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    He Youlin: «La politique de l’enfant unique est devenue contreproductive pour l’économie chinoise»

    media He Youlin. RFI/Stéphane Lagarde

    La politique de l’enfant unique en discussion au Parlement chinois. Depuis sa mise en place, il y a 34 ans, la loi sur la limitation des naissances est de plus en plus contestée. Aujourd’hui, le débat ressurgit à l’occasion de la session parlementaire réunie à Pékin jusqu’au 16 mars. He Youlin fait partie des 3000 délégués de l’Assemblée populaire nationale. Depuis 3 ans, le directeur de l’école du mémorial Sun Yat Sen dans la province du Guangdong et député de Canton, demande la réforme de la politique de contrôle des naissances par le planning familial. Propos recueillis par Stéphane Lagarde.

    RFI : Ma Xu, le directeur du département recherche du comité du planning familial, a proposé d’autoriser la naissance d’un deuxième enfant dans plusieurs provinces tests (et notamment le Heilongjiang et le Liaoning dans le nord du pays). C’est quelque chose qui va dans le sens de la réforme que vous réclamez ?

    He Youlin : Non, nous n’avons pas besoin de passer par cette étape des régions tests, c'est pour moi une perte de temps. Cela fait maintenant plus de trente ans qu’on applique la politique de l’enfant unique de manière stricte. L’autorisation du deuxième enfant doit donc s’appliquer tout de suite à tout le pays. Notre taux de natalité fait partie des plus bas du monde. Même si on relâche la pression sur les familles aujourd’hui, il faut 20 ans pour qu’un enfant devienne adulte et puisse exercer ses talents. Il ne faut donc pas perdre de temps.

    Les amendes infligées aux parents qui ont plus d’un enfant sont aussi une source de revenus pour les gouvernements locaux. Est-ce que c’est un frein à la réforme ?

    C’est vrai que l’abandon de la politique de l’enfant unique peut constituer un manque de ressources pour les collectivités locales, mais en même temps, l’être humain doit rester le plus important. La ressource d’un pays, ce sont d’abord ses habitants. Le nombre des naissances est tellement réduit, que pour l’avenir de la nation il fait accepter de perdre un peu de revenus. Même si le PIB par habitant diminue, la Chine peut le supporter.

    Quel est votre objectif exactement ? L’abandon de la politique de l’enfant unique ?

    Nous ne proposons pas la fin du planning familial. Nous proposons d’autoriser le deuxième enfant et de contrôler à partir du troisième. Ce n’est donc pas une ouverture sans limite. On propose d’augmenter le prix de l’amende pour le troisième enfant de manière à dissuader les parents. Il y a de plus en plus de riches, il faut élever le niveau de l’amende pour que tout le monde soit égal, sinon les riches sont nettement privilégiés puisqu’ils peuvent payer l’amende.

    Quel est le principal problème entraîné par la politique de l’enfant unique ?

    La politique du planning familial a apporté beaucoup de problèmes à la société chinoise. La Chine vieillit et c’est mauvais pour notre économie. Depuis la politique d’ouverture et de réforme lancée il y a plus de trente ans, le surcroit de main d’œuvre et son faible coût ont profité à la croissance. Si on continue de limiter les naissances, il n’y aura plus assez de personnes en âge de travailler. La politique de l’enfant unique est donc devenue contreproductive pour l’économie chinoise. Et puis, il y a tous les problèmes sociaux. Les enfants uniques chinois doivent s’occuper des petits et des vieux. Certains en ont envie, mais d’autres n’ont ni le temps ni l’argent pour le faire. C’est une charge pour l’Etat.

    Cela fait maintenant trois ans que vous proposez la réforme du système sans résultat. Qu’est-ce qui vous donne envie de continuer ?

