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Article publié le : mardi 17 juillet 2012 à 13:19 - Dernière modification le : mardi 17 juillet 2012 à 17:24

Le soldat afghan qui a tué cinq militaires français, condamné à mort

Nicolas Sarkozy rendant hommage aux 4 soldats français tués en Afghanistan, à Varces, le 25 janvier 2012.
Nicolas Sarkozy rendant hommage aux 4 soldats français tués en Afghanistan, à Varces, le 25 janvier 2012.
REUTERS/Philippe Wojazer

Par RFI

Le soldat de l'armée afghane qui avait tué cinq militaires français le 20 janvier dernier a été condamné à mort. L’annonce est faite ce mardi 17 juillet par le ministère afghan de la Défense. Les soldats français faisaient un footing sur leur base de Gwan quand Abdul Sabor a ouvert le feu. Quatre soldats avaient trouvé la mort, le cinquième était décédé quelques semaines plus tard. L'événement avait déclenché la décision du retrait anticipé des troupes françaises d'Afghanistan.

Avec notre correspondant à Kaboul, Nicolas Ropert

Abdul Sabor était enfermé depuis près de six mois à Pul-i-Charki, la prison de Kaboul. Le 20 janvier dernier, ce soldat de 21 ans de l'armée afghane avait ouvert le feu sur un groupe de militaires français sur la base de Gwan dans le district de Surobi.

Le groupe faisait un footing sans protection particulière. Quatre soldats meurent sur le coup. Un cinquième, grièvement blessé, succombe de ses blessures quelques semaines plus tard.

Arrêté, le soldat afghan confie avoir réagi à une vidéo de militaires américains urinant sur des corps d'insurgés afghans. Suite à cet événement, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, annonce le retrait des forces françaises à la fin de l'année 2013, soit un an plus tôt que le reste de la coalition. Son successeur, François Hollande, avancera d'un an encore le départ des troupes françaises du pays.

Abdul Sabor a été condamné par un tribunal militaire à la peine de mort. Il devrait pouvoir faire appel, assure une juriste en Afghanistan. La sentence doit encore être confirmée par le président de la République pour être effective. Hamid Karzaï rechigne à signer les décrets d'exécution, affirme cette avocate à RFI. Mais vu les circonstances, il n'aura peut-être pas le choix.

La dernière exécution effectuée en Afghanistan remonte à 2008. Depuis, plusieurs prisonniers attendent de subir le même sort.

Quand l'Afghanistan était au cœur de la campagne présidentielle

« Inacceptable », c'est le mot que Nicolas Sarkozy avait employé à l'époque pour qualifier la tuerie. En colère, l'ex-président français avait suspendu un temps les opérations de formation de l'armée française en Afghanistan. Il exigeait plus de sécurité pour les soldats. Le 27 janvier, une semaine après l'attaque, Nicolas Sarkozy confirmait le retrait anticipé des troupes françaises et la reprise de la mission dans le pays.

A l'époque, la campagne présidentielle battait son plein. La guerre en Afghanistan, impopulaire, coûte cher en hommes et en ressources. L'adversaire du président sortant, François Hollande, avait fait du retrait d'Afghanistan un thème de campagne. Le socialiste promettait qu'il « n'y aurait plus de troupes françaises dans le pays à la fin de l'année 2012 ».

Aujourd'hui élu, François Hollande a donné son calendrier pour un retrait conforme à ses promesses. Entre juillet et décembre, 2 000 soldats sur les 3 500 présents en Afghanistan regagneront la France. Les 1 500 hommes restant se chargeront de rapatrier le matériel. La France souhaite rester présente dans le pays. Mais uniquement pour former l'armée afghane ou pour jouer un rôle dans l'éducation ou la culture.

87 soldats français sont morts en Afghanistan depuis le début du conflit.

tags: Afghanistan - France - François Hollande - Hamid Karzaï - Justice - Nicolas Sarkozy
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