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Article publié le : mercredi 18 juillet 2012 à 13:01 - Dernière modification le : jeudi 19 juillet 2012 à 06:33

Affaire Bo Xilaï: le Français Devillers de retour en Chine de son plein gré

L'ex-étoile montante du Parti communiste Bo Xilai (à gauche) et son ancien bras droit Wang Lijun (à droite).
L'ex-étoile montante du Parti communiste Bo Xilai (à gauche) et son ancien bras droit Wang Lijun (à droite).
REUTERS/Stringer/Files

Par RFI

Patrick Henri Devillers a été libéré mardi 17 juillet au soir et a quitté Phom Penh pour la Chine, a fait savoir le chef adjoint de la police nationale cambodgienne. L’architecte français avait été arrêté le 13 juin dernier à la demande de la Chine, comme témoin dans l’affaire « Bo Xilaï », le plus gros scandale politique qu’ait connu la Chine ces vingt dernières années. S’en est suivi un imbroglio diplomatique entre la Chine et la France. Ce mercredi, Patrick Henri Devillers est en Chine où il s'est « rendu volontairement », a confirmé le ministère des Affaires étrangères français.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Ce retour en Chine n’entre pas dans le cadre d’une demande d’extradition. « De son plein gré », c’est en effet ce qu'a affirmé le chef de la police nationale cambodgienne. C’est aussi ce qu’avait annoncé ce mardi le ministre cambodgien de l’Information, Khieu Kanharith, dans un message écrit au Cambodia Daily.

C'est enfin ce qu'a déclaré le ministère des Affaires étrangères français ce mercredi : « M. Devillers nous a fait part, à plusieurs reprises, de son souhait de se rendre volontairement en Chine pour collaborer avec la justice chinoise. »

Bernard Valero

Porte-parole du ministère français des Affaires étrangères

Notre ambassade à Pékin prendra le relais en matière de protection consulaire pour notre compatriote dès le début de son séjour en Chine.

 

18/07/2012 par Jelena Tomic

Toute la question est maintenant de savoir quel accord a été passé entre l’intéressé et les autorités chinoises qui ont changé de ton la semaine dernière. Cette fois, Pékin parlait « d’invitation » adressée à l’architecte français qui serait donc invité à venir s’exprimer sur un crime commis en Chine. Devillers a-t-il obtenu une immunité en échange ? La question reste, pour le moment, sans réponse.

« Manquement au règlement du Parti »

Le crime évoqué par les Chinois, c’est l’affaire Bo Xilaï. Le Français est un ami de la famille Bo Xilaï, l’ancien secrétaire du Parti communiste de la ville de Chongqing, une figure politique très importante, jusqu’à sa destitution en mars dernier.

L’architecte français était un proche de Gu Kailaï, l’épouse de ce dirigeant soupçonnée dans le cadre d’une affaire de meurtre. C’est une affaire très opaque comme tout ce qui touche au sommet du Parti. Bo Xilaï fait partie du clan des conservateurs. Il a été accusé officiellement de manquement au règlement interne du Parti, expression qui, dans le jargon officiel, est souvent synonyme de corruption.

Il a disparu avec ses proches au lendemain de l’Assemblée nationale populaire en mars dernier. Des sites d’opposants en exil le disaient ce mardi hospitalisé à Pékin. On attend toujours par ailleurs le procès de son ex-bras droit, l’ancien chef de la police de Chongqing, Wang Linjun.

Il était annoncé initialement pour la fin du moins de juin. C’est dans ce cadre que devrait s’exprimer Patrick Henri Devillers, lequel a passé plus d’un mois en rétention au département de l’immigration à Phnom Penh, après avoir été arrêté le 13 juin dernier dans un restaurant de la capitale cambodgienne.

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