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    Asie-Pacifique

    À Goa, les enfants de hippies moins idéalistes que leurs parents

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    Avant de devenir le paradis des touristes d’aujourd’hui, Goa fut le lieu de naissance d’un autre rêve : celui des hippies. Au début des années soixante-dix, des centaines d’occidentaux fuyant la nouvelle société de consommation ont créé un nouvel Eden sur ces plages, vivant nus dans des paillottes sans électricité. Et, dans cet esprit libertaire, où la drogue était une denrée courante, ils ont fondé des familles. Aujourd’hui, ces enfants ont entre 20 et 30 ans, ils vivent encore entre Goa et l’Occident, mais beaucoup ont remis en cause le mode de vie de leurs parents.

    Le sable caresse la plante des pieds, la brise de fin d’après-midi souffle légèrement et aucun nuage ne se profile à l’horizon. Au loin, on entend déjà le rythme de la musique électronique qui sort d’un bar de plage et annonce une nouvelle soirée de fête, en ce jeudi de février. Quarante ans après l’arrivée des premiers hippies, Goa continue à envoûter ses visiteurs.

    Des racines fortement ancrées à Goa

    Joy, torse costaud et peau bronzée, vous salue avec un sourire large et joyeux. Il abandonne pour quelques instants sa partie de beach volley et vous entraîne d’une démarche nonchalante vers le Shiva Place, bar central de la plage mythique de Vagator, dans le nord de l’Etat de Goa. C’est sur ce sable et celui d’Anjuna, à quelques rochers de là, qu’ont atterri les premiers hippies occidentaux, au début des années soixante-dix.

    Parmi eux se trouvaient les parents de Joy, un Autrichien et une Française. « Mon père est venu pour la première fois à Goa en 1976, dans un mini-bus de hippies, à travers l’Iran et l’Afghanistan. C’est ici qu’il a rencontré ma mère et qu’ils m’ont élevé », raconte ce jeune homme de 25 ans, exhibant fièrement un nouveau tatouage noir qui couvre tout son bras droit. Joy, le bien nommé, a fait toute sa scolarité dans des écoles privées de cet ancien comptoir portugais, devenu territoire indien en 1961 : « Je pense qu’il n’y a pas de meilleur endroit pour grandir : la plage, le soleil, de bonnes énergies… Nous n’avions pas vraiment de règles, nous étions libres de prendre nos propres décisions ».

    Un environnement qui ne l’a cependant pas motivé à poursuivre des études universitaires. A la place, depuis cinq ans, Joy, qui parle anglais et konkani, la langue de Goa, mais un allemand basique, part six mois de l’année à Vienne, où il travaille comme ouvrier. Il essaie alors d’économiser au moins 3000 euros pour revenir passer les six mois de l’hiver européen chez lui, sur la plage : « Mes racines sont à Goa. Je suis plus Goanais qu’autre chose », conclut-il, reprenant ainsi le flambeau des hippies.

    Une deuxième génération assagie

    William, quant à lui, est entré de plein pied dans la société capitaliste. Ce fils de hippies américains de Goa, né en Inde, a grandi sur les mêmes plages que Joy, mais il est parti à douze ans faire ses études aux Etats-Unis. Aujourd’hui, âgé de 28 ans et diplômé en commerce et en philosophie, il a monté à New York un incubateur d’entreprise sur Internet (www.big.vc), qui fournit des idées aux nouveaux entrepreneurs et les aide à financer leurs projets. « Travailler sur internet me permet de gagner de bons revenus et de revenir pendant trois mois par an à Goa, explique-t-il. Après le match de beach volley, je vais ainsi retourner travailler sur notre site ».

    Ces enfants de hippies, qui bénéficient d’un visa de résident en Inde, gardent d’importantes attaches identitaires à Goa et ils y retrouvent chaque année leur « communauté » de la deuxième génération, comprenant plus d’une centaine de membres de tous les pays.

    Beaucoup ont dû batailler afin de se réintégrer dans un monde occidental dont ils ne possédaient plus les codes sociaux, et surtout pour commencer à travailler sans l’aide de leurs parents, en général peu fortunés. 

    « Ceux dont les parents étaient les plus laxistes voire irresponsables sont allés chercher la discipline dont ils ont manqué et travaillent aujourd’hui comme gardes de sécurité ou militaires », témoigne Anami, créatrice de mode entre l’Europe et l’Inde et fille de l’écrivaine française Brigitte Axel, toujours établie à Anjuna.

    De manière générale, la deuxième génération de Goa s’est assagie, confirme William: « A 15 ans, j’avais déjà vu des gens sous acides ou prendre de l’héroïne. J’ai essayé aussi certaines choses. Cela m’a fait grandir très vite et m’a finalement poussé à aller dans une autre direction, pour découvrir autre chose. C’est marrant, mais nous, les enfants de hippies, sommes finalement plus sérieux que nos parents. C’est peut-être la manière que nous avons de nous rebeller ».

    Chronologie et chiffres clés
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