Revue de presse chinoise - 
Article publié le : vendredi 16 mars 2012 à 17:44 - Dernière modification le : vendredi 16 mars 2012 à 17:44

A la Une, comment interpréter le limogeage de Bo Xilai?

Par RFI

Tous les jours, la revue de la presse chinoise préparée par le bureau de RFI à Pékin.

Les journaux chinois n’ont pas fini d’interpréter la chute du secrétaire du parti communiste de Chongqing. « Que lire dans la chute de Bo Xilai » titre ainsi le South China Morning Post. Ce coup de tonnerre politique laisse éclater au grand jour les luttes internes et fratricides au sein du Parti communiste chinois, estime l’éditorialiste du quotidien de Hong Kong : « Les réformateurs sur le continent ont attendu longtemps pour avoir un signal positif venant de la direction du Parti communiste chinois. Il est venu hier lorsque l’ambitieux chef du parti de Chongqing, Bo Xilai, a été démis de ses fonctions (…). Le plus important dans cette décision(…) est que la lutte entre réformateurs et gauchistes dans la future direction du pays, et jusque-là menée à huis clos, fasse irruption sous les yeux de l’opinion (…) Les gauchistes croient que les réformes sont allées trop loin (…) les réformateurs craignent que, malgré la croissance, la Chine se retrouve confrontée à un avenir incertain si elle n'engage pas un nouveau cycle économique et, plus important encore, des réformes politiques. »

Le retour de la publicité sur les écrans de Chongqing

Quelque chose a donc changé à Chongqing veut croire également le Quotidien du Peuple. Pour l’organe officiel du PCC chinois, la chose qui saute aux yeux c’est le retour de la publicité sur les écrans de la mégalopole du sud-ouest. Hier note le quotidien, après le journal télévisé de TV Chongqing, les téléspectateurs ont été surpris de découvrir une promotion pour l’alcool. L’évènement a également été remarqué par le forum Sina.

Cela fait un an quasiment jour pour jour qu’une telle chose n’était pas arrivée. Depuis mars 2011 en effet, les autorités de la ville rouge avait interdit les publicités à la télévision pour les remplacer par des campagnes de propagande sur les actions de la mairie. La télévision de Chongqing avait alors été rebaptisée la « chaîne rouge » et ses audiences avaient fortement chuté. Il y a six jours encore note le site Fenghuangwang, Bo Xilai réaffirmait sa volonté de supprimer les publicités sur les chaînes publiques.

Une élimination « en douceur»

Pour comprendre encore, le South China Morning Post propose un long papier sur le « flamboyant Bo Xilai ». « Le pire ennemi de Bo, c’est lui-même » titre le quotidien : « Bo Xilai est passé du statut de prisonnier pendant la Révolution culturelle à celui de jeune maire d'une ville portuaire du nord en plein essor et, finalement, à celui d’idéologue ultraconservateur à Chongqing (…) Pour les hauts responsables du Parti son nom a fini par être synonyme de troubles ». L’auteur de l’article revient notamment sur son père révolutionnaire Bo Yibo. La famille emprisonnée pendant cinq ans pendant la Révolution culturelle. Ses habiles capacités de négociateurs également, et son anglais courant qui ont permis dit le journal de « régler de nombreux différends commerciaux avec les Etats-Unis et l’Europe. » Et puis la part d’ombre : ses méthodes peu orthodoxes et « l’utilisation supposée de la torture pour extorquer des aveux ».

« Il ne suit pas les règles et n'aime pas les autres bureaucrates. C'est un problème pour Bo car son style peut facilement attirer les critiques des autres responsables », estime Zhang Lifan cité par le SCMP. Et la porte de sortie alors ? Pour ce membre de l'Académie chinoise des sciences sociales : « Bo devrait connaître un ‘atterrissage en douceur’, ce qui signifie qu'il va rester membre du Politburo, mais il sera progressivement éliminé des instances de pouvoir dans les mois qui viennent ».

1 200 chiens policiers

La ville de Dongguan (Sud) fait régulièrement parler d’elle pour ses obsessions sécuritaires. Après les caméras de surveillance, voici les chiens policiers ! Selon le Jinghua Shibao. La mairie devrait employer 1 200 gardiens à poils dans les deux ans. Six cents chiens devraient accompagner les patrouilles cette année. Selon le service de communication de la police de la ville, 60 agents ont déjà effectué une formation de dresseur à Kunming.

Acide sulfurique au large de Wukan

Un cargo sud-coréen transportant 7 000 tonnes d'acide sulfurique a coulé mardi au large de Shanwei, à environ 120 kilomètres à l'est de Hong Kong rapporte le South China Morning Post. « L'Athéna était porteur de 140 tonnes de carburant non utilisé. Les autorités soupçonnent que l'acide et le carburant pourraient provenir d’une fuite de la cuve. Dix huit marins birmans, quatre indonésiens et quatre sud-coréens sont sains et saufs. Le gouvernement provincial des pêches océaniques et l'administration ont déclaré sur leur site internet mercredi qu'un bateau de pêche chinois avait repéré le navire en difficultés à moins de 15 miles nautiques du port de Jinxiang, non loin du village de Wukan (…) Les inspecteurs de l'environnement ont repéré une tache d'huile couvrant environ cinq ou six kilomètres carrés près de l'épave mercredi. »

Des élections de village autour de Pékin

Les prochaines élections des comités de village dans la région de Pékin doivent se tenir entre octobre 2012 et juin 2013 fait savoir le Xinjingbao. En 2011, le gouvernement a vérifié les comptes de 2 546 comités de village, 69 élus ont été punis en raison de violation des intérêts des villageois affirme le Xinjingbao. 

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