précédents gouvernements et le peuple de Chongqing ont fait beaucoup pour faire avancer les réformes chinoises et ils ont obtenu de nombreux succès a déclaré Wen Jiabao. Le gouvernement et l’actuel comité du Parti communiste de Chongqing doivent faire leur autocritique et tirer sérieusement les leçons de l’affaire de Wang Lijun. »

    Le chef du gouvernement incarne l’aile réformatrice du parti, et depuis cette affaire les conservateurs semblent mal en point. En arrivant au poste de secrétaire du PC de Chongqing en 2007, Bo Xilai a discrédité les gouvernements précédents. En lançant sa « campagne antimafia » il laissait entendre que son prédécesseur n’avait pas bien fait le travail. Son prédécesseur n’étant autre que Wang yang le gouverneur libéral du Guangdong, certains voient dans ce limogeage une vengeance des réformateurs. Wang Yang a-t-il lancé une enquête interne sur les agissements du tandem Bo Xilai–Wang Lijun quand il était encore en poste dans la province du Jilin (nord-est). Bo Xilai s’est-il alors senti menacé ? A-t-il voulu sacrifier son bras droit dans sa conquête du pouvoir ? La seule chose avérée, c’est que Wang Lijun s’est bien rendu au consulat américain de Chongqing le 6 février dernier avant d’être emmené à Pékin par la sécurité d’Etat. Wang Lijun a lui aussi été limogé ce jeudi. Signe du discrédit, la dépêche de l’agence officielle le concernant est d’ailleurs encore plus courte.

    Successeur nord-coréanophile

    Mais les conservateurs n’ont pas tout perdu. Fidèle à la règle des grands équilibres, le Parti a nommé l’un des leurs comme successeur à Bo Xilai. Zhang Dejiang a également fait une partie de sa carrière dans la province proche de la Corée du Nord. La biographie présentée par l’agence Chine nouvelle est très succincte. Zhang Dejiang a eu ses premiers postes importants sous le mandat du président Jiang Zemin. Il parle le coréen et pour cause. Après des études à l’université de Yanbian (région autonome de la minorité coréenne au nord-est de la Chine, il fréquente l’Université Kim Il-sung à Pyongyang. Zhang Dejiang a longtemps fait figure de plus proche allié de l’ancien leader nord-coréen Kim Jong-il au sein de l’appareil communiste.

    (*) les utilisateurs du Twitter chinois, Weibo.

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