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    Asie-Pacifique

    Elections législatives partielles en Birmanie ce dimanche

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    Plus de six millions de Birmans sont appelés aux urnes dimanche 1er avril 2012, pour des élections législatives partielles. Trente-sept sièges de la chambre basse, six sièges du Sénat et deux sièges régionaux vont être renouvelés. Ce scrutin ne changera pas le visage politique de la Birmanie mais il symbolise la marche  du régime vers une ouverture démocratique.

    Les élections ne portent que sur 45 sièges sur 48, devenus vacants lorsque des députés élus pendant les élections contestées de novembre 2010 sont devenus ministres ou vice-ministres.

    Tous les sièges à pourvoir étaient détenus par des députés issus du parti pro-militaire de l'USDP (le Parti de la solidarité et du développement de l'Union), créé par la junte auto-dissoute en mars 2011. Les militaires birmans ont alors transféré leurs pouvoirs à un gouvernement dit «civil», mais toujours contrôlé par d'anciens militaires.

    Les trois sièges restants seront pourvus lors d'élections qui se tiendront ultérieurement. Le scrutin a été reporté pour des raisons de sécurité dans trois circonscriptions du nord du pays, situées dans l'Etat Kachin, en proie à des combats entre les militaires birmans et les rebelles de l'Armée pour l'indépendance kachine.

    Dix-sept partis, dont six nouveaux, sont en compétition pour les 45 sièges à pourvoir. Et 160 candidats sont en lice ce dimanche.

    Un enjeu symbolique

    Les résultats ne remettront pas en cause la solide majorité acquise au pouvoir en place, car les élections partielles ne concernent qu'un peu moins de 7% du total des sièges de l'Assemblée du Peuple (chambre basse) et de l'Assemblée nationale (chambre haute, Sénat). Le Parlement actuel est dominé à plus de 80% par l'USDP et les militaires : un quart des parlementaires sont des militaires fidèles au gouvernement. Il est évident que les démocrates ne pourront pas renverser à court terme ce rapport de force.

    Sur le plan symbolique, l'enjeu est pourtant très important : les élections apparaissent comme une étape-clé sur la voie de la démocratie, comme un nouveau test de la sincérité des réformes de l'actuel gouvernement, qui a succédé en mars 2011 à la junte au pouvoir depuis 1962.

    Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, le président Thein Sein, ancien général, a engagé une série de réformes, dont la libération de centaines de prisonniers politiques et la signature d'un cessez-le-feu avec les rebelles des minorités ethniques.

    Aung San Suu Kyi face au verdict des urnes

    Le bon déroulement du scrutin est considéré comme essentiel par les Occidentaux, qui en ont fait l'une des conditions nécessaires à la levée des sanctions économiques contre le régime birman, mises en place à la fin des années 1990.

    Elles devraient en outre permettre à la célèbre opposante Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix 1991, icône de la démocratie birmane, de faire son entrée au Parlement.

    Avec les autres députés de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), elle pourra peser sur les textes législatifs et sur la révision de la Constitution. Aung San Suu Kyi avait gagné les élections de 1990, mais la junte au pouvoir à l'époque n'avait pas reconnu le résultat.

    La «Dame de Rangoon» a finalement été libérée en novembre 2010, après plus de 15 années de privation de libertés, dont sept consécutives.

    Des élections sous surveillance

    Le 21 mars, à la suite de l'insistance des gouvernements étrangers et des ONG, le gouvernement de Thein Sein a invité des observateurs internationaux à se rendre en Birmanie. Certaines organisations affirment que cette invitation de dernière minute est trop tardive pour permettre d'assurer un suivi efficace du processus électoral.

    Trois organisations de la société civile birmane se sont alliées afin de former un réseau d'observateurs qui suivra les différentes étapes du vote. Le réseau publiera ensuite un rapport sur la tenue des élections.

    La Ligue nationale pour la démocratie de Suu Kyi a critiqué ces dernières semaines l'attitude des autorités, dénonçant les «conditions inéquitables» de sa campagne électorale. La LND fait état de listes électorales incorrectes et de diverses pressions et irrégularités financières.

    Le président Thein Sein, qui a appelé au respect des résultats des législatives partielles, a reconnu quelques «erreurs inutiles», tout en affirmant que la commission électorale faisait de son mieux pour les corriger.

    Des élections sur fond de tensions ethniques

    Les tensions ethniques restent une réalité en Birmanie : les minorités forment un tiers des 60 millions de Birmans, et certaines d'entre elles n'ont pas encore pacifié leurs rapports avec la majorité ethnique birmane, les Bamar, et luttent pour plus d'autonomie.

    Aung San Suu Kyi, qui à toujours appelé à la fin des affrontements armés et réclamé une solution politique au problème, pourrait jouer un rôle de médiateur entre le gouvernement et les groupes ethniques.

    Tâche extrêmement difficile, d'autant plus que certains leaders ethniques la voient comme un membre de l'élite birmane, qui défend le pouvoir central.

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