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    Asie-Pacifique

    Quelle stratégie énergétique au Japon après Fukushima?

    media Installation à grande échelle de panneaux solaires à Kyoto, le 1er juillet 2012. AFP/ KAZUHIRO NOGI

    Depuis le début de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, le 11 mars 2011, le Japon est divisé et doit repenser toute sa stratégie énergétique. Aujourd'hui, à l’heure où le gouvernement tente de relancer ses réacteurs, des manifestations populaires de plus en plus importantes demandent la sortie du nucléaire. Un Japon qui peine à se projeter différemment dans l'avenir mais qui comprend que, quels que soient ses choix énergétiques, il y aura dorénavant un « avant » et un « après » Fukushima.

    Une mobilisation historique

    Face à la décision du gouvernement de relancer progressivement ses réacteurs nucléaires avec le redémarrage des réacteurs 3 et 4 de la centrale de Ohi, les manifestations antinucléaires se multiplient et gagnent en importance. Ce que traverse le Japon actuellement, c’est une mobilisation historique pour ce pays déjà traumatisé par les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki et aujourd'hui confronté à la catastrophe de Fukushima. Une catastrophe toujours en cours avec la fonte des réacteurs 1, 2 et 3 et avec la piscine du réacteur 4 toujours menaçante. Cette centrale a failli mettre le Japon à genoux, elle continue de polluer l’environnement et a gravement contaminé le milieu marin ainsi qu’une importante région du centre du pays.

    Une terre contaminée où la population prise au piège a perdu confiance dans le gouvernement et dans les acteurs de cette industrie. Le mouvement de contestation a commencé avec la révolte des « mamans de Fukushima » et s’est étendu aujourd’hui à une large partie de la population qui refuse le nucléaire et qui se dit choquée par le passage en force du gouvernement pour relancer cette industrie.

    Avant Fukushima

    La remise en question du nucléaire par une partie de la population est un phénomène récent dont le développement est directement lié à la catastrophe de Fukushima. Car jusqu'à ce 11 mars 2011, la stratégie énergétique semblait être tracée pour de nombreuses décennies.

    Comme le pays ne dispose pas de ressources fossiles de type gaz, pétrole ou charbon, le Japon a toujours dû importer la quasi totalité de son énergie, et très tôt la question de sa sécurité d'approvisionnement et de son efficacité énergétique s'est posée.

    Pour y répondre et pour soulager sa dépendance aux énergies fossiles, seules alternatives envisagées, le Japon va principalement miser sur le nucléaire et va développer un programme nucléaire assez proche de celui de la France.

    En 2010, le Japon dispose de 54 réacteurs sur 18 sites qui couvrent 27% des besoins énergétiques, et avec ses 50 Gigawatts, le Japon devient la troisième puissance nucléaire du monde après les Etats-Unis et la France. Il poursuit une politique énergétique très favorable au nucléaire car il envisage dans cette perspective une montée en puissance qui devrait permettre de couvrir 50% des besoins électriques du pays à l’horizon 2030.

    Dans le même temps, le reste des besoins est couvert par la consommation de produits fossiles, chers et polluants et la contribution des énergies renouvelables est alors très marginale et couvre moins de 3% des besoins.

    Le Japon devient une puissance économique et industrielle moderne, tout en devenant un très mauvais élève du développement durable, ne se préoccupant pas, par exemple, de l’isolation thermique dans les bâtiments. Conséquence : dans les villes, les hautes tours vitrées sont très froides en hiver, il faut donc les surchauffer. Elles sont en revanche très chaudes en été, il faut donc les sur-climatiser. Une stratégie très gourmande en énergie, qui est toujours utilisée, notamment pour justifier la poursuite du nucléaire.

    L’arrêt du nucléaire

    Suite au séisme du 11 mars 2011, plusieurs réacteurs ont été arrêtés, mais au vu de la gravité de la catastrophe de Fukushima et sous la pression des populations qui ont en grande partie perdu confiance dans cette technologie, le gouvernement a continué à arrêter des réacteurs pour réaliser des opérations de maintenance et pour des tests de sécurité. Mais la remise en marche d’un réacteur est soumise à l’autorisation des autorités locales. Dans le contexte actuel, ces autorisations ont été plus difficiles à obtenir. Du coup, le Japon a vu l’ensemble de son parc nucléaire s’éteindre le 5 mai dernier.

    Ce manque énergétique a été compensé par des économies d’énergie demandées aux entreprises et par un achat important de pétrole, de charbon et de gaz qui a coûté très cher au Japon et qui a mis pour la première fois de son histoire sa balance commerciale en négatif.

    Perspectives d’avenir

    Si on considère, d’après de nombreux experts qui prônent une approche plus « verte » de ces questions, que pratiquement 50% de la réponse est dans les économies d'énergies, cela ne pourra se traduire que par un changement important de la stratégie énergétique et par une forte volonté politique, et démocratique, en ce qui concerne le nucléaire.

    Les ressources fossiles sont condamnées à terme, par conséquent, le Japon va devoir se tourner vers des « mixes » énergétiques où l'énergie renouvelable prendra une part croissante.

    Un dispositif, qui vient d'entrer en application le 1er juillet, oblige les compagnies à acheter le courant produit par le solaire, l'éolien ou la biomasse à un tarif plus élevé que celui du marché pour favoriser son essor. La prochaine révolution au Japon sera peut-être cela : le développement de l'énergie renouvelable.

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