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    Asie-Pacifique

    Chine: lever de rideau sur les coulisses du 18e Congrès

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    2 270 délégués du Parti communiste chinois étaient réunis ce jeudi 8 novembre à Pékin pour l’ouverture du 18e Congrès du parti unique qui gouverne la Chine depuis 1949. Le Congrès, qui va durer une semaine, se tient au Palais du Peuple, sous le soleil et sous une très haute surveillance.

    Dossier 18e Congres du PCC

    Les journalistes ont été conduits en bus, très tôt, car tout le centre de Pékin était bloqué pour l’arrivée des bus des délégués. C’est d’ailleurs un moment assez privilégié pour tous ceux qui sont venus en touristes à Pékin et qui ont visité la fameuse place Tiananmen, la plus grande place au monde, face du portrait de Mao et de la Cité interdite : on peut alors se retrouver seul sur cette place d’ordinaire remplie par les touristes.

    Toute la place était sur son trente et un pour l’événement : colonnes de fleurs et pot géant de plusieurs mètres de haut avec, là aussi, une avalanche fleurie pour célébrer cette transition douce entre l’ancienne équipe au pouvoir depuis maintenant dix ans et la nouvelle, qui va progressivement entrer en fonction d’ici à la réunion des deux assemblées en mars prochain. Avec également la présence de pompiers en uniformes oranges et extincteurs aux pieds, comme c’est désormais le cas à chaque rassemblement du Parti au Palais du Peuple, les autorités craignant des immolations sur le mode des moines des plateaux tibétains.

    Mesures délirantes

    L’événement est perçu de loin par la population, même s’il est impossible d’y échapper. Dans la rue, dans le métro, à la télévision, les slogans incitant à accueillir ce 18e Congrès sont partout depuis une semaine.

    Avec aussi des mesures de sécurité totalement délirantes et qui traduisent la crainte des autorités face à tout débordement : les karaokés sont fermés, la plupart des taxis ont retirés les poignées des fenêtres passagers de leur véhicules afin d’éviter tout de jet de tracts réactionnaires, la vente des cerfs volants et des hélicoptères télécommandés est interdite, les couteaux de cuisine sont réglementés. Pareil pour les pigeons que les vieux Pékinois aiment bien promener dans les parcs : ces derniers doivent rester dans leur cage. On ne sait jamais, des fois qu’ils aillent espionner ce qui se dit dans les couloirs du Congrès…

    Une nouvelle équipe

    Il s’agit néanmoins d’un congrès important en ce qui concerne le nombre de personnes à remplacer. On parle beaucoup du Comité permanent, mais il y a d’autres postes à remplacer, notamment à la Commission de discipline du Parti.

    Les délégués vont d’abord élire un nouveau Comité central de plus de 200 membres, un nouveau Bureau politique et un nouveau Comité permanent du Bureau politique, lequel est évidemment le plus important. Qui va l’emporter entre les libéraux et les conservateurs, dont l’aile gauche du parti ? Impossible de le dire pour l’instant. Il semble que les deux camps soient à égalité, eu égard à ce qui s’est passé ces dernières semaines. Les conservateurs ont vu tomber leur héros, le dirigeant déchu Bo Xilai. Mais en même temps, des révélations, à la veille du Congrès, ressemblent à un règlement de compte : le porte-drapeau des réformateurs, le Premier ministre Wen Jiabao, s’est fait épinglé sur son patrimoine familial. Les proches du Premier ministre aurait amassé une fortune de 2,7 milliards de dollars, affirme un journal américain.

    Réforme des structures politiques

    Dans le long rapport lu ce jeudi 8 novembre à la tribune par le chef de l’Etat, il a été question de la réforme des structures politiques, laquelle est réclamée par huit citadins chinois sur dix, selon un sondage publié la veille du Congrès par les journaux chinois. Sept sondés sur dix estiment que le gouvernement devrait être soumis à une plus grande surveillance de l’opinion publique.

    Qu’est-ce que cela signifie ? D’abord que, malgré la censure, avec 500 millions d’internautes, l’information finit toujours par passer. Cela signifie aussi que l’opinion publique chinoise n’est plus prête à s’en laisser compter. On a vu les révoltes populaires se multiplier cette année en Chine, pour la terre, contre les usines polluantes, et les dirigeants doivent en tenir compte, bien qu’ils ne proposent rien de concret pour l’instant.

    Un nouveau Comité permanent

    Impossible encore de savoir combien de membres le nouveau Comité permanent devrait compter, avant le communiqué final qui sera publié à l’occasion du premier plénum de la nouvelle équipe dirigeante, le 15 novembre prochain. De nombreux spécialistes bien informés affirment que le Comité devrait être réduit de neuf à sept, ce qui avait existé avant Hu Jintao.

    Si c’était le cas, les mêmes spécialistes affirment que ce serait une victoire des libéraux, puisque le poste, notamment de la Sécurité intérieure, pourrait sortir du Comité et serait donc affaibli. Ce poste, c’est Zou Yongkang, un dur de dur, qui l’occupait jusqu’à présent. C’est lui qui a poussé pour que le budget de la Sécurité intérieure dépasse celui de l’armée. C’était devenu un Etat dans l’Etat qui aurait mis sur écoute jusqu’au président lui-même, à Chongqing, dans le sud-ouest du pays, car Chongqing était la ville de Bo Xilai.

    Quelle nouvelle équipe ?

    Il y a une liste d’une dizaine de noms en dehors de Xi Jinpin, le futur président et Li Keqiang, le futur Premier ministre. On regardera notamment si un certain Wang Yang est au tableau, ce qui serait là aussi un signe de force pour les libéraux, puisque Wang Yang, le patron de la province du Gangdong, au sud-est, est l’un des chefs de file des réformateurs. On parle aussi de Wang Qishang, le gouverneur de la Banque de Chine, l’un des chouchous des milieux d’affaires… On ne verra pas en revanche, et c’est quasiment certain, Liu Yandong. Elle était la seule femme à pouvoir entrer dans le « comité des neuf empereurs » comme on les appelait jusqu’à aujourd’hui, les « sept empereurs » peut-être demain. Et tout simplement parce que Liu Yandong a eu 67 ans pendant le Congrès et qu’il s’agit de la limite d’âge dans la fonction publique pour les femmes en Chine.

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