Thaïlande : pour la Cour constitutionnelle, le parti gouvernemental ne veut pas renverser le régime
En Thaïlande, la tension politique qui s’était accumulée depuis plusieurs semaines autour d’un projet de loi d’amendement constitutionnel est brutalement retombée. Le parti gouvernemental Peua Thai était accusé par l’opposition de vouloir renverser la monarchie constitutionnelle sous couvert de réforme de la Constitution. La Cour constitutionnelle a jugé que cela n’était pas le cas.
Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus
Il y a quelques jours encore, certains n’hésitaient pas à évoquer une possible guerre civile. Et dès vendredi matin, des manifestants « chemises rouges », partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, s’étaient rassemblés en force devant la Cour constitutionnelle. L’enjeu était de fait important car si la cour jugeait que le parti gouvernemental Peua Thai, dirigé par la sœur de Thaksin, laquelle est aussi Premier ministre, envisageait un changement de régime politique, le parti aurait été dissous et ses leaders interdits d’activité politique pour cinq ans.
Les juges ont finalement estimé que le projet de loi d’amendement constitutionnel engagé par le parti Peua Thai ne visait pas à renverser la monarchie constitutionnelle. Ce verdict a, d’un seul coup, désamorcé la situation - très tendue depuis plusieurs semaines - entre les « chemises rouges » et les tenants de l’establishment royaliste.
Une manifestation massive qui aurait pu rassembler des dizaines de milliers de personnes vendredi soir devant le siège de la cour a été annulée. Ce jugement provoque donc un apaisement à court terme, mais la crise politique, qui s’articule autour d’un face-à-face entre élites traditionalistes et partisans d’une plus grande égalité sociale, n’est en rien résolue.

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