Birmanie - 
Article publié le : samedi 07 juillet 2012 à 06:59 - Dernière modification le : samedi 07 juillet 2012 à 06:59

Birmanie : une situation humanitaire toujours critique dans l'Etat d'Arakane

La police frontalière du Bangladesh surveille des membres de la communauté rohingya, à Teknaf, le 18 juin 2012.
La police frontalière du Bangladesh surveille des membres de la communauté rohingya, à Teknaf, le 18 juin 2012.
REUTERS/Andrew Biraj

Par RFI

En Birmanie, la situation reste tendue dans le nord de l’Etat d’Arakane, frontalier du Bangladesh. Début juin, des violences avaient opposé des membres des communautés musulmanes et bouddhistes, faisant près de 80 morts. Les affrontements ont cessé avec l’intervention de l’armée. Mais des milliers de personnes sont déplacées et des centaines de personnes auraient été arrêtées.

Les affrontements communautaires dans le nord de l’Etat d’Arakan ont cessé mais plusieurs ONG signalent des centaines d’arrestations au sein de la minorité musulmane rohinguas. Et les populations sont plus divisées que jamais, explique Phil Robertson, responsable adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie.

« Beaucoup de Rohinguas ont dû quitter Sittwe, la capitale provinciale, et les bouddhistes qui ont subi les violences de certains Rohingyas sont inquiets et ne veulent plus les voir dans les parages, relate Phil Robertson. L'armée a donc mené une séparation forcée des communautés dans certains endroits. Le problème, c'est qu'il y a des zones où des officiels locaux, connus pour avoir persécuté les Rohingyas, prennent toujours parti contre eux. »

Les humanitaires ont encore du mal à travailler sur place. Dix employés locaux de l’ONU et de Médecins sans frontières (MSF) ont été arrêtés. MSF a 350 personnes sur le terrain, dont certaines sont injoignables depuis les violences du mois dernier.

Joe Bolliveau, directeur des opérations de MSF Pays-Bas, le déplore : « Certains villages sont totalement isolés. Ca montre à quel point certaines communautés sont coupées du monde. Je m'inquiète de plus en plus pour l'accès des habitants à la nourriture et aux soins de santé, et il est possible que des personnes blessées ne puissent pas recevoir de soins. »

En Birmanie, la situation dans l’Etat d’Arakane suscite un violent débat, y compris au sein du parti de l’opposante Aung San Suu Kyi. Le sujet doit d'ailleurs être débattu au Parlement dans les prochaines semaines.

tags: Aung San Suu Kyi - Birmanie - ONU - Religion - Santé et Médecine
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