L'OMS décriée après la mort de 64 enfants cambodgiens infectés par l’entérovirus 71
Au Cambodge, le mystère planait sur la mort de 64 enfants entre fin avril et fin juin. Ces enfants, très jeunes (entre 2 et 4 ans), souffraient d’encéphalite. Dans les heures qui précédaient leur décès, le même symptôme : destruction des alvéoles de leurs poumons. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué de presse le 2 juillet, suscitant la rumeur d’une nouvelle maladie et, évidemment, beaucoup d'inquiétude. Les premiers résultats d’analyse dévoilés ce dimanche 8 juillet font état d’une maladie pourtant bien connue.
Avec notre correspondante à Phnom Penh, Anne-Laure Porée
Les résultats ont été transmis tard dans la nuit de samedi à dimanche, par l’Institut Pasteur de Phnom Penh. Ils confirment la présence de l’entérovirus 71. Cela signifie que les 64 enfants cambodgiens sont morts d’une forme sévère de l’infection par ce virus.
Même si de nombreuses questions restent ouvertes, ce constat médical devrait mettre un terme aux rumeurs de maladie émergente, qui se répandaient depuis une semaine.
Il devrait également rassurer les responsables de la santé publique, autant que la population. Car cette maladie est bien connue des médecins. De nombreux cas sont actuellement relevés au Vietnam ou en Chine.
« La déclaration de l’OMS n’était ni professionnelle, ni nécessaire mais elle a causé de la panique pour rien », dénonce le docteur Beat Richner, fondateur des hôpitaux qui traitent 85% des enfants malades au Cambodge.
L’OMS invoquait, ce samedi, une règle de procédure. Dans le monde de la santé, cet argumentaire irrite. Certains rappellent les campagnes alarmistes de l’organisation contre la grippe aviaire. D’autres pointent son absence face à l’épidémie de dengue, qui touche des milliers d’enfants dans le pays.

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