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    Asie-Pacifique

    Chine: Ai Weiwei contraint de débrancher les webcams

    media Image webcam sur le site d' Ai Weiwei avant sa fermeture.

    L’opération aura été de courte durée. Quarante-six heures après l’installation de quatre caméras dans son atelier, Ai Weiwei a fermé le site internet où l’on pouvait suivre en continu la retransmission de ses faits et gestes, 24 h sur 24. La dernière installation de l’artiste chinois le plus connu à l’étranger était destiné, disait-il, a tourné en dérision la surveillance dont il fait l’objet de la part du régime.

    La téléréalité Ai Weiwei est donc terminée. Ai Weiwei devant son ordinateur avec son chat, Ai Weiwei dans son lit, Ai Weiwei dans le jardin de son atelier… Le dispositif aura tenu moins de 48 heures. « Nous avons dû fermer le site de retransmission à 22 heures hier soir en raison des pressions exercées par la police et les autorités », a expliqué ce jeudi matin, 5 avril, l’une de ses assistantes jointe à son studio.

    Vie privée / secret d’état

    L’opération était destinée au départ à durer au moins 81 heures afin de symboliser le nombre de jours de détention du peintre, plasticien et sculpteur l’an passé. Mais impossible désormais de se connecter à l’adresse http://weiweicam.com : « Bien sûr je n’ai pas souhaité fermer le site, précise l’artiste sur son compte tweeter. C’est la preuve que la vie privée peut être considérée comme un secret d’Etat en Chine ».

    Même de courte durée, ce pied de nez au gouvernement permet au dissident de dénoncer la surveillance dont il fait l’objet : « Mon téléphone, mon ordinateur sont contrôlés et chaque jour je suis filé (…) Je leur ai expliqué : la caméra que j'ai installée dans ma chambre à coucher est exactement la même que celle que j'avais au-dessus de ma tête durant mes 81 jours de détention. Donc je vous fais une faveur en vous permettant de conserver une surveillance rapprochée de mes faits et gestes », raconte celui qui, fin janvier dernier, a été accusé d’avoir voulu démonter l’une des 15 caméras de surveillance installées face à son portail.

    Depuis la fermeture le 28 mai 2009 de son blog sur sina.com, le nom du concepteur du stade du nid d’oiseau a disparu du web chinois. Ce qui n’empêche pas de jouer au chat et à la souris avec les censeurs : « Ai Weiwei ne peut pas se rendre à l’étranger, il ne peut pas quitter Pékin et ne peut pas parler aux médias », pouvait-on lire le 28 juin dernier sur un autre blog aujourd’hui en sommeil car rendu inaccessible sans VPN depuis la Chine continentale.

    Pour contourner l’interdit, le dissident s’est entouré de plusieurs assistants chargés de gérer sa communication. A chaque fois qu’il fait l’objet de pressions, les caméras de la sécurité publique installées devant son atelier de Caochangdi au nord-ouest de la capitale chinoise enregistrent l’arrivée des correspondants étrangers. Les médias doivent parfois patienter plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour obtenir un entretien. Ce qui a valu d’ailleurs cette pirouette de Liu Xiaoming devant la télévision anglaise en janvier dernier : « Ai Weiwei dit ne pas pouvoir s’exprimer librement », a alors répliqué l’ambassadeur chinois au Royaume-Uni dans des propos rapportés par le Quotidien du Peuple, « mais dans ce cas comment savez-vous ce qu’il a dit ? ».

    Culte de la transparence face à l’obsession du secret

    A l’opacité sécuritaire et l’obsession du secret des autorités, il oppose le culte de la transparence. Comme Andy Warhol autrefois et de nombreux artistes contemporains, Ai Weiwei a fait de sa vie son œuvre. Nu sur des photos critiquées par le pouvoir, le plasticien devient aussi régulièrement documentariste et filme à l’aide d’une petite caméra les entretiens qu’il accorde aux journalistes. Ce n’est plus un « gazouillis », mais une véritable mélopée ! Coupé du net chinois, Mr. Ai « tweete » comme il respire. Ses équipes étant chargées de poster ou de retweeter en permanence des messages sur le réseau social américain, censuré en Chine mais toujours accessible au moyen de logiciel VPN. Nous sommes toutefois loin des 13 millions d’abonnés à son blog sur sina.com, puisque son compte Tweeter @aiww affichait ce jeudi un peu plus de 135 300 « suiveurs ».

    « Depuis que j’ai été introduit à internet, je suis littéralement tombé amoureux de ce media. Je pense qu’il est le plus important mode de communication et qu’il a complètement changé le paysage de notre savoir et de nos expressions. En fait, j’ai toujours pensé qu’en tant qu’artiste, je devais trouver un nouveau moyen pour m’exprimer mais aussi pour communiquer avec les gens qui ne sont pas forcement des artistes. (…) Il y avait mon travail sur le tremblement de terre à Sichuan, les enquêtes citoyennes, tout cela passait par internet. Nos échanges sur internet ont généré beaucoup d’énergie sociale et politique. C’était le premier mouvement civil qui a réussi avec une technologie virtuelle. […] Plus personne ne peut nous arrêter, même s’ils me mettent en prison, ils ne savent pas comment arrêter le mouvement », expliquait-il fin décembre 2011, dans un entretien accordé à RFI.

    L’internet comme arme pour alerter l’opinion publique. Accusé par le fisc de ne pas avoir payé ses impôts l’an dernier, Ai Weiwei a une nouvelle fois fait appel aux internautes. Les dons de 30 000 Chinois ont alors permis de payer la garantie et de faire appel du jugement. La procédure est toujours en cours.

    Chronologie et chiffres clés
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