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    Asie-Pacifique

    L’ombre de Sarkozy plane sur la visite de François Hollande en Inde

    media Répétition d'une parade militaire le 27 janvier à New Delhi, à l'occasion de la fête nationale indienne qui célèbre l'indépendance du pays. Reuters / Adnan Abidi

    Pour sa première visite d’Etat en Asie, François Hollande se rend en Inde. Paris souhaite renforcer son « partenariat stratégique » avec ce géant asiatique d’1,3 milliard d’habitants. Les relations entre les deux pays sont au beau fixe depuis de nombreuses années. Elles ont été particulièrement dynamiques sous l'ère Sarkozy, très apprécié pour son volontarisme. Doté d'une personnalité moins démonstrative que son prédécesseur, François Hollande compte bien relever le flambeau.

    Accompagné d’une large délégation composée de pas moins d’une demi-douzaine de ministres et d’une soixantaine d’industriels, François Hollande arrive en Inde ce jeudi 14 février, pour une visite d’Etat de deux jours. Le président français rencontrera à New Delhi les principaux dirigeants indiens, notamment son homologue Pranab Mukherjee et le
    Premier ministre Manmohan Singh, ainsi que les chefs du parti du Congrès (Sonia Gandhi) et du parti hindouiste le BJP (Sushma Swaraj), avant de s’envoler vendredi pour Bombay où il doit prononcer un discours important devant les chefs d’entreprises indiens.

    Partenariat stratégique

    Cette visite présidentielle française s’inscrit dans la logique des relations bilatérales franco-indiennes, qui se sont révélées particulièrement dynamiques, surtout depuis le succès de la visite en Inde de Jacques Chirac à la fin des années 1990. La compréhension dont l’administration Chirac avait fait montre à l’égard des essais nucléaires indiens de 1998, condamnés à l’époque par les autres grandes puissances, a fondé le « partenariat stratégique » qui s’est instauré depuis entre les deux pays.

    Les deux visites effectuées ensuite par le président Sarkozy, en 2008 et en 2010, ont durablement stimulé les relations franco-indiennes. L’enthousiasme et le volontarisme politique de l’ancien président français qui s’était engagé à doubler en cinq ans les échanges commerciaux entre les deux pays et le soutien qu’il avait apporté haut et fort à l’ambition indienne d’accéder au statut du membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, avaient convaincu les décideurs indiens que désormais Paris considérait New Delhi comme un partenaire sérieux.

    Le discours prononcé par Sarkozy en 2008 devant un parterre de grands industriels indiens avait fortement marqué les esprits. « Il fut ovationné et la salle entière s’est levée, bien que tous ne comprenaient pas le français », se souvient le patron d’un grand groupe indien Nadir Godrej, qui faisait partie de l’assistance.

    Affaire Montebourg-Mittal

    Plus mesuré dans son approche que son prédécesseur et moins porté sur les superlatifs, François Hollande saura-t-il marquer, à son tour, de son sceau les relations bilatérales franco-indiennes ? La question se pose car l’actuel président français a longtemps souffert d’un déficit d’images auprès des Indiens. Ceux-ci avaient été déçus par la défaite de Nicolas Sarkozy qu’ils avaient appris à connaître et à apprécier en tant qu’ami de leur pays.

    Dans la foulée des élections du nouveau président socialiste, Paris a annoncé le retrait des troupes françaises de l’Afghanistan. Cette décision a été mal vécue par New Delhi qui s’inquiète d’une re-talibanisation de l’Afghanistan après le départ des troupes occidentales.

    L’image de Hollande en a pris un nouveau coup en Inde avec l’affaire Montebourg-Mittal qui a éclaté à la fin de l’année dernière. La communauté indienne des affaires s’est dite profondément choquée par les relents xénophobes de la polémique autour de la nationalisation des hauts fourneaux de Florange, propriété de l’Indien Lakshmi Mittal. Les entrepreneurs du pays des Tata et des Mahindra se sont sentis visés par les accusations de malhonnêteté et de prédation portés contre le sidérurgiste d’origine indienne. Le grand quotidien de Madras The Hindu avait décrit le ministre comme « une grande gueule et un élément incontrôlable au sein du gouvernement français ».

    Comme Mittal n’est pas un groupe indien, l’Inde officielle ne s’est pas mêlée de l’affaire. Mais les difficultés de Mittal avec le gouvernement français ont attiré l’attention des industriels indiens désireux d’investir à l’étranger, sur la rigidité de la législation du travail en France. Ils sont allés jusqu’à regretter que Sarkozy n’ait pas eu le temps de réformer le droit du travail et de réduire les taxes qui auraient permis, selon eux, d’attirer plus d’investisseurs en France. Notamment des investisseurs indiens qui réalisent un stock d’investissements étrangers de quelque 75 milliards d’euros, dont seulement 1 milliard en France !

    Nouvelle impulsion

    C’est dans ce contexte que François Hollande débarque en Inde, avec pour ambition affichée de donner une nouvelle impulsion aux relations franco-indiennes. Nouveau visage, il va devoir faire oublier aux Indiens Nicolas Sarkozy. Ce ne sera pas tâche facile, même si le dernier n’a pas réussi à tenir ses paris, notamment celui de doubler les échanges bilatéraux qui peinent à décoller.

    L’entourage de l’actuel locataire de l’Elysée parle d’un président « plus rationnel et moins impulsif » que son prédécesseur. L’homme a aussi gagné en stature internationale suite à sa décision courageuse d’envoyer des troupes au Mali pour combattre les islamistes.

    Reçu récemment par Hollande, le ministre indien des Affaires étrangères Salman Khurshid ne tarit pas d’éloges sur la franchise et l’ouverture d’esprit de son hôte élyséen. New Delhi apprécie également que celui-ci ait choisi l’Inde comme la première destination de son déplacement en Asie en tant que président, avant la Chine. En contrepartie, les Indiens ont fait évoluer leur protocole victorien pour pouvoir recevoir Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, avec tous les égards dus aux épouses des chefs d’Etat.

    Mais quels sont les véritables enjeux de ce voyage ? Diplomatiques, pour les Indiens qui attendent du nouveau président français la reconnaissance réitérée de la place privilégiée de l’Inde dans la nouvelle configuration mondiale multipolaire. New Delhi a aussi besoin du soutien de la France pour obtenir la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies qu’elle réclame depuis longtemps.

    Pour la France, les enjeux sont surtout commerciaux et économiques. Paris voudrait voir finaliser les principaux contrats en cours de négociation avec New Delhi (achat de 126 Rafales par l’armée de l’air indienne, construction par Areva de deux réacteurs EPR à Jaïtapur sur la côte ouest de l’Inde, projets de construction des infrastructures) et plus généralement, combler le retard qu’elle accuse sur l’Allemagne et l’Angleterre en tant que fournisseur en technologies de pointe sur qui l’Inde peut compter.

    La spectaculaire diversité de l’offre hexagonale que représentent les 60 chefs d’entreprises qui accompagnent le président français, pourra sans doute faire oublier aux Indiens le titre qui s’affichait dans un grand quotidien indien au lendemain de l’élection à l’Elysée du candidat socialiste l’année dernière : « François Hollande est-il un homme dangereux pour l’Inde ? »

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