Chine - 
Article publié le : vendredi 27 juillet 2012 à 04:45 - Dernière modification le : samedi 28 juillet 2012 à 06:15

Chine: l'épouse de l'ex-cadre du PC chinois Bo Xilai accusée du meurtre d'un Britannique

Bo Xilai (d) et sa femme Gu Kailai, photo non datée.
Bo Xilai (d) et sa femme Gu Kailai, photo non datée.
Reuters/路透社

Par RFI

La Chine va traduire en justice pour homicide volontaire l’épouse de Bo Xilai, cette étoile montante du Parti communiste déchue au printemps dernier. Gu Kailai est accusée d’avoir empoisonné à mort un Britannique, avec l’aide de l’un de ses domestiques. L’agence de presse Chine nouvelle a annoncé le 26 juillet la tenue prochaine de ce procès. L’objectif de Pékin est de mettre un terme, le plus rapidement possible, à cet énorme scandale politique, le plus gros qu’ait connu la Chine ces vingt dernières années.

Avec note correspondante à Shanghai, Delphine Sureau

« Les circonstances du crime sont claires, et les preuves, conséquentes et irréfutables ». Les mots de Chine nouvelle sonnent comme un réquisitoire. Selon l’agence de presse officielle, Gu Kailai, avocate de renommée internationale, auteure de best-sellers, était en conflit avec le Britannique Neil Heywood sur des intérêts économiques.

Ce dernier, chargé de placer à l’étranger l’argent de l’épouse de Bo Xilai, aurait été empoisonné avec l’aide de Zhang Xiaojun, l’un des domestiques de la famille, qui se retrouve aussi sur le banc des accusés. Le duo risque la peine de mort, à l’issue d’un procès qui se tiendra loin de Pékin, la capitale, mais dans la discrète ville de Hefei, à l’est de la Chine. Quand ? La date reste officiellement à déterminer, probablement vers le 7 ou 8 août, confie un avocat de la famille Bo.

« Chacun est égal devant la loi », commente ce matin le journal Global Times, ajoutant que ce procès doit, par sa transparence, renforcer la confiance en la justice. Pékin cherche surtout à éviter les considérations politiques, et tente d’en finir avec le scandale Bo Xilai avant le Congrès national du Parti communiste en octobre, où sera dévoilée la future équipe dirigeante de la Chine.

Jean-Philippe Béja

Directeur de recherche au CNRS

D’habitude, quand on veut se débarrasser de quelqu’un, il y a deux solutions : l’une c’est la corruption, l’autre c’est l’affaire de droit commun. En l’occurrence on est passé par les deux phases (…) L’accusation de meurtre vient effectivement un peu tard puisque le meurtre a eu lieu au mois de novembre, c’est évidemment lié à l’affaire Bo Xilai qui a éclaté en mars de cette année.

 

27/07/2012 par Christophe Paget

tags: Chine - Justice
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