    Tout simplement, parce que je ne veux plus que de plus en plus de personnes âgées restent seule à la maison. Et puis, parce que de plus en plus de familles perdent leur enfant unique dans une catastrophe ou dans un accident. C’est terrible pour les familles et en plus le pays ne cesse de vieillir. C’est dont une responsabilité à prendre. Il suffit de regarder ce que sera la Chine dans dix ou vingt ans, et on comprend qu’il faut agir maintenant. En 2015, les personnes âgées représenteront 16 % de la population chinoise. En 2020, 18 %. Et en 2050, cette proportion devrait passer à 30%. C’est donc une lourde responsabilité pour le gouvernement.

    Mais pour l’instant vous n’avez pas obtenu de réponse ?

    Oui, mais les choses sont entrain de changer. Par exemple, avant on autorisait les parents qui étaient eux mêmes tous les deux des enfants uniques d’avoir un deuxième enfant, mais cela prenait un certain temps. Aujourd’hui, ça va beaucoup plus vite. Maintenant, on propose aussi de tester la réforme dans certaines régions, c’est déjà un progrès. Alors, nous souhaitons évidemment que les choses aillent plus vite, car encore une fois, le temps presse mais au moins je peux répondre à vos questions.

    Pendant des années, les députés ne pouvaient pas répondre aux questions des journalistes étrangers, ou de manière rare. Pourquoi avons-nous été autorisés à vous interroger, selon vous ?

    Parce je suis membre de la délégation de la province du Guangdong et que cette province est considérée comme plus libérale. Quel que soit la façon dont les représentants du peuple sont élus, nous sommes là pour représenter le peuple. Et dans le Guangdong, on encourage les députés à parler vrai. Personne ne m’a demandé de moins parler ou de mettre de l’eau dans mon vin. Et à chaque fois, j’ai été réélu député.

    Les internautes chinois vous ont donné un surnom : «le frère qui se soucie du peuple»...

    J’en suis très touché. Cela me permet de faire entendre encore plus la voix du peuple.

    Concernant la réforme, pensez-vous avoir une réponse au cours de la session parlementaire cette année ?

    Cela fait deux ans maintenant que je dépose une proposition sur ce sujet. Avant, je me sentais un peu tout seule et même inquiet ; c’est quand même une politique jugée stratégique par l’Etat et donc une question sensible. Mais ces deux dernières années, on a été de plus en plus nombreux à proposer la réforme. Les démographes, le peuple, les députés, et même certains responsables politiques. Ce matin, par exemple, j’ai eu au téléphone un responsable du comité du planning familial central pour en discuter. Je lui ai dit : ‘Si vous ne pouvez pas prendre la décision, vous avez le responsabilité de faire entendre les appels du peuple aux dirigeants. Même si cette année, je n’ai pas de réponse positive, je continuerai'.

    Vous dîtes que vous n’êtes plus tout seul, combien de députés soutiennent la réforme aujourd’hui ?

    Je vous dirai plus précisément quand je saurai exactement, pour l’instant on a des réunions régulières pour affiner notre proposition. Les suggestions au gouvernement seront remises le 14 et le 15 mars prochain. Je ne pense pas avoir de problème pour trouver une dizaine de députés prêts à signer. Encore une fois, beaucoup de gens sont d’accords avec l’idée d’une réforme, ce n’est plus comme quand on était tout seul et qu’on s’inquiétait un peu.

    Vous avez combien d’enfant ?

    J’ai bientôt 60 ans et j’ai un fils. Je pense souvent à mes parents, et je me dis qu’ils sont très heureux. Ils ont eu 5 enfants, et aujourd’hui nous leur rendons visite régulièrement. C’est facile. Maintenant, on comprend notre fils unique. Il a beaucoup de travail et de la pression. Il faut que les autorités comprennent que tout le monde devient vieux un jour, et que les personnes âgées ont besoin de leurs enfants pour s’occuper d’eux.

    La réforme est pour cette année alors ?

    Pas encore, je ne crois pas que la session parlementaire votera cette proposition. Mais on est sur le bon chemin.

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