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Corée du Sud: les familles victimes de purges anticommunistes seront indemnisées
La Cour suprême vient de condamner l’Etat à verser des indemnités aux familles de 400 victimes de purges anticommunistes pendant la guerre de Corée, entre 1950 et 1953. Chacun des 492 plaignants recevra jusqu’à 28 000 euros. La Corée du Sud est toujours techniquement en guerre avec son ennemi communiste du Nord, et les blessures ouvertes par la guerre et la division ne sont toujours pas refermées.
Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias
Les familles des victimes auront dû attendre plus de 60 ans pour obtenir justice. En juin 1950, alors que la guerre entre le Sud capitaliste et le Nord communiste vient d’éclater, le gouvernement de Séoul emprisonne puis exécute dans le village d’Ochang 400 militants de gauche, suspectés de sympathie avec l’ennemi nord-coréen.
On estime que plusieurs dizaines de milliers de Sud-Coréens accusés de communisme ont ainsi été tués par la police ou par l’armée du Sud. En 2008, le président de l’époque, le progressiste Roh Moo-hyun, avait présenté des excuses officielles, et parlé de « grande tragédie dans l’histoire moderne de la nation ».
Un an plus tard, les familles des victimes du drame d’Ochang ont porté plainte. Mais le gouvernement, devenu conservateur, a alors fait valoir qu’il y avait prescription. La Cour suprême vient d’en décider autrement.
En Corée du Sud, l’anticommunisme reste virulent. La loi continue de punir toute personne accusée de propager l’idéologie nord-coréenne. Quant à la commission Vérité et réconciliation, chargée d’enquêter sur ces heures les plus sombres de l’histoire du pays, elle a été dissoute en 2010.

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