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    Asie-Pacifique

    Barack Obama confirme la priorité asiatique de la diplomatie américaine

    media Barack Obama avec Aung San Suu Kyi après leur discours, le 19 novembre 2012. REUTERS/Soe Zeya Tun

    Barack Obama a entamé, dimanche 18 novembre, une tournée en Asie. Le président américain était, ce dimanche, en Thaïlande, allié traditionnel des Etats-Unis. Il se rend, ces lundi et mardi, au Cambodge pour un sommet de l'Asie de l'Est (EAS) et de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean). Mais le point d'orgue de ce voyage est cette escale de quelques heures lundi en Birmanie, une première pour un président américain.

    Une foule en liesse a accueilli le président américain, à son arrivée à Rangoon. Au cours de cette visite historique, Barack Obama a rencontré le président réformateur Thein Sein et l’opposante Aung San Suu Kyi. Même si beaucoup saluent cette visite en Birmanie, certains adversaires du régime l’estiment prématurée.

    À l'occasion de sa rencontre avec le président américain, la « dame de Rangoon » elle-même a appelé à « faire très attention de ne pas être trompés par le mirage du succès ».  La Maison Blanche pense néanmoins que cette visite est la meilleure manière d’encourager la poursuite des réformes. Elle peut, à ce titre, mettre en avant la nouvelle annonce de libération de prisonniers politiques faite juste avant l'arrivée de Barack Obama. 

    En fait, l'administration américaine suit de très près l'évolution du régime birman. Washington a parié, il y a trois ans, sur son évolution. Et la stratégie a été plutôt payante. Depuis son arrivée au pouvoir le président birman Thein Sein multiplie les signes d'ouverture.

    « Dès 2009, le président Obama avait demandé que la stratégie américaine à l’égard du pouvoir à Naypidaw change et se transforme en une ouverture capable de faciliter la transition du pays que les Etats-Unis espéraient, analyse Sophie Boisseau du Rocher, chercheuse à l’Asia Centre, à Paris. Et ça a été un pari gagnant, puisque, au fond, rendu confiant dans le soutien implicite de Washington, le Premier ministre Thein Sein, à l’époque [aujourd’hui président, Ndlr], a pu effectivement engager cette transition avec une première phase d’élections en 2010 puis en 2012. »

    La face à face sino-américain au cœur des relations internationales

    Mais un deuxième élément essentiel explique cette visite du président américain en Birmanie. Elle s'inscrit dans la vaste partie d'échecs qui se joue en ce moment entre Washington et Pékin en Asie. Depuis le premier mandat de Barack Obama à la Maison Blanche, l'administration américaine a fait de cette partie du monde la priorité de sa diplomatie, face à la montée en puissance de la Chine dans la région.

    « L’essentiel des relations internationales - vu de Washington et d’ailleurs aussi de Pékin - sera centré sur la relation sino-américaine. Les Etats-Unis veulent maintenir leur position en Asie orientale et contestent l’idée chinoise que la Chine devrait être le cœur de cette région et y reprendre sa place historique, explique Philip Golub, professeur de relations internationales à l’Université américaine de Paris. Alors que la Chine conteste l’idée que les Etats-Unis resteraient indéfiniment la puissance dominante extérieure dans la région. Donc il y a là une rivalité qui est tempérée, bien sûr, par les très forts liens d’interdépendance économique entre ces deux très grands pays. »

    Or, la Chine est très présente en Birmanie depuis plusieurs décennies. « C’est pour Pékin un partenaire très important sur lequel elle a énormément misé, notamment avec l’objectif d’avoir un accès à l’océan Indien. La Chine a profité de la période des sanctions internationales pour s’implanter. Au point d’étouffer un peu les militaires birmans qui ont cherché des contrepouvoirs.

    Et c’est toute l’intelligence de l’administration Obama d’avoir, dès 2009, compris ce besoin d’appel d’air et donc de l’exploiter, relève Sophie Boisseau du Rocher. Un autre point qui est important, poursuit la chercheuse, c’est qu’on reproche souvent aux Etats-Unis de faire un grand coup et puis de disparaître ensuite. Là, il semble que le président Obama veut marquer sa volonté de ne pas laisser la Chine penser que son intérêt pour la Birmanie est simplement temporaire. »

    C’est pour la même raison que Barack Obama a choisi de se rendre au sommet de l'Asean et de l'EAS au Cambodge. Les Etats-Unis n'entendent rater aucune occasion de marquer leur présence en Asie. Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat, qui accompagne Barack Obama, y a déjà fait deux tournées cette année. Même chose pour le secrétaire d'Etat à la Défense, Leon Panetta, qui est aussi du voyage.

    Les Etats-Unis avancent leurs pions

    Or, le sommet de Phnom Penh réunit les pays d'Asie du Sud-Est et les pays d'Asie de l'Est, comme le Japon et la Chine, au moment où Pékin exprime sa volonté de puissance dans la zone en revendiquant plusieurs archipels en mer de Chine (voir notre infographie), notamment les fameux îlots Senkaku, sous souveraineté japonaise, que les Chinois appellent Diaoyu.

    Cette présence de Barack Obama à Phnom Penh est donc une occasion supplémentaire pour les Etats-Unis de renforcer les alliances existantes et de consolider leur position. « Les Etats-Unis ont toujours été implantés dans la région. Au Japon, depuis 1945, et en Asie du Sud-Est depuis la guerre froide. Les alliés historiques des Etats-Unis dans la zone – la Thaïlande, Singapour, l’Indonésie, les Philippines – restent aujourd’hui les alliés des Américains.

    Les Etats-Unis sont en train de capitaliser sur le fait que ces pays, mais aussi des pays anciennement ennemis comme le Vietnam qui se sont beaucoup rapprochés des Etats-Unis au cours des dernières années, estiment que l’ombre de la Chine se fait un peu trop forte, à un moment aussi où il y a des tensions politiques et territoriales, indique Philippe Golub. Donc il y a là une convergence des intérêts sécuritaires entre les Etats-Unis et les pays d’Asie du Sud-Est ainsi que du Japon. »

    Quelle que soit l’issue du sommet, les Etats-Unis continuent donc à pousser leurs pions avec cette participation de Barack Obama. Le président américain devait y rencontrer les Premiers ministres chinois et japonais, Wen Jiabao et Yoshiko Noda, au moment où la tension est donc très forte entre leurs pays.

    Tension qui est également importante entre la Chine et plusieurs pays de l'Asean, comme les Philippines et le Vietnam autour des îles Spratley. Le Japon et ces Etats d’Asie du Sud-Est espèrent, on s'en doute, de Barack Obama qu’il convainque Pékin de négocier collectivement avec eux et d'assouplir sa position.

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