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    Asie-Pacifique

    «L’Art au Myanmar» et l’ouverture en Birmanie

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    C’est la première grande exposition d’art contemporain birman en France. La galerie parisienne Art Concorde montre des peintures de styles et techniques très variés de 37 artistes, la plupart peintes dans les derniers cinq ans. Ne cherchez pas de tableaux subversifs ou des résistants contre le régime militaire de Myanmar. L’exposition L’Art au Myanmar repose sur une idée et la collection privée de l’ambassadeur de Myanmar en France, complétée par des œuvres de l’Association d’artistes au Myanmar et des prêts de Richard Streiter, un expert qui possède à New York l’une des plus grandes collections d’art contemporain birman en dehors de la Birmanie. Entretien sur cette exposition très éclectique avec l’Américain Richard Streiter.

    Même après l’ouverture politique, l’image de la Birmanie est toujours liée à la dictature militaire et l’oppression. Le pays figure actuellement à la 169e place du classement de la liberté de presse. Où est-on aujourd’hui avec la liberté artistique ?

    Je m’y rends deux fois par an, chaque fois pour deux mois, et cela depuis onze ans. Depuis deux ans, beaucoup de choses ont changé. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de liberté. Par exemple, avant, il n’était pas possible d’exposer un tableau d’une figure nue. C’était strictement interdit. A chaque exposition il y avait un fonctionnaire pour imposer la censure. Aujourd’hui, ce n’est plus comme cela. On assiste à un très grand changement. Ce n’est pas parfait. Ce n’est pas à cent pour cent démocratique, mais par rapport au régime précédent, il y a des grands changements.
     
    En Birmanie, qui pratique aujourd’hui l’art et existe-t-il un marché de l’art ?
     
    Il y a beaucoup d’artistes et une vingtaine de galeries, surtout à Yangon, anciennement appelée Rangoon. Il y a beaucoup de personnes qui viennent dans les galeries : les touristes, les membres de l’ONU et des ONG sur place, des diplomates… Il y a peut-être 15 ou 20 artistes qui ont des expositions à l’étranger.
     
    L’ouverture politique qui est en train de se faire en Birmanie, comment se traduit-elle dans le domaine de l’art ?
     
    Depuis deux ans, les artistes peuvent pratiquement faire ce qu’ils veulent. Avant, c’était très contrôlé. Par exemple, jusqu’à la libération d’Aung San Suu Kyi, le 13 novembre 2010, il était impossible de prononcer son nom, d’écrire un article sur elle, d’acheter une photo d’elle. Aujourd’hui, vous avez sa photo partout, vous pouvez acheter des t-shirt avec son portrait. Tout a changé.
     
    Pendant les vingt ans qu’Aung San Suu Kyi a été assignée à résidence, est-ce qu’il y avait un art ou une culture de résistance à observer ?
     
    Aujourd’hui, vous pouvez dire Liberté, Egalité, Fraternité, avant, ce n’était pas possible sans être tout de suite emprisonné. Maintenant, vous pouvez parler avec n’importe qui sur n’importe quoi. Il n’y a plus d’agents de sécurité qui vous surveillent et qui vous mettent en prison.
     
    Maung Maung Hla Myint, né en 1946 à Yangon, est l’artiste dont vous exposez le plus de tableaux, tous dotés de couleurs très vives et de formes très typées, très naïves.
     
    J’adore l’œuvre de cet artiste qui travaillait pendant de nombreuses années comme illustrateur. Depuis six, sept ans, il s’est mis aux pinceaux et crée des peintures en grand format. Il est très connu aussi à l’étranger et vend ses tableaux très chers à Hong Kong ou à Singapour. Il est l’un des cinq ou six très grands artistes internationalement connus.
     
    L’artiste Min wai Aung, né en 1960 à Danubyu, montre Myanmar lady, un petit tableau qui montre une femme birmane en profil avec ses très longs cheveux noirs qui tombent, son regard mystérieux et un chat dans ses bras.
     
    Min wai Aung est l’artiste birman qui a le plus de succès et qui est le plus coté au niveau international. Il avait une exposition personnelle, il y a trois ou quatre ans en France et expose un peu partout : aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse. Ses tableaux s’arrachent aujourd’hui à 15 000, 20 000 ou 25 000 euros. Le tableau dans l’exposition a été réalisé en 1975.
     
    En Birmanie vivent 136 minorités ethniques avec leurs langues et leurs cultures respectives. Est-ce qu’il y a une culture dominante au niveau national ?
     
    Il y a une grande culture birmane. La plupart des gens au Myanmar sont Birmans. C’est pour cela que les Anglais ont appelé ce pays Birmanie à partir de 1885. Avant, le pays s’appelait Myanmar. Dans l’exposition, vous voyez un mélange de cultures différentes, parce qu’il y avait beaucoup d’influences. Les Anglais étaient là jusqu’à l’indépendance en 1948, il y avait les Portugais et les Français. Malgré tout, il reste quelque chose tout à fait spécialement birman, parce que les artistes adorent la culture de Birmanie dont ils parcourent tous les coins. Parfois ils prennent une photo pour s’en inspirer ensuite. Prenez le tableau de Maung Aw où quatre femmes ramassent des prunes séchées. C’est une scène ordinaire. Le fond est très rouge. La peinture exprime quelque chose totalement différent de la photo.
     
    Il y avait la colonisation britannique, mais il y avait aussi, au 18e siècle, les Français d’Inde, qui ont qui ont soutenu la révolte des Môns dans le sud du pays. Reste-t-il des traces de l’influence française dans la peinture ou l’art ?
     
    Par exemple, l’artiste Maung Aw, un peintre né en 1945 et très respecté en Birmanie, adore le peintre Matisse. Sur ses tableaux, l’influence de Matisse sur Maung Aw est palpable. Quelques artistes ont visité aussi la France, mais la très grande majorité des artistes exposés n’ont jamais quitté la Birmanie. Quand vous regardez la peinture de Zay Yar Aye, né à Mandalay en 1974 et qui a fait des études à Tokyo, l’influence du Japon dans sa Myanmar Lady est évidente.

    ______________________________

    L’Art au Myanmar, exposition à la galerie parisienne Art Concorde, 36 rue de Penthièvre, 75008 Paris, tél. 01 45 62 00 44, du 23 novembre jusqu’au 2 décembre.
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