Chine / Japon - 
Article publié le : dimanche 19 août 2012 à 14:37 - Dernière modification le : dimanche 19 août 2012 à 14:37

Protestation de la Chine et manifestations contre le débarquement japonais dans les îles Senkaku

Des manifestants antijaponais défilent à Shenzen, le 19 août 2012.
Des manifestants antijaponais défilent à Shenzen, le 19 août 2012.
REUTERS/Tyrone Siu

Par RFI

La Chine a fait part ce dimanche 19 août de ses plus fermes protestations auprès de Tokyo, suite au débarquement ce même jour d’une dizaine de nationalistes japonais sur les îles Senkaku, appelées aussi Diaoyu par les Chinois. Le ministère chinois des Affaires étrangères a demandé à ce que cesse toute action portant atteinte à sa souveraineté territoriale. Des manifestations anti-japonaises ont éclaté dans plusieurs villes.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Les manifestations anti-japonaises prennent de l’ampleur en Chine. D’une vingtaine de personnes devant l’ambassade du Japon à Pékin jeudi dernier, les rassemblements décris par l’agence Chine Nouvelle seraient passés ce dimanche à plusieurs centaines de participants en province.

Des défilés qui se font en chanson : « Japon va t’en des îles Diaoyu », ont scandé les manifestants à Canton dans le sud. Drapeaux rouge de la Chine populaire et slogan anti-japonais encore à Shenzhen en face de Hong Kong.

Des cortèges de colère ont également été signalés dans des villes comme Hangzhou et Qingdao à l’est, Shenyang et Harbin au nord-est ou encore Xi’an au centre. Dans un pays ou l’insulte « xiao riben » (nain de japonais) revient facilement dans la bouche des plus anciens, le souvenir de l’occupation japonaise ravive facilement la flamme du nationalisme pro-chinois.

Les actions illégales des nationalistes japonais ont violé la souveraineté territoriale de la Chine, a fait savoir la diplomatie à Pékin. Attention à ne pas « endommager la situation globale des relations Chine Japon » a ajouté Qin Gang, le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères. Tokyo et Pékin doivent en effet célébrer d’ici à la fin de cette année les 40 ans de la normalisation de leurs relations diplomatiques.

La saga des îles Senkaku

Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Les Kurihara sont de gros propriétaires terriens dans la région d’Okinawa où sont situées les îles Senkaku. Ils les rachètent en 1972, lorsque les Etats-Unis restituent Okinawa et les îles Senkaku au Japon. Le propriétaire de ces îles est alors la famille Koga.

Koga Tatsuhiro s’était installé sur les îles Senkaku à la fin du 19e siècle, pour y traiter de la viande de thon et des plumes d’albatros. Le Japon considère alors ces îles comme japonaises. La Chine qui les avait contrôlées plus tôt durant cinq siècles ne proteste pas.

En 1972, le dernier héritier de la famille Koga décide de vendre les îles à la famille Kurihara. Mais à la condition que les Kurihara promettent qu’ils ne les vendront jamais à d’autres personnes. Promesse tenue jusqu’ici.

Aujourd’hui, les Kurihara veulent vendre les îles, car ils redoutent de laisser des droits de succession prohibitifs à leurs descendants. Mais les Kurihara ne veulent pas céder les îles à des particuliers. Le gouverneur de Tokyo, Shintaro Ishihara, veut les racheter. Il a collecté à travers le Japon 14 millions d’euros, les deux tiers du prix demandé par la famille Kurihara pour les Senkaku.

Si la ville de Tokyo rachète les îles, la famille Kurihara aura tenu sa promesse jusqu’au bout : ne jamais vendre les îles à des particuliers.

 

tags: Chine - Japon
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Fermer