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    Asie-Pacifique

    En Chine, les appels au rassemblement du «35 mai» tués dans l’œuf

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    Un nouveau rassemblement à la bougie a lieu ce lundi 4 juin 2012 depuis 20 heures au parc Victoria de Hong Kong, dans le cadre des commémorations du 23e anniversaire du Printemps de Pékin. En Chine continentale, la moindre allusion au 4 juin 1989 est totalement interdite. Et les contrôles ont encore été renforcés suite à l’appel lancé sur Internet par des associations de dissidents, basés aux Etats-Unis, qui invitaient non pas à manifester mais à se « promener vêtus de noirs » dans les grandes villes du pays.

    14 heures ce lundi. La place Tiananmen, au cœur de Pékin, est aussi tranquille qu’à l’habitude. Dans l’air lourd de ce début d’été, un défilé de casquettes et uniformes verts foncés vient nourrir la mémoire des centaines de caméras de surveillance juchées sur les lampadaires et les bâtiments alentours.

    Comme toute l’année, une dizaine de véhicules de la police armée sont postés dans les contre-allées non loin des bouches de métro ; les mêmes barrières sont là pour canaliser le torrent des badauds avalé par le mausolée de Mao et les ponts de pierre de la Cité interdite. Rien de plus que d’ordinaire, rien de moins non plus. Voilà 23 ans que la plus grande esplanade du monde fait comme si de rien n’était.

    Chaque année, ici, tous les 4 juin, des dizaines de milliers de personnes se réunissent en souvenir des martyrs.
    Le massacre de Tiananmen en Chine commémoré à Hong Kong 11/10/2013 - par Florence de Changy Écouter

    Course de vitesse sur le Net

    Seuls peut-être quelques policiers repérés par les internautes du côté de l’avenue Jianguomen ainsi que près de l’hôtel de Pékin viendraient contredire ce calme trompeur et presque suspect. C’est en effet depuis les fenêtres de ce grand rectangle gris à l’est de Tiananmen qu’ont été prises les photos de l’étudiant bloquant les chars le 4 juin 1989. Mais pour le reste, le décor reste figé.

    L’appel du « mouvement du jasmin chinois », relayé par le site d’information Boxun basé aux Etats-Unis, n’a donc pas été suivi d’effets. Comme lors des Printemps arabes l’an dernier, le site de la dissidence invitait ses lecteurs à venir se promener en silence dans les grandes villes de Chine après le déjeuner, et si possible revêtus de noir en signe de deuil. Seule une minorité de Chinois dotée de logiciels permettant de contourner la censure en aura été informée.

    Le régime chinois continue en effet d’empêcher toute allusion aux « évènements du 4 juin » dans les médias et sur Internet. Depuis ce dimanche soir, les adresses IP de Hong Kong ne sont plus, en effet, autorisées à poster des images sur les réseaux sociaux et les termes « place », « Tiananmen », « Printemps de Pékin », « » et « » (4 juin), « bougies » restent plus que jamais proscrits des moteurs de recherche.

    Afin de contourner la censure, cette année encore les weibonautes ont rivalisé d’imagination avec des messages dignes de Radio Londres : « Aujourd’hui je me suis acheté un crabe de rivière qui a 4 pattes d’un côté et 6 de l’autre », écrivait ainsi ce lundi matin un internaute. Le crabe de rivière étant l’autre nom donné aux cybers censeurs.

    Le grand jeu consiste également à prendre de vitesse les contrôleurs du Web. Un exercice de rapidité un peu comme aux cartes, où les messages qui risquent d’être effacés sont immédiatement repostés de manière à noyer les censeurs sous un flux d’informations.

    Tiananmen version lego

    « Mes amis, aujourd’hui ne travaillez pas, ne parlez pas. Vous avez le droit car ce jour n’a jamais existé dans l’histoire de Chine », plaisantait ce lundi matin un autre petit malin du Net. « J’ai tenté de reposter ce court message et j’ai reçu un avertissement de Sina.weibo qui m’a supprimé mon texte ainsi que le message originel », confie Renaud de Spens, spécialiste du Web chinois.

    « Malgré cela, je continue de penser que la censure est dépassée », poursuit-il. Le sinologue s’est amusé à publier, juste derrière, une image tronquée d’une publicité pour une célèbre marque de bière contenant « 64 » dans son logo. Et la photo est passée. Idem pour un « 6-4 » géant (voir le diaporama ci-dessous).

    Mesures de « guerre »

    « Pan t’es mort ! » Un happening ce dimanche soir dans les rues de Hong Kong. A la lumière des enseignes aux néons, une poignée d’étudiants rejoue la répression de 1989 en chanson (voir la vidéo ci-dessous). D’autres vont visiter le musée du 4 juin. Créés par l’alliance des mouvements démocratiques de Chine, ces 1 000 m2 d’appartements au premier étage de la rue Yu Chau sont la seule institution de Chine qui commémore les évènements du 4 juin. La nouvelle exposition aurait reçu 6 000 visiteurs depuis fin avril dont un quart de continentaux, affirme son directeur.

    Sur le continent en revanche, des contrôles et des arrestations ont été menés de manière préventive pour contenir toute velléité de rassemblement. Impossible également de joindre Ding Zilin. Le téléphone de la fondatrice du groupe des « mères de Tiananmen » est aux abonnés absents depuis plusieurs jours. Selon ses proches, l’ancienne professeure de philosophie aurait été placée à l’isolement pour l’empêcher de répondre aux sollicitations des médias étrangers.

    Entre le 28 mai et aujourd’hui, des mesures de « guerre » sont prises pour assurer l’harmonie dans la capitale, assure le site Internet du bureau de la sécurité du quartier de Tongzou à l’est de Pékin. Dans chaque district, les volontaires bénévoles aux brassards rouges sont chargés de « rapporter immédiatement aux autorités supérieures » toute activité jugée suspecte de jour comme de nuit.

    Vers 1 heure du matin, un pétitionnaire venu de Shanghai aurait ainsi été sévèrement battu dans le quartier de Yongdingmen, rapporte le site Boxun. 300 pétitionnaires se sont rassemblés pour le soutenir ce matin au sud du troisième périphérique de la capitale. La manifestation a aussitôt été dispersée, précise Jin Fenghua, qui venait d’être amenée au commissariat de police lorsque nous l’avons joint au téléphone.

    Des centaines de pétitionnaires, qui voulaient se joindre à ces commémorations interdites dans la capitale, ont ainsi été renvoyés dans leur province. Les « brassards rouges » étant encore ce lundi bien plus nombreux en ville que les « habits noirs ».

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