Chine - 
Article publié le : mardi 04 septembre 2012 à 19:10 - Dernière modification le : mardi 04 septembre 2012 à 20:38

La préfecture autonome coréenne de Yanbian, en Chine, fête ses 60 ans

La ville de Yanji, au nord-est de la Chine (2009).
La ville de Yanji, au nord-est de la Chine (2009).
AFP

Par Stéphane Lagarde

Une foire commerciale et un spectacle digne des chorégraphies de masse organisées à Pyongyang. La scène se passe en Chine, à la frontière avec la Russie et la Corée du Nord, dans le cadre des festivités organisées pour les 60 ans de la préfecture autonome de Yanbian. Un événement destiné à relancer le développement d’une région frontalière longtemps enclavée, mais qui espère aujourd’hui un nouvel appel d’air en Corée du Nord via le port de Najin Sunbong.

De notre envoyé spécial à Yanji

Les autorités de la province de Jilin ont mis les moyens pour que la fête soit réussie. En ce début d’automne, alors que les températures permettent encore de poursuivre la soirée sur les berges des rivières, la ville de Yanji brille comme un sapin de Noël. Les immeubles flambant neufs illuminés de néons sur la route de l’aéroport donnent la mesure des investissements réalisés pour ce soixantième anniversaire.

Chorégraphie de masse

Lors de sa création en 1952, la préfecture autonome de Yanbian comptait 60% de Coréens. Aujourd’hui, ils sont minoritaires (moins de 40%), mais la langue coréenne reste accrochée aux enseignes de la plupart des magasins. C’est d’ailleurs un réalisateur nord-coréen qui a été choisi pour assurer le spectacle du « soixantenaire ».

Comme en Corée du Nord, près de 40 000 participants ont dansé et levé des pancartes dans le stade de la ville, lundi 3 septembre au matin. Une chorégraphie de masse à guichets fermés, mais dont le prix d’entrée était de toute façon beaucoup trop cher pour de nombreux habitants qui ont suivi l’événement sur des écrans géants. 

Habitants de Yanji devant l'écran géant.
RFI/Stéphane Lagarde

De quoi être parfois enthousiaste, mais aussi dubitatif, devant des fresques humaines tirées de la propagande socialiste nord-coréenne, avec ce slogan en caractères blancs sur fond rouge, occupant toute une aile du stade : « L’amour entre l’armée et le peuple ».

Vitrine du développement de la préfecture, la foire internationale de Yanjin a réuni, jusqu’à mardi soir, plus de 1 000 commerçants sur près de 200 stands, selon les organisateurs. Des Chinois, des Sud-Coréens, des Américains, des Canadiens, mais pas de Nord-Coréens.

Investissements à risques

« Le commerce avec la Corée du Nord reste un vrai challenge », explique pudiquement Paul Chang devant son comptoir recouvert de ginseng. Cet Américain d’origine coréenne aimerait importer la racine médicinale depuis le versant nord-coréen du mont Paektu (Changbai Shan, en chinois), mais pour l’instant il peine à obtenir son visa : « Les autorités nord-coréennes sont toujours imprévisibles, beaucoup hésitent à se lancer dans des investissements qui demeurent encore très risqués ».

Malgré cela, certains veulent croire que l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un amènera une ouverture progressive de l’économie nord-coréenne. Plus pragmatiquement, les patrons d’usines et les compagnies de transports attendent beaucoup du bail de cinquante ans signé par le président chinois Hu Jintao et son homologue nord-coréen Kim Jong-il avant sa mort. La Corée du Nord a cédé aux Chinois et aux Russes le droit d’exploiter le port nord-coréen de Najin Sunbong, devenu zone économique spéciale.

Cette fenêtre sur la mer du Japon (mer de l’Est pour les Nord-Coréens) permet d’envoyer les minerais du nord-est par bateau jusqu’à Shanghai. Un enjeu stratégique majeur pour les autorités de la région, alors que les exportations vers les partenaires traditionnels tels que l’Union européenne se sont largement réduites.

tags: Chine - Corée du Nord - Russie
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer