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    Asie-Pacifique

    Le Parti communiste chinois et ses dix-huit congrès

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    Ce 8 novembre 2012 s’ouvre à Pékin le 18e Congrès du Parti communiste chinois, au cours duquel doivent être entre autres nommés le nouveau président de la République populaire de Chine et son Premier ministre. Ces grands-messes peuvent aujourd’hui nous sembler figées, elles ont en fait bien changé depuis leur début, en catimini, il y a quatre-vingt-onze ans.
     

    Les six premiers congrès, entre 1921 et 1928, se sont déroulés dans un pays en pleine guerre civile : « On faisait comme on pouvait », explique le sinologue Jean-Luc Domenach, chercheur au CERI et auteur de Mao, sa cour et ses complots. Le premier congrès s’est ainsi déroulé sur une barque, et la poignée de congressistes (une douzaine) étaient déguisés en jeunes hommes de bonnes familles… Pourtant, c’est lors de cette première réunion qu’a été créé le Parti communiste chinois. Et dès le début il s’agissait aussi de se choisir des chefs. 

    Mais pour avoir un congrès qui définisse une véritable ligne qui perdure, il faudra attendre 1945 et le 7e Congrès – dont les délégués auraient eu cette fois bien du mal à tenir dans une barque : ils étaient 755, et représentaient plus d’un million de membres du parti. Mao Zedong s’y impose en président du parti, et entérine toutes les purges et les massacres internes au PCC qui lui ont au final permis d’occuper ce poste. Il est décidé que le parti mènera ses activités en suivant la pensée du Grand Timonier.
     
    C’est d’ailleurs un Mao puissant, solidement épaulé par son second, Liu Shaoqi, que le 8e Congrès, en 1956, mettra en scène : la guerre civile est terminée depuis 1949, les nationalistes du Kuomintang ont fui vers Taiwan, le PCC a déjà lancé son programme politique et placé le parti au cœur de la vie politique chinoise. Lors de ce congrès, 1 026 délégués représentent plus de dix millions de membres. 
     
    On efface tout…
     
    On entre ensuite, pour Jean-Luc Domenach, dans la période du « Mao délirant », qui convoque en 1958 une seconde session de ce congrès de 1956 pour revenir sur tout ce qui y avait été décidé. Le plan quinquennal et son programme de développement industriel d’inspiration soviétique sont jetés aux orties : Mao lance le « Grand Bond en avant », un programme « révolutionnaire » qui devait stimuler en un temps record la production agricole et industrielle. Il aboutira à une grande famine, la Chine échappant de peu à l’effondrement total de son économie.
     
    Devant cet échec, Mao démissionne de la présidence de la République populaire de Chine, mais reste à la tête du PCC. C’est d’une main de fer qu’il dirigera les deux congrès suivants, en 1969 et 1973, allant jusqu’à effectuer des purges pendant les congrès eux-mêmes, menaçant certains congressistes, les obligeant à faire leur autocritique. La Révolution culturelle lancée en 1966 lui a permis d’écarter tous ses adversaires, avec l’aide des Gardes rouges ; le 9e Congrès de 1969 en est théoriquement la conclusion.
     
    Quatre ans plus tard, le 10e Congrès verra un Mao malade, affaibli, diriger de loin, de la main, les interventions de ses hommes. La salle sera même évacuée pour que Mao puisse sortir « discrètement », sur un brancard, relié à une bonbonne d'oxygène. Mais « le Congrès se passe à peu près bien, tout le monde est terrorisé » explique Jean-Luc Domenach, et le premier ministre Zhou Enlaï « cherche à sauver ce qui peut l’être ».
     
    L’après-Mao
     
    Mao meurt en 1976. Tous ses partisans sont évincés, notamment par Deng Xiaoping, dont le 11e Congrès de 1977 marque le grand retour après avoir été écarté pendant la révolution culturelle. Deng Xiaoping, que beaucoup voient aujourd’hui comme le grand réformateur de la Chine de l’après-Mao, manœuvre lui aussi pendant ces congrès mais « respecte les formes » ; il veut passer à une politique « plus respectueuse de la population, du parti et des principes ». Et ses congrès, sans lancer de nouvelles idées, vont entériner la politique du pays de manière beaucoup plus claire.
     
    Et si en 1977 il est encore un trop tôt pour lancer de nouvelles directions (Deng Xiaoping est encore entouré de vieillards de l’époque Mao), cinq ans après, lors du 12e Congrès, le moment est arrivé : le changement de cap économique est annoncé avec, plus de droits, plus de protections pour la population. Mais le congrès suivant, en 1987, s’accompagne de dissensions et de disputes au sein du parti. Les étudiants pensent alors qu’ils ont une carte à jouer et, deux ans plus tard, ils manifestent place Tiananmen. L’armée intervient, sur ordre de Deng Xiaoping.
     
    En 1992, le 13e Congrès entérine le massacre. Paradoxalement, il commence aussi à ouvrir la Chine sur le reste du monde, et prévoit de « préparer » l’appareil industriel : ouvriers licenciés, directions d’usines « rationnalisées »… Et Deng Xiaoping, qui n’a plus que quelques années à vivre, désigne ceux qui seront effectivement ses successeurs pour les vingt années à venir : d’abord Jiang Zemin, qui deviendra président en 1993, puis Hu Jintao, président à partir de 2002, qui quitte le pouvoir cette année.
     
    Un lent changement 
    La dernière évolution date de 1997 : lors du 15e Congrès, non seulement Jiang Zemin entérine les réformes d’ouverture sur le monde, lancées par Deng Xiaoping lors du congrès précédent, mais pour la première fois de véritables décisions sont prises, comme celle d’entrer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Même si rien n’est dit publiquement, c’est à ce moment-là qu’ont lieu les discussions, entre des chefs qui ressemblent dorénavant plus à des technocrates qu’aux adeptes de purges de l’époque Mao. Dans le même ordre d’idée, les réunions du Comité central et du Comité permanent qui suivent celle du congrès ne sont plus de simples chambres d’enregistrement : on y débat, c’est d’ailleurs au niveau du Comité permanent que les décisions sont véritablement prises.
     
    Enfin, c’est en 2002 qu’un véritable « calendrier du pouvoir » est fixé : chaque président fera dorénavant deux congrès, et le rythme d’un congrès tous les cinq ans sera enfin respecté – il avait été décidé dès les premiers congrès, sans être jamais appliqué.
    De fait, Mao n’aimait pas ces congrès : pour lui, ils n’avaient pas d’importance, à part celle, selon Jean-Luc Domenach, « d’entériner des purges »…
     

     

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