Des nationalistes chinois débarquent dans un archipel disputé par la Chine au Japon
La date n’a certainement pas été choisie au hasard. Ce mercredi 15 août, jour anniversaire de la capitulation du Japon en 1945, une poignée de militants nationalistes chinois, venus de Hong Kong et de Macao, ont débarqué dans l'après-midi sur un îlot de l’archipel Senkaku, appelé aussi Diouyu par les Chinois. Ces rochers en mer de Chine orientale sont disputés par Pékin à Tokyo. La Chine avait demandé plus tôt dans la journée à ce que rien ne soit entrepris qui mette en danger la sécurité de ses ressortissants.
Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles
Ces militants sont venus de Hong Kong à bord d’un bateau de pêche chinois, lequel aurait été suivi par douze navires des garde-côtes japonais, plus un hélicoptère. Un déploiement qui n’a pas empêché ces militants appartenant à un groupe nationaliste de Hong Kong et de Macao de rejoindre l’un de ces îlots inhabités mais riche en gaz naturel et en pétrole.
L’action de ces militants a lieu le jour anniversaire de la capitulation du Japon en 1945 alors que des parlementaires japonais s’apprêtent à visiter ces îles, que le gouverneur de Tokyo entend de son côté racheter à son propriétaire japonais.
Avant la découverte d’hydrocarbures, la Chine ne s’intéressait pas à ces îles Senkaku. Depuis lors, la tension est montée autour d’elle. En 2010, un bateau de pêche chinois avait heurté deux navires des garde-côtes japonais.
Cette action de ces militants intervient après la visite dans d’autres îles proches du Japon, contestée par le président sud-coréen, et la décision de la Russie de renforcer sa présence militaire autour des îles Kouriles, sous occupation russe depuis 1945, mais revendiquées par le Japon.
La chine va porter plainte contre le Japon
La Chine a annoncé, ce mercredi en fin d'après-midi, qu'elle allait déposer une plainte à l’encontre de Tokyo après l'arrestation des militants nationalistes chinois. Selon l’agence Chine nouvelle, le ministère des Affaires étrangères chinois était en train de prendre contact avec le Japon mais il n'a pas donné plus de détails sur les actions qui pourraient être entreprises par Pékin.
Un débarquement scrupuleusement suivi du côté chinois |
Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde Le chalutier n’a pas pu accoster directement en raison de la présence des garde-côtes japonais. C’est donc à la nage que les sept militants chinois ont tenté de débarquer en fin d’après-midi sur l’un des îlots de cet archipel disputé par la Chine au Japon.
La presse officielle chinoise suit de près le parcours du navire numéro 2 du « comité de protection des îles Diaoyu » depuis son départ de Hong Kong dimanche. Selon la télévision centrale de Chine, le bateau de pêche chinois a été « attaqué » à son arrivé par « plusieurs navires japonais ». Les militants ont alors répliqué avec des bombes à eau. Cinq d’entre eux ont été interpellés et sont détenus « illégalement » selon Pékin.
La presse chinoise a pris le soin, chose rare, de qualifier le groupe nationaliste « d’activistes hongkongais », mais ce mercredi, c’est bien de ressortissants chinois dont il était question lors du point presse du porte-parole de la diplomatie chinoise. Ce dernier mettant en garde Tokyo contre toute action qui pourrait nuire à la sécurité des activistes.
Dernièrement, Pékin avait formulé la même mise en garde suite aux propos du Premier ministre japonais qui se disait prêt à utiliser la force pour défendre la souveraineté de l’archipel. Il y a six ans, un groupe de nationalistes parti de Hong Kong était parvenu à planter le drapeau chinois sur l’un des îlots. |

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